
Les douleurs lombaires, un des symptômes du prolapsus génital
Le prolapsus génital, ou "descente d'organes", touche de nombreuses femmes et peut entraîner des douleurs pelviennes et lombaires difficiles à supporter. Ces symptômes, souvent sous-estimés, impactent la vie quotidienne, rendant les gestes simples parfois très pénibles. Heureusement, plusieurs solutions existent pour soulager ces douleurs et améliorer le confort, permettant ainsi de mieux vivre avec cette condition.
Qu'est ce qu'un prolapsus ou "descente d'organe" ?
Le prolapsus génital, souvent désigné sous le terme de "descente d'organes", désigne, chez la femme, le déplacement, permanent ou transitoire, vers le bas de l’un ou plusieurs organes du bas-ventre, qui peuvent descendre dans le vagin ou dépasser à l'extérieur de la vulve. Les organes affectés par ce glissement sont principalement : la vessie (appelée cystocèle), l'utérus (appelé hystérocèle), et, plus rarement, le rectum (rectocèle).
Le prolapsus est souvent décrit par les femmes concernées comme une "boule" ressentie au niveau vaginal qui peut devenir vraiment gênante, notamment en position debout et en fin de journée.
Quels sont les symptômes d'un prolapsus ?
Les symptômes du prolapsus pelvien peuvent varier en fonction des organes concernés (vessie, utérus, rectum), parmi les plus fréquents les patientes peuvent souffrir d'une sensation de lourdeur ou de pression dans le bas-ventre ou le vagin, souvent aggravée en fin de journée ou après une activité physique ainsi que des douleurs pelviennes et/ou lombaires notamment lors de la marche, des rapports sexuels ou en position assise prolongée. De nombreuses patientes souffrent également de troubles urinaires, de problèmes intestinaux, notamment la constipation et de douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunie). Ces différents symptômes entraîne régulièrement une fatigue pelvienne chronique qui se traduit par une difficulté à rester debout pendant de longues périodes en raison de la pression ressentie dans la région pelvienne
Focus sur les douleurs lombaires
Parmi les nombreux symptômes que le prolapsus peut entraîner, les douleurs lombaires sont souvent évoquées et peuvent grandement impacter la vie des patientes concernées.
Le lien entre prolapsus et douleurs lombaires
Il existe plusieurs mécanismes par lesquels un prolapsus peut entraîner douleurs dans le bas du dos. Tout d'abord les organes qui sont descendus lors du prolapsus vont venir tirer sur les ligaments et les muscles qui maintiennent le plancher pelvien, qui doivent alors fournir plus de soutien pour maintenir les organes en place ce qui peut entraîner des douleurs au niveau des structures osseuses sur lequel ils sont attachés notamment le bassin et le bas du dos. Par ailleurs, le prolapsus entraîne une modification de la position du bassin ce qui peut affecter la posture, forçant certains muscles du bas du dos à travailler plus intensément pour compenser et donc entraîner des tensions et des douleurs dans la région lombaire.
Les douleurs post-opératoires
Pour certaines patientes dont le prolapsus est trop contraignant au quotidien et face à l'échec des autres options de traitement, une chirurgie peut être proposée afin de replacer les organes et renforcer le plancher pelvien. La chirurgie peut se faire par voie vaginale et permet de suturer les ligaments et muscles du bassin sans utiliser de prothèses ou par voie abdominale au cours de laquelle les organes sont repositionnés et fixés à l’aide d’une prothèse synthétique.
Ces chirurgies ne sont pas sans risque et il a été prouvé que certaines patientes présentent des douleurs chroniques post-opératoires notamment dans les zones pelviennes et lombaires. Il a par exemple été rapporté des atteintes au niveau du nerfs du muscle obturateur interne, du nerf sciatique et du nerf cutané postérieur de la cuisse entraînant alors des douleurs dans la région de l'aine, du fessier et le long de la jambe jusque dans les orteils.
Les causes précises de ce type d'atteintes ne sont pas parfaitement établies mais la technique opératoire utilisée (vaginale ou abdominale, cœlioscopie ou laparotomie) ainsi que le mode de renforcement pourrait avoir une incidence sur le type de douleurs postopératoires induites. Ainsi, des précautions sur l’ajustement de la technique chirurgicale sont importantes avec notamment la mise en place d'une prothèse qui ne doit pas exercer une tension excessive ou en privilégiant une fixation plus à distance des trajets nerveux. Les antécédents de la patiente sont également à prendre en considération.
