Endométriose et infertilité

Par Mathilde Franc le 29 juillet 2020
endometriose infertilite
Aujourd’hui, environ un couple sur huit rencontre des difficultés à procréer. L’infertilité d’un couple peut être d’origine masculine, féminine ou mixte. Au sein des causes d’infertilité féminine, à l’exception des causes mécaniques tubaires ou utérines, l’endométriose et les anomalies d’ovulation sont les causes d’infertilité les plus fréquentes. On estime actuellement qu’une femme sur dix est atteinte d’endométriose.


Qu’est ce que l’endométriose ?

L’endomètre est le tissu qui tapisse la cavité de l’utérus. Au cours des cycles menstruels, ce tissu s’épaissit pour accueillir un éventuel embryon. Cet endomètre se dégrade et saigne lorsqu’il n’y a pas de fécondation, ce sont les règles qui évacuent les cellules de l’endomètre par la voie vaginale. Néanmoins, la plupart des femmes ont ce qu’on appelle un reflux menstruel : le liquide remonte dans les trompes et jusque dans la cavité pelvienne (partie basse de l’abdomen) où les cellules de l’endomètre se détruisent. Si ce reflux est trop abondant ou si les mécanismes de destruction sont déficients, les cellules peuvent survivrent et se déposer ailleurs. L’endométriose est caractérisée par la présence de ce tissu endométrial (cellules de l’endomètre) en dehors de l’utérus.

Ce tissu situé en dehors de l’utérus continue à fonctionner sous l’influence des hormones ovariennes, provoquant d’importantes douleurs chez la femme - en particulier au moment des règles - et parfois une infertilité. Entre 30 et 40% des femmes atteintes d’endométriose font aujourd’hui face à des problèmes de fertilité.


Quel traitement en cas de problèmes de fertilité liés à l’endométriose ?

Les traitements de l’endométriose sont un sujet important pour les femmes qui en souffrent. En effet, la recherche scientifique cherche en premier lieu à réduire le temps de diagnostic de la maladie, estimé entre 7 à 10 ans après le début des premiers symptômes. Les campagnes actuelles de sensibilisation au problème aident à réduire en partie cette durée, liée souvent à l’ignorance de cette pathologie par les femmes atteintes.

Une fois le diagnostic établi, c’est le choix du traitement de l’endométriose qui aura une influence déterminante pour les femmes qui souhaitent avoir des enfants.
Il existe deux types de traitements de l’endométriose :
  • les traitements médicamenteux, qui reposent soit sur la privation d’oestrogène (hormone qui alimente les cellules de l’endomètre) pour éviter la survenue des règles, soit sur une cure de ménopause artificielle par injection d’analogues de la GN-Rh;
  • la chirurgie, option plus invasive (résection de certaines parties du côlon, risque d'abîmer la réserve ovarienne…) qui ne traite pas la cause et donc n’empêche pas la maladie de revenir.

L’endométriose ne créant pas un environnement favorable à la procréation, il est souvent recommandé aux femmes de ne pas trop retarder leur première grossesse, et surtout de choisir un traitement adapté à leur désir ou non de grossesse. En effet, les traitements médicamenteux réduisent les douleurs liées à la pathologie mais ne sont pas recommandés pour les femmes ayant un désir de grossesse dans la mesure où le blocage des fonctions ovariennes réduit d’autant la fertilité. De la même manière, la chirurgie, qui a été le traitement de référence pendant longtemps, n’est plus recommandée par les médecins aux femmes souhaitant avoir un enfant. Ce n’est en effet pas le traitement qui aidera au mieux une femme à obtenir une grossesse en raison de son caractère invasif et parce qu’elle n’empêche pas la maladie de réapparaître. A ce titre, il est fortement conseillé d’avoir recours à la procréation médicalement assistée (PMA) en cas de projet parental pour maximiser les chances du couple d’avoir un enfant et de n’avoir recours à la chirurgie qu’en dernier recours.

Les difficultés à diagnostiquer l’endométriose et l’importance du choix du traitement dans les réussites d’un projet parental font du recours à un deuxième avis un pas utile dans la réflexion des futurs parents. En effet, le deuxième avis renforce les chances qu’un diagnostic de la maladie soit établi et garantit un moyen de bien choisir son traitement sans trop attendre. En cas de recours à la PMA, le choix de la technique utilisée sera aussi une étape de réflexion importante pour le couple ou la femme seule au cours duquel un deuxième avis leur apportera souvent des éléments de réponse précieux.




SOURCES :
  • Inserm, Fertilité, endométriose : l’Inserm fait le point sur les recherches
    https://presse.inserm.fr/fertilite-endometriose-linserm-fait-le-point-sur-les-recherches/34633/
  • EndoFrance, Infertilité et endométriose
    https://www.endofrance.org/la-maladie-endometriose/symptomes-endometriose/infertilite/

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