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scanner pendant une grossesse
Maladies gynécologiques et obstétriques

Passer un scanner pendant la grossesse : tout ce qu'il faut savoir

Le scanner est un outil d’imagerie médicale précieux pour établir de nombreux diagnostics. Lorsqu’une grossesse est en cours, son utilisation soulève toutefois des interrogations, notamment en raison des rayonnements qu’il implique. Peut-il être réalisé sans danger pour le fœtus ? Dans quelles situations est-il justifié ? Et quelles sont les alternatives possibles ? Éléments de réponse.

 

Qu’est-ce qu’un scanner ?

 

Le scanner, ou tomodensitométrie (TDM), est une technique d’imagerie médicale qui utilise des rayons X associés à un système informatique pour produire des images en coupe du corps humain. L’examen repose sur la rotation d’un tube émetteur de rayons autour du patient, permettant d’obtenir une reconstruction tridimensionnelle très fine des tissus explorés.

Le scanner est capable de visualiser avec précision les os, les organes, les vaisseaux sanguins, les poumons, le cerveau, ou encore les structures abdominales et pelviennes. Il est couramment utilisé pour détecter des anomalies, confirmer un diagnostic ou guider un geste médical.

Grâce à sa rapidité d’exécution, le scanner est devenu un outil de référence en médecine d’urgence, notamment en cas de traumatisme, de suspicion d’AVC, d’embolie pulmonaire ou de pathologie abdominale aiguë.

 

Peut-on passer un scanner pendant la grossesse ? 

 

Pendant la grossesse, toute exposition à des substances ou à des rayonnements potentiellement nocifs fait l’objet d’une évaluation rigoureuse. Le scanner repose sur l’utilisation de rayons X, un type de rayonnement ionisant. À forte dose, ces rayonnements peuvent avoir un effet sur le développement de l’embryon ou du fœtus.

En imagerie médicale, les doses utilisées sont toutefois très faibles, bien inférieures aux seuils connus pour provoquer des effets indésirables. Par principe de précaution, les examens comme le scanner sont donc évités lorsque cela est possible, en particulier au cours du premier trimestre de grossesse.

Néanmoins, certaines situations cliniques justifient pleinement le recours à un scanner, lorsque l’urgence ou la gravité du tableau clinique nécessite un diagnostic rapide. Dans ce cas, l’examen est réalisé avec des protocoles adaptés et des mesures de protection spécifiques, afin de limiter au maximum l’exposition du fœtus.

 

Quelles sont les indications du scanner chez la femme enceinte ?

 

Chez une femme enceinte, un scanner peut être envisagé lorsque les examens alternatifs ne permettent pas d’obtenir les informations nécessaires et que l’état de santé maternel impose une décision médicale rapide. Dans ces situations, l’examen est justifié par la gravité ou l’urgence du contexte clinique.

Les principales indications incluent :

  • un traumatisme crânien, thoracique ou abdominal, par exemple après un accident de la voie publique, une chute ou un choc violent ;

  • une suspicion d’embolie pulmonaire, notamment en cas de dyspnée brutale, de douleur thoracique ou d’élévation inexpliquée de certains éléments du bilan sanguin ;

  • une appendicite aiguë, une douleur abdominale inexpliquée ou une suspicion d’occlusion intestinale ;

  • certaines infections profondes (abcès, pyélonéphrite compliquée, endocardite), ou complications neurologiques (suspicion d’AVC, tumeur, encéphalite).

Dans chaque cas, la décision repose sur une analyse individualisée du rapport bénéfices-risques, menée par le médecin prescripteur en lien avec le radiologue. L’objectif est de garantir la sécurité de la mère, tout en minimisant les risques pour le fœtus. Lorsqu’un scanner est jugé indispensable, il est réalisé selon un protocole adapté.

 

Quels sont les risques du scanner pour le fœtus ?

 

Les rayonnements ionisants, utilisés lors d’un scanner, sont susceptibles, à très forte dose, d’augmenter le risque de malformations congénitales, de retard de croissance intra-utérin, ou encore, à plus long terme, de leucémies ou de cancers pédiatriques. Ces effets sont bien documentés, mais concernent des niveaux d’exposition bien supérieurs à ceux rencontrés en imagerie médicale.

Les doses délivrées lors d’un scanner diagnostique sont, en pratique, largement inférieures aux seuils reconnus comme dangereux pour le fœtus.