Il est donc fondamental, si l'option de la chirurgie est indiquée, de se tourner vers un professionnel de santé qualifié et à l'écoute qui optera pour le meilleur plan d'action. Il ne faut pas hésiter à demander un deuxième avis médical avant de se faire opérer.
Quelles solutions pour soulager les douleurs lombaires ?
Il existe plusieurs façons d'appréhender les douleurs lombaires liées au prolapsus. De façon générale, pour diminuer les symptômes, il est conseillé aux patientes de perdre du poids si nécessaire, de limiter le port de charges lourdes et de privilégier des activités physiques modérées plutôt que des exercices intenses, tout en évitant la sédentarité.
Pour répondre au mieux aux besoins des patientes face à ces douleurs, une prise en charge globale et pluriprofessionnelle est recommandée. En effet, en fonction de la cause des douleurs, de leur intensité et des volontés de la patiente, différentes options de traitement peuvent être envisagées. Il est important d'être accompagné par une équipe bienveillante et soucieuse de trouver la solution la plus adaptée.
Le renforcement du plancher pelvien
La rééducation périnéale est souvent recommandée aux patientes présentant un prolapsus. Pratiquée par une sage-femme ou un kinésithérapeute, cette technique vise à renforcer le plancher pelvien et à ralentir l'évolution du prolapsus et donc les symptômes associés tels que les douleurs lombaires. La patiente peut également apprendre des exercices de renforcement du périnée, qu'elle pourra reproduire régulièrement à domicile tels que les exercices de Kegel qui sont particulièrement efficaces pour améliorer la tonicité musculaire.
Les traitements antalgiques
Les traitements antalgiques peuvent aider à soulager les douleurs lombaires mais ils présentent des risques d'effets secondaires, notamment s'ils sont pris sur de longues périodes. Le premier palier comprend les analgésiques tels que le paracétamol ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) qui sont prescrits en première intention et peuvent être suffisants pour soulager les douleurs liées au prolapsus dans les premières phases. Si la douleur persiste ou devient plus intense, des antalgiques du palier 2 peuvent être prescrits. Il s'agit de morphiniques faibles ou d'une combinaison de paracétamol et opioïdes légers. Enfin, un troisième palier avec des analgésiques opioïdes forts sera proposé en dernier intention pour des douleurs sévères et face à l'échec des autres traitements. Une surveillance médicale est primordiale notamment face à une utilisation prolongée de ces traitements.
La neuromodulation
La neuromodulation a pour objectif d’atténuer les signaux douloureux notamment pour des douleurs chroniques. Un neurochirurgien ou un anesthésiste spécialisé introduit une électrode dans une zone précise qui permettra de délivrer une impulsion électrique faible qui va moduler les circuits neuronaux et ainsi atténuer les douleurs. Cette technique permet de limiter la prise d'antalgiques au long court et son taux d'efficacité est d'environ 50%.
Ré-intervention chirurgicale
Dans certains cas et notamment si la pose d'une prothèse est la cause responsable des douleurs pelviennes, une ré-intervention permettant son retrait complet ou partiel peut être proposée. Les douleurs associées sont souvent améliorées permettant aux patientes de gagner en qualité de vie.
Vivre avec un prolapsus génital peut être éprouvant, notamment lorsque des douleurs lombaires viennent s'ajouter à d’autres symptômes. Cependant, il est essentiel de se rappeler qu'il existe des options pour améliorer la situation. L'accompagnement par des professionnels de santé, attentifs et à l’écoute, est un élément clé pour trouver les solutions les mieux adaptées à chaque situation.
Sources :
-
UroFrance - Les séquelles douloureuse de la chirurgie du prolapsus génital aspects cliniques https://www.urofrance.org/fileadmin/medias/congres-francais-urologie/2008/fmc/AFUSympo/02Presentation/DiasUroPerineologie/04Labat.pdf
-
Hôpitaux Universitaire de Genève - Prolapsus génital de la femme - En parler pour mieux le traiter https://www.hug.ch/sites/interhug/files/documents/prolapsus.pdf
-
Sciences Direct - Douleur pelvi-périnéales et prolapsus génital : revue de la littérature https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1166708720302098
-
Vidal - La neurostimulation médullaire à l’assaut de la douleur neuropathique chronique https://www.vidal.fr/actualites/29989-la-neurostimulation-medullaire-a-l-assaut-de-la-douleur-neuropathique-chronique.html
Publication le 27/05/2026 par Maellie Vezien
Relu par Gaëtan Pannetier
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