
Endométriose et adénomyose : quelles différences ?
L’adénomyose est une maladie gynécologique fréquente et bénigne. Elle est semblable à l’endométriose : on parle même d’endométriose interne à l’utérus.
Dans cet article, découvrez les points communs et les différences entre endométriose et adénomyose. Nous aborderons aussi les symptômes, les examens nécessaires pour poser un diagnostic et les traitements disponibles.
Qu’est-ce que l'adénomyose ?
L’adénomyose, tout comme l’endométriose, est caractérisée par la présence de cellules d’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’utérus et qui s’en va pendant les règles, sur d’autres localisations.
Dans l’adénomyose, on retrouve de l’endomètre dans le myomètre, le muscle de l’utérus. En d’autres termes, la frontière entre endomètre et myomètre n’est pas respectée et des sortes de kystes de tissu endométrial se retrouvent dans le myomètre. La taille de l’utérus augmente : il peut doubler ou tripler de volume.
Quelles sont les différentes formes d’adénomyose ?
L’adénomyose peut être :
-
Focale : un ou quelques foyers d’endomètre sont présents dans le myomètre ;
-
Diffuse : de nombreux foyers d’endomètre sont présents au sein du myomètre.
Quels sont les symptômes d’une adénomyose ?
La maladie est asymptomatique chez environ deux femmes sur trois. En cas de symptômes, il peut y avoir :
-
Dans 50 % des cas : des cycles qui durent longtemps (plus de 7 jours) avec une perte de sang importante. On parle de ménorragie ;
-
Dans 30 % des cas : des douleurs en lien avec les règles. On parle de dysménorrhée ;
-
Dans 20 % des cas : une perte de sang en dehors des cycles menstruels. On parle de métrorragie.
Comment diagnostiquer une adénomyose ?
Les examens permettant le diagnostic d’une adénomyose sont les mêmes que pour l’endométriose :
-
L’échographie endovaginale en première intention. On visualise un utérus qui n’a plus sa forme initiale de triangle et plus volumineux, et/ou un myomètre épaissi ou inflammatoire ;
-
L’IRM en seconde intention, si une endométriose associée est suspectée.
Il est essentiel que le médecin échographe soit spécialiste de l’imagerie de la femme, afin d’être en mesure de bien analyser les images. Encore aujourd’hui, de nombreuses femmes sont en errance diagnostique et ne savent pas à quoi sont dus leurs symptômes.
Quels sont les traitements de l’adénomyose ?
Seules les adénomyoses provoquant des symptômes sont traitées. Le choix de l’approche dépend du désir de grossesse de la femme :
-
En première intention, une contraception hormonale : pilule ou DIU hormonal (Dispositif Intra Utérin ou stérilet) ;
-
En seconde intention, si les symptômes sont sévères et que la femme n’a pas de désir d’enfant : une chirurgie afin de retirer l’utérus (hystérectomie).
Qu'est-ce que l'endométriose, quelles sont les causes ?
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique qui touche environ une femme sur dix en âge de procréer. Elle se caractérise par la présence de tissu semblable à l’endomètre — la muqueuse qui tapisse normalement l’intérieur de l’utérus — en dehors de la cavité utérine.
Ce tissu ectopique peut se localiser sur les ovaires, les trompes de Fallope, la vessie, le rectum, le péritoine ou encore, plus rarement, sur des organes plus éloignés. Sous l’effet des hormones du cycle menstruel, il réagit comme l’endomètre : il s’épaissit, saigne, mais ne peut pas s’évacuer. Cela entraîne des phénomènes inflammatoires chroniques, la formation de kystes, d’adhérences, voire une altération des organes atteints.
Les symptômes de l'endométriose
L’endométriose peut être asymptomatique, mais elle provoque souvent des douleurs pelviennes intenses (notamment pendant les règles, les rapports sexuels ou la défécation), une fatigue chronique, des troubles digestifs ou urinaires, et peut avoir un impact sur la fertilité. Elle a un retentissement majeur sur la qualité de vie des patientes.
Quelles sont les différentes formes d'endométriose ?
L’endométriose peut se présenter sous plusieurs formes, qui peuvent coexister chez une même patiente :
-
L’endométriose superficielle : le tissu endométrial se développe à la surface du péritoine, la fine membrane qui tapisse l’intérieur de l’abdomen et recouvre certains organes. C’est la forme la plus fréquente.
