
Endométriose : quels traitements ?
Le diagnostic d’endométriose n'est jamais facile à appréhender mais il s'agit pourtant de la première étape incontournable avant une prise en charge adaptée. En effet, même si cette maladie chronique de l’endomètre touche environ une femme sur 10, chaque plan de traitement doit être personnalisé en fonction des lésions, du type d'endométriose et des volontés de la patiente.
Dans cet article, nous aborderons les approches médicamenteuses, chirurgicales et non conventionnelles pour soulager une endométriose. En effet, cette maladie peut entraîner de nombreux symptômes telles que des douleurs dans le bas ventre, notamment au moment des règles, des troubles digestifs et/ou urinaires, des douleurs pendant les rapports sexuels ou encore des problèmes de fertilité.
Est-il possible de guérir d’une endométriose ?
La qualité de vie des femmes atteintes d’endométriose peut être fortement dégradée à cause de la douleur, menant à un absentéisme à l’école ou au travail et parfois même à un isolement. Il est donc important de trouver des solutions appropriées pour améliorer le quotidien des femmes concernées. A ce jour, Il n’existe pas de traitement pour guérir l’endométriose mais de nombreuses approches permettent d’atténuer les douleurs, le plus souvent de façon efficace et durable.
Le choix de la meilleure stratégie thérapeutique doit être discutée avec l'équipe médicale et dépend de l’impact de la maladie sur le quotidien en terme de douleurs et de qualité de vie mais également du désir de grossesse de la patiente, des effets indésirables et des risques des traitements. La décision finale doit toujours reposer sur l'évaluation de la balance bénéfice/risque !
Il existe aussi des endométrioses asymptomatiques pour lesquelles aucune prise en charge médicamenteuse ou chirurgicale n’est requise, sauf en cas d'infertilité.
Les médicaments pour pour l’endométriose
Pour soulager les symptômes liés à l'endométriose des solutions médicamenteuses hormonales et/ou antalgiques peuvent être proposées.
Les traitements hormonaux
En première intention, un traitement hormonal peut être proposé : pilule contraceptive, implant ou Dispositif Intra-Utérin hormonal (DIU) aussi appelé SIU pour Système Intra Utérin ou encore stérilet. Leur rôle est de stopper les variations hormonales, qui sont responsables de la prolifération des cellules et donc de la formation des lésions d'endométriose, et ainsi de limiter la progression de la maladie et les symptômes associés. Leur efficacité à été démontré notamment quant à la diminution des douleurs pelviennes.
Les antalgiques
Les solutions hormonales ne sont pas toujours désirées par la patiente, peuvent être contre-indiquées ou insuffisantes. Ainsi, le médecin peut proposer à sa patiente un traitement antalgique, seul ou en complément du traitement hormonal. Différentes molécules antalgiques existent (paracétamol, ibuprofène, morphine..) et leur efficacité peut varier en fonction des femmes. Il donc convient de les tester, en étant encadrée par une équipe médicale, pour choisir la plus adaptée à soi. Cependant, la prise d’Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS) trop fréquente sur le long terme n’est pas recommandée à cause des effets secondaires gastriques et rénaux.
La chirurgie de l’endométriose
Une opération peut être envisagée en fonction de la sévérité et de la localisation de l’endométriose, de la persistance des douleurs ainsi que du désir d’enfant de la patiente.
L’opération doit être la plus conservatrice possible même si elle a pour objectif de retirer les lésions le plus largement possible avec pour objectif de diminuer au maximum les symptômes et/ou d'améliorer la fertilité.
Il existe plusieurs techniques opératoires mais la voie coelioscopique est recommandée en première intention. L’opération est alors caractérisée de “mini invasive” car réalisée sans ouvrir le ventre mais en pratiquant de petites incisions limitant ainsi les risques de complications et d'infections. Parfois, il faut retirer un kyste de l’ovaire (kystectomie), les ovaires (ovariectomie), les trompes (salpingectomie) ou l’utérus complet (hystérectomie). Le geste chirurgical peut aussi intervenir sur la vessie ou le système digestif.
Si la patiente ne désir pas tomber enceinte, un traitement hormonal peut être proposé après l'intervention afin de limiter les risques de récidive (reprise des douleurs et de la progression de la maladie).
Si la femme a un souhait de grossesse, la prise en charge de l’infertilité et l’impact de l’opération doivent évidement être discutés avec une diversité de professionnels : radiologue spécialisé en imagerie de la femme, gynécologue médical, chirurgien gynécologue, urologue et digestif, praticien spécialisé en AMP (Assistance Médicale à la Procréation), spécialiste de la douleur et psychologue.
Il est important de comprendre que la chirurgie ne peut être considérée comme solution de première intention dans le traitement de l'endométriose car même si elle peut conduire à une diminution des symptômes sur du court ou moyen terme et/ou à une amélioration de la fertilité, les risques encourus ne sont pas négligeables. En effet, outre les potentielles récidives des lésions, il existe des risques importants de complications à prendre en considération. La chirurgie ne doit donc être envisagée que pour des endométrioses douloureuses, non soulagées par les autres options de traitements et dont l'opération ne risque pas d'endommager trop de tissus sains. La patiente et l'équipe médicale doivent donc considérer cette option en évaluant la balance bénéfices/risques.
Les approches non conventionnelles de l’endométriose
En complément des médicaments antalgiques habituels et du traitement hormonal, l’acupuncture, l'ostéopathie et le yoga ont montré une efficacité sur la diminution des douleurs. D'autres impacts sont également à prendre en considération tels que la gestion du stress ou les possibles perturbations de la vie sexuelle et/ou sociale. Ainsi, d’autres professionnels peuvent accompagner les patientes souffrant d'endométriose : naturopathe, sophrologue, kinésiologue ou une assistante sociale. Ces approches n’ont pas fait la preuve formelle de leur efficacité pour toutes les patientes mais peuvent s’avérer grandement utiles au cas par cas, l’essentiel étant que la patiente se sente mieux.
L'endométriose est une maladie complexe et son expression varie grandement d'une patiente à une autre. Il existe des traitements de référence, notamment par la prise d'hormones, qui permettent généralement de soulager efficacement les patientes, mais qui ne sont pas toujours optimaux, notamment lors d'un désir de grossesse. La chirurgie peut être envisagée pour certaines patientes mais les risques associés sont à considérer. Ainsi, un accompagnement spécialisé et bienveillant est primordial afin de proposer un plan de traitement personnalisé et en accord avec les volontés de la patiente.
Sources :
-
Haute Autorité de Santé (HAS)
https://www.has-sante.fr/jcms/c_2819733/fr/prise-en-charge-de-l-endometriose -
Réseau Ville Hôpital Endométriose (RESENDO)
https://www.resendo.fr/ -
Association française de lutte contre l’endométriose https://www.endofrance.org/
Publication le 01/09/2021 par Fanny Bernardon
Mise à jour le 31/03/2026 par Maellie Vezien
Relu par Ombeline de Dieuleveult
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