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Prolapsus

Le prolapsus du rectum, ou rectocèle, une pathologie complexe

Vivre avec un prolapsus du rectum, ou rectocèle, peut être une épreuve difficile et souvent isolante. Cette pathologie, encore trop souvent taboue, touche des milliers de personnes, mais reste largement ignorée ou mal comprise par le grand public. Les symptômes, bien que souvent invisibles, peuvent profondément affecter la confiance en soi et ainsi avoir des répercussions sur la vie sociale, professionnelle et intime. Il existe des solutions et des traitements adaptés qui permettent de soulager les symptômes et d'améliorer significativement la qualité de vie des patients.

 

Définition du prolapsus rectal 

 

Le prolapsus rectal est une pathologie dans laquelle la muqueuse du rectum, qui est la dernière portion de l'intestin, sort à travers l'anus, se retrouvant même parfois complètement à l'extérieur du corps. Cela se produit lorsque les muscles et les ligaments qui soutiennent normalement le rectum et le canal anal deviennent faibles ou endommagés. Le prolapsus rectal peut être partiel, c'est-à-dire que le rectum descend légèrement dans l'anus, ou total, où une plus grande portion du rectum sort complètement de l'anus. Le prolapsus rectal est facilement visible sous la forme d'une sorte de boule de chair rouge qui apparaît au niveau de l'anus, surtout lors de la défécation et qui peut réintégrer l'anus spontanément juste après.

 

Quelles sont les causes du prolapsus du rectum ?

 

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l'apparition d'un prolapsus rectal. L'une des causes principales est la constipation chronique car le patient doit fournir des efforts excessifs lors des selles entraînant alors un affaiblissement des muscles du plancher pelvien. Le prolapsus rectal peut ainsi se développer à tous âges, y compris chez les nourrissons et les enfants.

Cependant, le vieillissement est un facteur majeur, notamment chez les femmes après la ménopause, car les tissus de soutien du petit bassin, dont ceux du rectum se relâchent avec l'âge et la chute hormonale, augmentant ainsi le risque de prolapsus. Les femmes ayant accouché plusieurs fois, en particulier par voie basse, sont également plus susceptibles de souffrir de cette pathologie en raison des traumatismes musculaires et ligamentaires subis pendant l'accouchement.

D'autres facteurs, tels que l'obésité, les troubles neurologiques affectant les nerfs pelviens, et les antécédents de chirurgie pelvienne, peuvent également jouer un rôle dans l'apparition de ce trouble. En somme, le prolapsus rectal résulte d'une combinaison de facteurs mécaniques et physiologiques qui affaiblissent les structures soutenant le rectum.


Comment le diagnostic d'un rectocèle est-il posé ? 

 

Le diagnostic d'un rectocèle est posé par un médecin qualifié après un examen clinique approfondi et parfois quelques investigations complémentaires. Lors de la consultation, le médecin commence par recueillir les antécédents médicaux du patient et les symptômes ressentis. Avec l'accord du patient, un examen clinique physique est réalisé, notamment un toucher rectal, qui permet d’étudier la face postérieure du vagin chez la femme et de détecter des anomalies telle qu'une baisse du tonus musculaire. L'examen est souvent complété par un examen avec effort de défécation aux toilettes.
Des examens complémentaires peuvent être nécessaires, comme une coloscopie ou une échographie pelvienne, pour évaluer l'étendue du rectocèle et exclure d'autres conditions. Un examen de défécographie (radiographie fonctionnelle de la défécation) peut aussi être recommandé afin d'observer la manière dont le rectum et le vagin interagissent lors du processus de défécation et aider à évaluer la gravité du rectocèle. Ces examens permettent de confirmer le diagnostic et d'orienter le traitement.

 

Quels sont les symptômes d'un prolapsus rectal ?

 

Les symptômes d'un prolapsus rectal varient en fonction sa gravité, mais les signes les plus courants incluent une sensation de masse ou de protrusion dans la région anale, souvent visible ou palpable notamment lors d'un effort pour aller à la selle mais peut devenir quasiment constante surtout en position debout. Cette protrusion est généralement accompagnée d'une sensation d'inconfort, voire de douleur, dans la région pelvienne. La taille de cette masse est souvent mesurée pour évaluer l'importance du prolapsus. Les patients peuvent également ressentir des difficultés à évacuer les selles, un besoin fréquent d'aller à la selle, et des fuites de selles involontaires (incontinence). D'autres symptômes tels qu'une sensation de vidange incomplète du rectum après la défécation, des douleurs rectales ou des troubles urinaires peuvent également apparaître. Dans les cas plus graves, un prolapsus rectal peut entraîner des saignements rectaux ou des infections dues à la prolifération bactérienne sur les tissus exposés.

 

Comment se soigne un prolapsus rectal ?

 

Le traitement du prolapsus rectal dépend de sa gravité et des symptômes associés. Dans les formes légères, notamment chez les enfants et nourrissons, ou lorsque le prolapsus est observé seulement de façon exceptionnelle, un traitement dit conservateur est souvent envisagé. Il s'agit de limiter la constipation et les efforts de poussée en privilégiant une alimentation riche en fibres et par la prise de laxatifs. Des exercices de rééducation du plancher pelvien pour renforcer les muscles soutenant le rectum peuvent également aider à corriger un rectocèle.

Malheureusement, ces mesures ne sont pas toujours suffisantes notamment lorsque le prolapsus est plus grave et extériorisé, une intervention chirurgicale devient alors nécessaire.
Il existe deux grandes options chirurgicales : une chirurgie abdominale où l'on fixe le rectum à la paroi abdominale et une résection par voie anale. La chirurgie abdominale obtient de meilleurs résultats et limite les risques de récidive même s'il s'agit d'une chirurgie plus lourde. Elle est, le plus souvent, réalisée par laparoscopie (cœlioscopie), ce qui réduit la taille des incisions et accélère la récupération mais nécessite tout de même plusieurs jours d'hospitalisation. La résection par voie anale, qu'elle soit partielle ou complète, est une opération moins lourde avec une anesthésie locale qui présente donc peu de risques de complications mais dont le risque de récidive est assez important (20 à 30% à 5 ans). Cette option est recommandée notamment pour des patients âgés ne pouvant supporter une anesthésie générale, pour des patients refusant une anesthésie générale ou pour des récidives courtes et distales. 

Le traitement, qu'il soit conservateur ou chirurgical, doit toujours être adapté aux besoins du patient et il est donc important de consulter un professionnel de santé qualifié et à l'écoute pour déterminer la meilleure option. Il ne faut pas hésiter à demander un deuxième avis médical pour conforter son choix de traitement. 

Le prolapsus rectal, est donc une pathologie complexe qui peut profondément affecter la vie quotidienne des personnes qui en souffrent. Bien que souvent mal comprise et peu abordée, cette maladie touche un grand nombre de patients et nécessite une prise en charge attentive et adaptée. Il est essentiel de se rappeler que chaque cas est unique, et qu'une consultation médicale approfondie, dans un cadre empathique et bienveillant, est fondamentale pour déterminer le traitement le plus approprié.

 

Sources : 

Publication le 13/07/2026 par Maellie Vezien

Relu par Gaëtan Pannetier

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