-
L’endométriose ovarienne : elle se manifeste par la formation de kystes appelés endométriomes, souvent présents sur un ou deux ovaires. Ces kystes sont remplis d’un liquide épais brunâtre, parfois appelé « chocolat », en raison de sa couleur.
-
L’endométriose profonde infiltrante (ou endométriose profonde) : c’est la forme la plus sévère. Les lésions pénètrent en profondeur dans les tissus, atteignant parfois la vessie, le rectum, les ligaments utérins ou les uretères. Elle est souvent très douloureuse.
Chaque forme peut entraîner des symptômes différents selon la localisation des lésions. C’est ce qui rend l’endométriose difficile à diagnostiquer et à traiter.
Comment diagnostiquer l'endométriose ?
Le diagnostic de l’endométriose repose sur l’écoute des symptômes et sur des examens d’imagerie. Il peut parfois prendre plusieurs années, car les douleurs menstruelles sont souvent banalisées.
L’échographie pelvienne, réalisée par voie endovaginale, est généralement le premier examen proposé. Elle permet de visualiser les endométriomes ovariens et parfois certaines lésions profondes, mais elle ne détecte pas toujours les formes superficielles ou les atteintes digestives.
L’IRM pelvienne, en seconde intention, offre une meilleure visualisation des lésions profondes et permet d’évaluer leur étendue. Elle est particulièrement utile en cas de suspicion d’endométriose complexe ou en vue d’une prise en charge chirurgicale.
Comme pour l’adénomyose, il est essentiel que les examens soient réalisés et interprétés par un spécialiste de l’imagerie gynécologique. En cas de doute ou de douleurs persistantes, il ne faut pas hésiter à demander un avis dans un centre expert.
Quels sont les traitements de l'endométriose ?
Il n’existe pas de traitement curatif de l’endométriose, mais plusieurs options permettent de soulager les symptômes et d’améliorer la qualité de vie. La prise en charge est toujours personnalisée, en fonction des douleurs, du projet de grossesse et de l’atteinte des organes.
Le traitement hormonal est souvent proposé en première intention. L’objectif est de bloquer les règles pour éviter la stimulation des lésions d’endométriose. Cela peut passer par :
-
une pilule contraceptive en continu,
-
un dispositif intra-utérin (DIU) hormonal,
-
ou un traitement plus puissant de type analogue de la GnRH, qui provoque une ménopause artificielle temporaire.
Les antalgiques (paracétamol, anti-inflammatoires) peuvent être utilisés pour soulager les douleurs, mais ils ne traitent pas la maladie.
La chirurgie peut être envisagée en cas d’échec du traitement médical, de douleurs très invalidantes ou de complications (comme une atteinte digestive ou urinaire). Elle consiste à retirer les lésions visibles, en conservant autant que possible les organes touchés.
Enfin, des approches naturelles peuvent également aider à mieux vivre avec la maladie : alimentation anti-inflammatoire, activité physique adaptée, ostéopathie, sophrologie, yoga, etc. Elles viennent en complément du suivi médical.
Quelle est la différence entre l'endométriose et l'adénomyose ?
L’endométriose et l’adénomyose sont deux maladies gynécologiques qui ont un point commun : la présence de tissu endométrial hors de sa localisation normale. Pourtant, elles se distinguent par plusieurs aspects.
La localisation
-
Dans l’endométriose, le tissu semblable à l’endomètre se développe en dehors de l’utérus, sur des organes comme les ovaires, les trompes de Fallope, le péritoine, la vessie ou le rectum.
-
Dans l’adénomyose, ce tissu pénètre dans la paroi musculaire de l’utérus (le myomètre), ce qui entraîne un épaississement de cette zone et un utérus parfois augmenté de volume.
Les symptômes
Les deux maladies peuvent provoquer :
-
des douleurs pendant les règles (dysménorrhées),
-
des règles abondantes (ménorragies),
-
une fatigue chronique,
-
une gêne lors des rapports sexuels,
-
voire des difficultés à concevoir.
Cependant, l’adénomyose est parfois silencieuse et passe inaperçue. À l’inverse, l’endométriose peut s’étendre à plusieurs organes et engendrer des douleurs digestives ou urinaires.
