DMP : Savoir interpréter les bilans sanguins spécifiques

Par Marion Berthon le 13 mars 2019
interpreter-bilan-sanguin
Avec l’analyse de sang, quelques microgrammes de sang suffisent pour rechercher une maladie ou en suivre l’évolution. Dans un premier article, nous avons décrypté les résultats des analyses de sang les plus fréquemment prescrites par votre médecin : la numération de formule sanguine, le bilan lipidique et la glycémie. Voici maintenant quelques clés pour vous aider à interpréter, sur votre Dossier médical partagé (DMP), votre bilan sanguin en cas de recherche plus avancée.

Le bilan inflammatoire


Pour détecter une éventuelle inflammation, votre médecin vous demandera d’effectuer un bilan inflammatoire constitué de deux examens : celui de la vitesse de sédimentation (VS) qui mesure la quantité de sang coagulé dans le tube de prélèvement et celui de la protéine C-réactive (CRP) dont le taux augmente quand l’organisme est touché par une inflammation aiguë. Les inflammations sont recherchées en cas de suspicion d’infection, d’infarctus, de cancer et de maladie auto-immune notamment.

Le dosage de la ferritine


Le dosage de la ferritine mesure la quantité de fer présente dans l’organisme. Une carence ou à l’inverse une surcharge en fer peuvent révéler une anémie, une inflammation, une grossesse, un alcoolisme, ou encore des maladies graves comme l’hémochromatose, la leucémie ou la maladie de Hodgkin

Le bilan thyroïdien


Il a pour objectif de rechercher des troubles de la thyroïde, glande située au niveau du cou. Pour cela, le laboratoire contrôle la TSH, une hormone hypophysaire appelée thyréostimuline qui stimule la sécrétion hormonale. Le dosage des hormones thyroïdiennes peut mettre en évidence une hyperthyroïdie (si le taux de TSH est trop bas) dont l’un des symptômes est la perte de poids ou une hypothyroïdie (si le taux de TSH est trop élevé) dont l’un des symptômes est la prise de poids.

Le bilan hépatique


Prescrit pour identifier une maladie du foie, le bilan hépatique mesure plusieurs éléments :

-  Les transaminases (l’ALAT pour alanine aminotransférase – enzyme principalement présente dans le foie ? et l’ASAT pour aspartate aminotransférase – enzyme principalement présente dans le cœur) : leur taux augmente en cas d’hépatite virale, infectieuse ou toxique, de cirrhose, d’affection musculaire ou de maladie cardiaque.

-  Les gamma-GT (gamma-glutamyl transférase) : leur taux s’élève en présence d’une maladie du foie, du cœur ou des reins.

-  La phosphatase alcaline (PAL) : en quantité excessive, elle peut être un marqueur d’obstruction des voies biliaires et de présence de calculs.

-    La bilirubine : un taux anormalement élevé peut indiquer une affection du pancréas ou un ictère (jaunisse).

-   L’albumine : elle évalue les capacités de synthèse du foie. Une atteinte des reins ou du foie, une dénutrition ou une maladie inflammatoire peuvent notamment être la cause d’un taux d’albumine bas ; un diabète ou une déshydratation peuvent expliquer un taux d’albumine élevé.

-    Le taux de prothrombine : il permet de mesure la vitesse de coagulation du sang. Un taux anormalement bas peut révéler une maladie du foie.

Le bilan rénal


Le bilan rénal étudie le fonctionnement des reins en prenant la mesure de la créatinine sanguine et du débit de filtration glomérulaire (DFG). Il est régulièrement prescrit aux personnes diabétiques, souffrant d’hypertension et chez les personnes âgées chez qui le risque de survenue d’une insuffisance rénale est plus important. Habituellement éliminée par les reins, une créatinine sanguine trop élevée peut mettre en évidence un dysfonctionnement rénal. Le DFG correspond à la capacité de filtration des reins en 24 heures. Parmi les causes de dérèglement rénal, on peut noter l’infection bactérienne, les calculs rénaux et l’insuffisance cardiaque.


A la lecture de votre bilan sanguin, gardez bien à l’esprit que des résultats légèrement en dehors des valeurs de référence ne sont pas nécessairement révélateurs d’une maladie. N’hésitez pas à contacter le laboratoire qui pourra vous aider à interpréter vos résultats d’analyse et parlez-en à votre médecin.

Un médecin expert de votre maladie répond à vos questions en moins de 7 jours après analyse de votre dossier