Orthopédie : les opérations que votre chirurgien peut vous proposer

Par Fanny Bernardon le 30 septembre 2019
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La fracture du tibia de votre petit frère, les douleurs à la hanche de votre grand-mère, l’hernie discale de votre oncle… Ces situations médicales vont peut-être nécessiter l’expertise d’un chirurgien orthopédique, le spécialiste de l’appareil musculo-squelettique (os, articulations, tendons, ligaments, muscles, cartilage et nerfs).


De quels types d’opérations peuvent bénéficier les patients en orthopédie ? On vous donne les clés de compréhension pour décrypter le langage de votre médecin. 

1 - L’arthroscopie

Cette intervention est à visée diagnostique, afin d‘évaluer l’état d’une articulation, majoritairement le genou et l’épaule. Elle consiste à introduire un arthroscope (une caméra vidéo miniature) ainsi que de très petits instruments chirurgicaux au travers d’une ou deux petites incisions. Le chirurgien peut alors examiner l’intérieur de l’articulation sur l’écran télévisé de la salle d’opération. Il sera alors en mesure de proposer au patient l’opération la plus adaptée. 

2 - L’ablation

Il s’agit de retirer une structure musculo-squelettique comme un os. On utilise aussi le terme de résection. Des fixations (agrafes, vis ou plaques internes) sont ensuite posées afin de stabiliser l’articulation. La patellectomie par exemple consiste à retirer la patella, le petit os triangulaire du genou anciennement appelé rotule. La patellectomie est très rare. Elle est envisagée pour les fractures complexes de la patella, lorsque l’os ne peut pas être reconstruit.


De manière générale, l’ablation ou la résection d’un os s’appelle une ostéotomie, du grec « oste » : os et « tomê » : couper. La patellectomie est une ostéotomie particulière. On parle également de rattrapage lorsque l’on retire un os atteint d’une tumeur, ce qui évite de retirer le membre en entier.

3 - La réparation

Le terme de réparation recouvre une grande diversité de gestes visant à restaurer la forme et la fonction d’une structure. Une réparation se déroule d’ailleurs souvent en plusieurs étapes. Il peut s’agir :

  • d’une réduction, c’est-à-dire replacer l’os ou les fragments d’os dans le bon alignement. Ce geste est pratiqué dans le cadre de fracture dont les fragments osseux sont déplacés les uns par rapport aux autres.
  • d’un lavage, c’est-à-dire l’injection d’un fluide en profondeur dans une articulation dans le but de la nettoyer, par exemple si l’articulation a été le lieu d’une fracture ouverte potentiellement infectée.
  • d’une libération ligamenteuse, c’est-à-dire l’incision d’un ligament afin de supprimer une douleur au niveau d’une articulation en diminuant la pression à laquelle elle est soumise.
  • d’une arthrodèse, c’est-à-dire la fusion des extrémités de deux os afin d’empêcher ou de restreindre le mouvement. On peut par exemple fusionner des vertèbres si elles sont douloureuses à cause d’une usure ou d’une hernie discale.
  • d’une autogreffe. Un fragment d’os ou de cartilage est prélevé chez le patient, par exemple sur l’os iliaque, et est implanté sur la zone en souffrance, par exemple au niveau d’une fracture qui ne cicatrise pas ou bien dans le cadre d’une tumeur osseuse. Le tissu implanté est parfois d’origine artificielle et peut éventuellement provenir d’un donneur s’il y a compatibilité.
  • d’une ostéogenèse, c’est-à-dire l’agrandissement d’un os s’il est sévèrement endommagé par un traumatisme. Le chirurgien incise l’os et place les deux fragments légèrement éloignés l’un de l’autre, permettant la formation de nouveau tissu osseux à cet endroit et donc l’allongement de l’os.

4 - L'arthroplastie

L’arthroplastie désigne la pose d’une prothèse à la place d’un os, les plus courantes étant les arthroplasties de la hanche et du genou. L’arthroplastie peut néanmoins concerner toutes les articulations du corps (cheville, orteils, épaule, coude, poignet et doigts). Cette opération est réservée aux patients chez qui tous les traitements disponibles ont été essayé et ne fonctionnent pas ou plus. Une fois que l’os a été retiré et la prothèse posée, elle devra être remplacée tous les 10 à 15 ans. On parle de révision prothétique



Au-delà de ces 4 grandes types d’opération, chaque intervention est unique. L’anesthésie peut être locale ou générale, la taille des incisions peut être minime (voie arthroscopique) ou laisser de plus grandes cicatrices (chirurgie dite à ciel ouvert ou par voie ouverte)… Un deuxième avis peut être justifié pour s’assurer que les modalités de l’opération choisies permettent d’atteindre le meilleur résultat possible et résultent d’une décision partagée entre l’équipe médicale et le patient.

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