
Quels sont les risques d'infertilité après une IVG ?
Infertilité, fausse couche, accouchement prématuré, dépression, cancer… Pas d’inquiétude, le fait d’avoir eu recours à une ou plusieurs interruptions volontaires de grossesse (IVG) médicamenteuses ou instrumentales ne compromet pas vos chances de grossesse ultérieure. Le point sur les idées reçues sur l’avortement qui empoisonnent les femmes.
Qu'est-ce qu'une IVG ?
Toute femme, qu’elle soit majeure ou mineure, peut choisir de ne pas poursuivre une grossesse. Une interruption volontaire de grossesse (IVG) peut être réalisée en France avant la fin de la 14e semaine de grossesse (ou 16 semaines d’aménorrhée). Dès que la décision d’interrompre la grossesse en cours est prise, contactez rapidement un médecin ou une sage-femme afin de débuter les démarches d’avortement.
Il existe deux méthodes d’IVG :
-
L’IVG médicamenteuse : elle peut être pratiquée avec un professionnel de santé ou à domicile jusqu’à la fin de la 7e semaine de grossesse. Un premier médicament (mifépristone) interrompt la grossesse. Après 24/48h, un deuxième médicament (misoprostol) provoque l’avortement.
-
L’IVG instrumentale : elle peut être pratiquée dans un établissement de santé jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse. L’intervention consiste à aspirer le contenu de l’utérus après dilatation du col. Elle est pratiquée sous anesthésie locale ou générale et dure une dizaine de minutes.
Le choix de la méthode d’avortement est réalisé par la patiente, avec l’aide de l’équipe médicale, selon ses attentes, ses conditions de vie, le terme de sa grossesse et son état de santé. Les IVG sont intégralement remboursées par l’Assurance maladie.
Quelles sont les conséquences médicales d'un avortement ?
Juste après une IVG, il est assez fréquent de ressentir des douleurs pelviennes, des saignements légers et des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées). Ces événements indésirables ne sont pas inquiétants.
Les complications suite à une IVG médicamenteuse ou instrumentale sont très rares. Cependant, si vous présentez de la fièvre, des saignements importants, de fortes douleurs abdominales ou si vous faites un malaise, rendez-vous rapidement dans l’établissement qui a pratiqué votre IVG ou dans un service d’urgence gynécologique. Il pourrait s’agir d’une infection, d’une hémorragie ou dans des cas exceptionnels d’une performation de l’utérus.
Des événements rares mais graves peuvent intervenir si le protocole d’administration de l’IVG médicamenteuse ne sont pas respectés (administration d’une dose supérieure) : infarctus du myocarde, AVC, choc toxique et septique.
Quelles sont les conséquences psychologiques d’un avortement ?
La Haute Autorité de santé (HAS) souligne qu’il n’existe pas de conséquence psychologique propre au recours à l’IVG. Aucun lien n’est scientifiquement établi entre trouble psychique et avortement. L’IVG est d’ailleurs vécue de façon très différente d’une femme à l’autre.
Pour faciliter le vécu des femmes ayant recours à une IVG, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) recommande aux praticiens d’avoir dans leur structure un lieu et un temps dédié à l’accueil et à l’accompagnement des femmes demandeuses d’IVG, de demander à la femme et au couple s’ils souhaitent voir les échographies ou non, de laisser les femmes participer activement au choix de leur anesthésie (locale ou générale) et de la technique d’IVG, de ne pas refuser une consultation d’IVG si le terme de la grossesse a dépassé le délai autorisé et d’adapter ses conduites et discours à la singularité de chaque femme. Le CNGOF souligne qu’il est par ailleurs « important de pouvoir utiliser des mots appropriés pour nommer le produit d’expulsion ».
Avant l’IVG, il est possible de bénéficier d’un entretien psychosocial (obligatoire pour les mineures souhaitant avoir recours à l’IVG). Si vous en ressentez le besoin, vous pouvez également demander à bénéficier d’un entretien psychosocial après l’IVG, lors de la consultation de suivi.