Le risque dépend principalement :

  • de la zone explorée : les examens crâniens, thoraciques ou des membres n’exposent pas directement l’utérus ; les scanners abdominopelviens sont plus exposants mais restent encadrés,

  • du terme de la grossesse : le premier trimestre est la période la plus sensible au niveau embryonnaire, en raison de l’organogenèse.

En pratique, lorsqu’un scanner est réalisé dans un cadre médicalement justifié, avec des mesures de précaution adaptées, le risque pour l’enfant à naître est considéré comme extrêmement faible.

 

Quelles sont les mesures de protection mises en place lors d'un scanner pendant la grossesse ?

 

Lorsqu’un scanner est réalisé chez une femme enceinte, il fait l’objet d’une prise en charge spécifique, avec des précautions renforcées pour limiter l’exposition du fœtus aux rayonnements.

Parmi les mesures mises en place, on retrouve notamment :

  • la réduction de la dose de rayonnement au strict nécessaire ;

  • le recours à des protocoles adaptés à la grossesse, validés par le radiologue en amont de l’examen, et conçus pour limiter au maximum la zone irradiée ;

  • l’utilisation de protections en plomb lorsque cela est possible, notamment pour protéger l’abdomen si celui-ci n’est pas la région explorée ;

  • une évaluation précise de l’indication de l’examen, en lien avec le médecin prescripteur, pour s’assurer qu’aucune alternative n’est envisageable.

Avant l’examen, le personnel médical informe la patiente des objectifs, des bénéfices attendus, des risques potentiels et des mesures prises. Le consentement éclairé est recueilli systématiquement.

 

Comment se déroule un scanner pour une femme enceinte ?

 

Le déroulement d’un scanner chez une femme enceinte est identique sur le plan technique à celui de tout autre patient. La patiente est allongée sur une table motorisée qui se déplace à l’intérieur d’un anneau. L’examen est rapide, indolore et non invasif, généralement réalisé en quelques minutes.

En cas de grossesse, certaines étapes spécifiques sont ajoutées :

  • vérification administrative de la grossesse déclarée ou suspectée,

  • confirmation du terme gestationnel pour adapter le protocole,

  • application des mesures de radioprotection prévues : réduction de dose, limitation du champ exploré, protection abdominale éventuelle,

  • information complète sur les modalités de l’examen et recueil du consentement éclairé.

 

Scanner avec injection et grossesse

Dans certains cas, notamment pour visualiser les vaisseaux ou certaines lésions, il peut être nécessaire d’injecter un produit de contraste iodé par voie intraveineuse. Ce produit est autorisé pendant la grossesse, mais son usage reste encadré et limité aux situations cliniques justifiées.

L’administration d’iode doit toujours faire l’objet d’une analyse bénéfice-risque, et en cas de doute, un avis spécialisé (radiologue, obstétricien, médecin référent) peut être sollicité. Après une injection iodée réalisée au-delà de la 12ᵉ semaine d’aménorrhée, il est recommandé d’en informer le pédiatre à la naissance, en raison d’un risque potentiel de perturbation de la fonction thyroïdienne du nouveau-né.

 

Quelles sont les alternatives possibles au scanner pendant la grossesse ?

 

Dans la mesure du possible, les professionnels de santé privilégient des examens sans rayonnement ionisant :

  • l’échographie est souvent l’examen de première intention, notamment pour les douleurs abdominales ou pelviennes,

  • l’IRM peut être proposée si les informations attendues ne peuvent être obtenues autrement. Elle est particulièrement utile à partir du deuxième trimestre.

Ces alternatives offrent une sécurité optimale pour le fœtus tout en permettant une évaluation médicale de qualité.

 

Que faire si un scanner a été réalisé avant le diagnostic de grossesse ?

 

Il arrive qu’une femme passe un scanner sans savoir qu’elle est enceinte. Dans ce cas, le radiologue peut estimer la dose reçue par l’embryon. Les doses utilisées pour un examen standard sont généralement très faibles. Un avis spécialisé (radiologue, gynécologue, médecin référent en radioprotection) peut être sollicité.

Le scanner n’est pas formellement contre-indiqué pendant la grossesse, mais son utilisation reste exceptionnelle et encadrée. Lorsqu’un tel examen est nécessaire, il est réalisé dans des conditions de sécurité strictes, avec une attention particulière portée à la protection du fœtus et à l’évaluation des bénéfices pour la santé de la mère. Il est toujours possible de demander un deuxième avis médical pour explorer toutes les possibilités de prise en charge.

 

Sources :

Publication le 02/07/2026 par Pascaline Olivier

Relu par Gaëtan Pannetier

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