Les traitements
Ils dépendent des symptômes et du projet de grossesse :
-
Dans les deux cas, le traitement hormonal (pilule en continu, DIU hormonal, analogues de la GnRH) est souvent proposé pour réduire les douleurs et bloquer les règles.
-
Des antalgiques peuvent être prescrits si nécessaire.
-
Des approches naturelles (alimentation anti-inflammatoire, yoga, ostéopathie, etc.) peuvent être intégrées à la prise en charge pour améliorer la qualité de vie.
-
En cas d’échec du traitement médical ou de gêne importante, une chirurgie peut être envisagée :
-
Pour l’endométriose : ablation des lésions tout en préservant les organes.
-
Pour l’adénomyose : hystérectomie (ablation de l’utérus) si aucun désir de grossesse.
Peut-on avoir une endométriose et une adénomyose en même temps ?
Oui, on estime que 6 à 20 % des femmes sont touchées à la fois par une endométriose et par une adénomyose. Il peut aussi y avoir une endométriose sans adénomyose et une adénomyose sans endométriose.
Sources :
-
Association française d’actions contre l’endométriose
https://www.endomind.org/ -
Association française de lutte contre l’endométriose https://www.endofrance.org/
Publication le 06/10/2021 par Fanny Bernardon
Mise à jour le 13/03/2026 par Pascaline Olivier
Relu par Gaëtan Pannetier
- Tous les articles
- Associations de patients
- Assurances
- Cancer
- Cardiovasculaire
- Dermatologie
- Deuxième Avis
- Endométriose
- Gastro-entérologie
- Gynécologie, urologie
- Infertilité
- Le blog du praticien
- Les coulisses de deuxiemeavis.fr
- Maladie rare, maladie orpheline
- Maladies gynécologiques et obstétriques
- Ménopause
- Neurologie
- Ophtalmologie
- Orientation, information, accompagnement
- ORL
- Orthopédie
- Prolapsus
- Relecture d'imagerie médicale
- SOPK
- Spécialistes
- Stress post traumatique
- Télémédecine et dossier médical
- Témoignages
- Traitements et examens
- Troubles du sommeil
- Webinaires
Découvrez nos webinaires

Quand le ventre parle : comprendre les maux de ventre et les soulager.
Vous avez manqué un webinaire ?
Grâce à votre contrat santé ou prévoyance, obtenez l’avis d’un médecin expert de votre problème de santé en moins de 7 jours, gratuitement et sans avance de frais


Endométriose : 3 raisons de se rapprocher des associations de patientes
Obtenir un diagnostic d’endométriose, c’est mettre enfin un mot sur des symptômes et accéder à une prise en charge adaptée. Mais c’est aussi devoir accepter la réalité d’une maladie chronique qui...
Mis à jour par Luisa Buccioni le 02/04/2026

Endométriose : quels traitements ?
Le diagnostic d’endométriose n'est jamais facile à appréhender mais il s'agit pourtant de la première étape incontournable avant une prise en charge adaptée. En effet, même si cette maladie chronique...
Mis à jour par Maellie Vezien le 31/03/2026

Endométriose : que faire en cas de douleurs liées aux relations sexuelles ?
Maladie de plus en plus connue, l’endométriose touche 10% des femmes en âge de procréer. Les douleurs liées à la maladie, notamment lors des rapports sexuels, ont longtemps été tabous mais...
Mis à jour par Maellie Vezien le 25/03/2026
- Tous les articles
- Associations de patients
- Assurances
- Cancer
- Cardiovasculaire
- Dermatologie
- Deuxième Avis
- Endométriose
- Gastro-entérologie
- Gynécologie, urologie
- Infertilité
- Le blog du praticien
- Les coulisses de deuxiemeavis.fr
- Maladie rare, maladie orpheline
- Maladies gynécologiques et obstétriques
- Ménopause
- Neurologie
- Ophtalmologie
- Orientation, information, accompagnement
- ORL
- Orthopédie
- Prolapsus
- Relecture d'imagerie médicale
- SOPK
- Spécialistes
- Stress post traumatique
- Télémédecine et dossier médical
- Témoignages
- Traitements et examens
- Troubles du sommeil
- Webinaires