Désir de grossesse : est-ce que l'avortement peut causer une infertilité ?
Non, quand elle est pratiquée dans de bonnes conditions, c’est-à-dire avec un personnel formé, un matériel stérile et un équipement adapté, l’interruption volontaire de grossesse ne provoque pas d’infertilité.
Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) indique que le fait d’avoir eu recours une ou plusieurs fois à une IVG n’augmente pas les risques d’infertilité, d’anomalie de la placentation, de grossesse extra-utérine, de cancer du sein ni d’accouchement prématuré.
Une IVG antérieure n’augmente pas non plus le risque de fausses couches spontanées, sauf si l’intervalle entre l’IVG et la grossesse suivante est inférieur à 3 mois. « Pour autant, cette augmentation de risque est suffisamment faible pour ne pas devoir recommander à une patiente d’attendre 3 mois post-IVG pour débuter une nouvelle grossesse. »
Pas d’inquiétude donc, qu’il s’agisse d’une IVG médicamenteuse ou instrumentale, l’avortement n’endommage pas les organes reproductifs et ne compromets pas les futures grossesses.
Combien de temps faut-il attendre pour avoir un rapport sexuel après un avortement ?
Il est recommandé d’attendre quelques jours avant de reprendre une activité sexuelle afin d’éviter les risques d’infection.
Après une IVG, le col de l’utérus n’est pas suffisamment refermé, les saignements peuvent se poursuivre pendant une dizaine de jours, des douleurs peuvent être présentes et certaines femmes peuvent ressentir une appréhension à l’idée d’avoir de nouveaux rapports sexuels.
Combien de temps faut-il pour tomber enceinte après un avortement ?
Physiologiquement, vous pouvez tomber enceinte le jour même de l’IVG. C’est pourquoi, il est recommandé d’utiliser immédiatement une méthode de contraception. Le choix de la contraception doit être discuté avec un professionnel de santé, idéalement avant l’IVG.
Le dispositif intra-utérin au cuivre ou à la progestérone (DIU) peut être posé immédiatement après une IVG. La pilule, le patch transdermique, l’implant ou l’injection intra-musculaire peuvent être pris dès le jour de l’IVG pour les IVG instrumentales et dès la prise du 2e médicament pour les IVG médicamenteuses.
Les préservatifs peuvent être utilisés dès le premier rapport sexuel après l’IVG.
Si vous souhaitez mettre un terme à une grossesse, consultez un médecin traitant, un gynécologue ou une sage-femme. Vous pouvez prendre rendez-vous dans un cabinet libéral, dans un centre de santé, dans un centre de santé sexuelle ou dans un établissement de santé (hôpital ou clinique). Vous pouvez également demander un deuxième avis médical pour déterminer la méthode d’IVG qui conviendra le mieux à votre situation.
Sources :
-
Santé.fr, Les idées reçues sur l’interruption volontaire de grossesse, 2023 : https://www.sante.fr/les-idees-recues-sur-linterruption-volontaire-de-grossesse#p-1
-
Le site officiel sur l’IVG, Après l’IVG, 2023 : https://ivg.gouv.fr/apres-ivg
-
Ministère de la Santé et de la prévention, Interruption volontaire de grossesse (IVG) : dossier-guide, 2022 : https://ivg.gouv.fr/sites/ivg/files/2022-11/IVG%20Guide%20complet.pdf
-
Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), Recommandations pour la pratique clinique : l’interruption volontaire de grossesse : https://ansfl.org/document/cngof-2016-livg-medicamenteuse/
-
Haute Autorité de santé (HAS), IVG – Zoom sur les méthodes et les protocoles, 2019 : https://www.has-sante.fr/jcms/pprd_2974194/fr/ivg-zoom-sur-les-methodes-et-les-protocoles
Publication le 04/06/2026 par Marion Berthon
Relu par Gaëtan Pannetier
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