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Le Syndrome des Ovaires Polykystiques et ses conséquences sur le cycle ovarien et les règles

Le Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK) est une affection hormonale complexe qui touche environ 1 femme sur 10 en âge de procréer. Ses symptômes, notamment les troubles du cycle menstruel, restent souvent mal compris et sous-diagnostiqués, laissant de nombreuses patientes dans l’incertitude. Comprendre les mécanismes du SOPK, son impact sur le cycle ovarien et menstruel, ainsi que les solutions disponibles, est essentiel pour mieux accompagner les femmes concernées.

 

Comprendre le cycle ovarien et le cycle menstruel 

 

Le cycle ovarien est caractérisé par une succession de changements subis par les ovaires et qui a pour objectif le développement d'un ovocyte pouvant être fécondé.
Le cycle menstruel, correspond aux modifications subis par l'utérus, et notamment l'endomètre (tissu qui tapisse la cavité utérine), avec pour objectif de pouvoir permettre l'implantation d'un futur embryon.
Ces deux cycles sont intimement liés, régulés par différentes hormones et durent en moyenne 28 jours, mais ils peuvent être plus longs ou plus courts et ne sont pas toujours réguliers.

Le cycle ovarien est divisé en trois grandes phases : 

  • La phase folliculaire : elle débute au premier jour des règles et se poursuit jusqu’à l’ovulation. Sous l’action de la FSH et de la LH produites par l’hypophyse, plusieurs follicules ovariens commencent leur développement. Généralement, un follicule devient dominant et poursuit sa maturation. Il produit progressivement des œstrogènes, qui participent à la préparation de l’endomètre et au contrôle de la sécrétion des hormones hypophysaires.

  • L'ovulation : elle correspond à la libération d’un ovocyte mature par l’ovaire, sous l’effet d’un pic de LH déclenché par une élévation importante des œstrogènes. Elle ne survient pas nécessairement au 14ᵉ jour : sa date varie selon la durée du cycle.

  • La phase lutéale : elle débute après l’ovulation. Le follicule rompu se transforme en corps jaune, qui sécrète principalement de la progestérone ainsi que des œstrogènes. Ces hormones préparent l’endomètre à une éventuelle grossesse. En l’absence de fécondation et d’implantation, le corps jaune régresse, les taux hormonaux diminuent et les règles surviennent, marquant le début d’un nouveau cycle.

Dans le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), l’ovulation peut être irrégulière ou absente. Le diagnostic ne repose pas sur la seule observation du cycle ovarien, mais sur les critères de Rotterdam : au moins 2 des 3 critères suivants doivent être présents, après exclusion des autres diagnostics pouvant expliquer les symptômes : hyperandrogénie, oligo-anovulation et ovaires d’aspect polykystique à l’échographie ou taux élevé d’AMH, selon les recommandations utilisées.

Le cycle menstruel est lié au cycle ovarien et est également composé de 3 grandes phases : 

  • La phase menstruelle : elle débute le premier jour des règles et dure en moyenne 5 jours. Elle est marquée par l'évacuation des menstruations par voie vaginale. Les taux d'oestrogène et de progestérone sont bas. 

  • La phase proliférative : marquée par la prolifération de l'endomètre sous l'effet de l'augmentation des œstrogènes qui sont sécrétés par le follicule ovarien en développement. 

  • La phase sécrétoire : c'est pendant cette phase que l'endomètre s'épaissit se prépare à recevoir un embryon. Sous l'action de la progestérone libérée par le corps jaune, l’endomètre produit du liquide nutritif pour un potentiel embryon. Sans fécondation le corps jaune est dégradé, il n'y a donc plus de progestérone et la croissance de l'endomètre se stoppe. Cela marque la fin d'un cycle. 

 

Qu'est ce que le SOPK ? 

 

Définition 

Le Syndrome des Ovaires Polykystiques est une maladie caractérisée par un dérèglement hormonal au niveau central et ovarien. 

Au niveau central, l'hypophyse sécrète la LH et la FSH qui ont un rôle important dans la régulation du cycle ovarien. Habituellement, les taux de FSH sont plus hauts que les taux de LH excepté au moment du pic de LH qui permet le déclenchement de l'ovulation. Chez les patientes atteintes d'un SOPK,  les taux de LH sont anormalement élevés pendant tout le cycle, mais aucune augmentation nette n'est observée en milieu de cycle, ne permettant pas de déclencher l'ovulation.
Au niveau des ovaires, cette concentration élevée de LH va favoriser la sécrétion en excès d'androgènes (hormones dites masculines) et notamment de la testostérone. Ces hormones sont normalement présentes en faible quantité dans le corps des femmes. 

Symptômes 

Le SOPK engendre de nombreux symptômes qui peuvent avoir un impact important sur la qualité de vie des patientes, tels que des troubles du cycle avec une irrégularité ou une absence totale de menstruations, de l'acné, de l'hirsutisme (pilosité excessive), une prise de poids ou la difficulté à en perdre. Elles peuvent également développer une résistance à l'insuline qui in fine, peut conduire à un diabète de type 2. Elles sont plus à risque de développer des maladies cardiovasculaires et de l'hypertension artérielle.

 

Focus sur l'irrégularité des règles lié au SOPK

 

De nombreuses femmes atteintes de SOPK sont confrontées à des troubles du cycle menstruel lié à la rareté ou l'absence d'ovulation et se traduit par des cycles très longs pouvant dépasser les 30 jours et parfois, une absence totale de menstruations. C'est souvent pour ce symptôme que les femmes consultent un professionnel de santé avant leur diagnostic de SOPK.

