Médicaments anti-douleurs : quels sont les risques ?

Par Fanny Bernardon le 3 février 2020
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Plus de 70% des français se voient prescrire au moins un anti-douleur chaque année. Du paracétamol à la morphine, en passant par la codéine et les Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS), les indications et les risques sont variés. 

Dans tous les cas, bien utiliser les médicaments antalgiques est essentiel pour une efficacité optimale, en toute sécurité


1 - Quels sont les médicaments anti-douleurs ?

Les anti-douleurs sont classés selon 3 paliers par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en fonction de leur puissance d’action :
  • Palier 1 : douleurs légères à moyennes. Les antalgiques non opioïdes : paracétamol, AINS (Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens), salicylés (aspirine), antispasmodique et noramidopyrine.
  • Palier 2 : douleurs moyennes à intenses. Les antalgiques opioïdes faibles : codéine, tramadol, dextropropoxyphène.
  • Palier 3 : douleurs très intenses. Les antalgiques opioïdes forts : morphine et dérivés. 

2 - Comment se procurer un médicament anti douleur ?

Les anti douleurs de palier 1 sont en vente libre en pharmacie (sans ordonnance) mais ils peuvent aussi être prescrits par un médecin. Sans prescription, on parle d’automédication puisque c’est vous qui décidez de la posologie*. Prenez soin de bien lire la notice du médicament afin de bien l’utiliser.

Les anti douleurs de palier 2 doivent être obligatoirement prescrits par un médecin. Il peut utiliser une échelle de la douleur pour l’évaluer et déterminer la meilleure posologie pour vous.

Lorsqu’ils sont prescrits par un médecin, tous les médicaments anti-douleurs sont remboursés par la Sécurité Sociale.


3- Quelles sont les indications des médicaments anti-douleurs ?

Douleurs post opératoires, aiguës, chroniques, liées à une maladie ou à un soin… La nature et l’origine d’une douleur sont extrêmement diverses. A l’exception des douleurs faibles et que vous connaissez, c’est votre médecin qui déterminera la meilleure prise en charge pour traiter votre douleur, sur la base d’un diagnostic. Il pourra s’agir d’un traitement médicamenteux ou non. 

N’hésitez jamais à consulter un professionnel en cas de douleur violente, survenant brutalement, persistante et qui s’accompagne d’autres symptômes comme de la fièvre, un oedème de la zone douloureuse, un malaise général…


4 - Quels sont les risques liés aux anti douleurs ?

Bien utilisés, les risques liés à la prise de médicament anti-douleurs sont négligeables. Les complications surviennent généralement en cas de mésusage
  • effets secondaires indésirables. Ils sont connus et diffèrent selon le type de médicament : constipation, somnolence, vertiges…
  • automédication mal menée. Par exemple, prise d’un médicament en cas de contre-indication (paracétamol et maladie grave du foie).
  • surdose. Elle peut mener à un arrêt respiratoire
  • dépendance et addiction. Elle nécessite un sevrage. 
  • tolérance. Elle est due à l’accoutumance de l’organisme à la présence du médicament et se traduit par une moindre efficacité.
  • syndrome de sevrage. Il s’agit d’un ensemble de symptômes (nausées, vomissements, douleurs musculaires, fièvre…) survenant lorsque le médicament anti-douleurs est interrompu ou diminué et témoignant d’une dépendance de l’organisme.
  • Décès Toxiques par Antalgiques (DTA). Il peut s’agir de suicide, d’accident de la voie publique, d’abus…


5 - Comment bien utiliser un anti douleur ?

Les anti-douleurs peuvent être puissants et mal les utiliser peut être mortel. Pour ne prendre aucun risque, il est important de :

  • ne pas augmenter la dose au-delà des recommandations ou de la prescription
  • ne pas prendre le médicament davantage de temps que ce qui a été prescrit car certains médicaments peuvent entraîner une addiction (dépendance)
  • ne pas arrêter brutalement le traitement car cela peut générer des effets indésirables (sensation de manque intense, transpiration, douleurs musculaires, insomnies)
  • demander à son médecin si la prise du médicament est compatible avec la conduite automobile
  • ne pas proposer un médicament anti-douleur à une tierce personne car cela peut être mortel pour elle
Vos douleurs persistent malgré votre traitement anti-douleur ? Il vous semble que vous devenez tolérant ou au contraire dépendant de votre médicament ? Vous vous posez des questions sur votre prise en charge ? Ne restez pas avec des questions sans réponses et interrogez votre médecin à ce sujet.. C’est aussi votre droit de demander un deuxième avis médical auprès d’un spécialiste de votre maladie lors d’une consultation physique ou en ligne sur la plateforme deuxiemeavis.fr.


*Posologie : fréquence de prise et dosage du médicament.



SOURCES : 
  • HAS
    https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2017-05/dir19/pec_douleur_-_guide_ev_v2014.pdf
  • Centre National Ressources Douleur
    https://www.cnrd.fr/
  • Respadd
    https://www.respadd.org/medicaments-antalgiques-opioides/
  • Société Française d’Etude et de Traitement de la Douleur
    https://www.sfetd-douleur.org/
  • Observatoire Français des Médicaments Antalgiques (OFMA)
    http://www.ofma.fr/
  • Association Francophone pour Vaincre les Douleurs (AFVD)
    https://www.association-afvd.com/
  • Douleurs sans frontières
    https://www.douleurs.org/

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