L'irrégularité est liée au fait que tous les cycles ne sont pas identiques et que certains cycles peuvent se dérouler "normalement" avec ovulation et menstruation. De plus, même sans ovulation, l'endomètre peut continuer de se développer sous l'action des oestrogènes mais sans ovulation, il n'y a pas de corps jaune et donc pas de production de progestérone, qui est nécessaire pour stabiliser cet endomètre. Ainsi, l'endomètre peut se détacher de manière irrégulière, entraînant des saignements de privation qui sont souvent confondus avec des menstruations. 

Cette irrégularité menstruelle est un symptôme contraignant et conduit souvent à une infertilité. Le SOPK constitue en effet une cause majeure d’anovulation et d’infertilité féminine, en raison notamment de troubles de l’ovulation. Il existe heureusement des solutions pour accompagner les patientes concernées dans leur projet de grossesse, avec une prise en charge adaptée à chaque situation. 

 

Quelles solutions face à l'irrégularité menstruelle ? 

 

Face à cette irrégularité des cycles de nombreuses patientes souhaitent mettre en place des solutions afin de retrouver un équilibre physique mais également un bien être global. A ce jour, il n'existe pas de traitement permettant de guérir du SOPK et donc de venir à bout définitivement de tous les symptômes. Cependant, des options de traitement sont possibles pour en contrer certains et améliorer le quotidien des patientes.

Le mode de vie 

La première recommandation pour réguler les symptômes liés au SOPK, notamment les troubles du cycle, est d'adopter une bonne hygiène de vie alliant alimentation saine et variée, pratique d'une activité physique régulière et adaptée, bon sommeil et gestion émotionnelle. 

Il a par exemple été prouvé que pour les femmes atteintes de SOPK et en situation de surpoids ou d'obésité, une perte d’environ 10 % du poids initial pourrait réduire l’hyperandrogénie , avec un effet bénéfique sur les symptômes et notamment sur la fertilité.

Les traitements contraceptifs 

Les contraceptifs oestro-progestatifs 

Chez les femmes atteintes de SOPK qui ne souhaitent pas de grossesse, les contraceptifs estroprogestatifs (pilules combinées) peuvent être proposés pour régulariser les saignements menstruels, prévenir l’hyperplasie de l’endomètre et améliorer certains symptômes liés à l’hyperandrogénie, notamment l’acné et l’hirsutisme. Les recommandations internationales les considèrent comme une option de première intention lorsque la contraception est souhaitée.

La pilule combinée inhibe l’ovulation et entraîne des saignements de privation lors de l’intervalle sans hormones ou de la prise de comprimés placebo. Il ne s’agit donc pas de menstruations au sens physiologique, mais de saignements artificiellement induits par l’arrêt des hormones.

Le choix d’une contraception doit toutefois être individualisé après évaluation des contre-indications et des facteurs de risque, notamment cardiovasculaires et thromboemboliques. En France, les pilules estroprogestatives contenant du lévonorgestrel sont notamment privilégiées parmi les pilules de première ou deuxième génération en raison d’un risque thromboembolique plus faible que certaines autres formulations.

D’autres options contraceptives peuvent également être envisagées selon les besoins et les préférences de la patiente, notamment les dispositifs intra-utérins (DIU), dont le DIU au lévonorgestrel. Le choix de la méthode doit être discuté avec un professionnel de santé afin de tenir compte des objectifs contraceptifs, des symptômes du SOPK et de la situation médicale individuelle. 

Les médicaments à base d'éthinylestradiol et d'acétate de cyprotérone

L’association éthinylestradiol/acétate de cyprotérone peut être envisagée en seconde intention, notamment en cas d’acné ou d’hirsutisme liés à l’hyperandrogénie. Son utilisation nécessite une évaluation stricte du risque thromboembolique et la recherche des contre-indications, notamment en raison du risque de méningiome associé à l’acétate de cyprotérone. 

De la même façon, l'ovulation sera bloquée et des règles artificielles sont déclenchées à l'arrêt hormonal. En parallèle, l'acétate de cyprotérone qui est un dérivé de la progestérone va avoir une action anti-androgénique importante ce qui va permettre de réguler en quelques mois l'acné et l'hirsutisme.

Ces deux solutions présentent parfois des effets indésirables sans gravité tels que des maux de tête, des spottings ou des ballonnements mais peuvent également, plus rarement, engendrer des effets secondaires bien plus grave avec notamment un risque de thrombose (formation d’un caillot dans un vaisseau sanguin). Il est donc primordial d'être accompagné par un professionnel de santé qualifié et à l'écoute qui prendra en compte les antécédents médicaux, notamment le profil cardiométabolique afin de vérifier que la patiente ne présente pas de contre-indications à la prise de ce type de solution. 

Les progestatifs seuls 

Face à des contre-indications aux oestrogènes ou par choix de la patiente pour ce type de solution, un contraceptif contenant un progestatif seul peut être proposé pour réguler les cycles menstruels. Ils n'auront pas ou peu d'effets sur les autres symptômes du SOPK. 

Le SOPK est une réalité difficile pour les femmes qui en souffrent, mais il ne doit pas être une fatalité. Bien que cette maladie ne se guérisse pas complètement, des progrès médicaux et des approches multidisciplinaires permettent aujourd’hui d’améliorer significativement le quotidien et les chances de grossesse. En effet, grâce à une prise en charge adaptée, mêlant des ajustements du mode de vie, des traitements hormonaux personnalisés et un suivi médical attentif, les patientes peuvent reprendre le contrôle de leur cycle menstruel et alléger d'autres symptômes souvent invalidants. 

 

SOURCES : 

Publication le 11/09/2026 par Maellie Vezien

Relu par Gaëtan Pannetier

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