La télémédecine au secours des déserts médicaux

Par Marion Berthon le 4 mars 2019
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Ils sont 5,7 millions de Français à vivre dans des déserts médicaux. 5,7 millions de Français en errance médicale. 5,7 millions de Français à connaître des difficultés d’accès aux soins, même de premier recours.

Une répartition inégale des médecins entre les départements

On les appelle déserts médicaux, ces territoires exsangues de médecins souvent situés en périphérie des grandes villes et en milieu rural. Le Figaro parle de plus de 11 300 communes concernées, soit une commune sur trois. Selon un sondage Viavoice pour la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), 49 % des personnes vivant en milieu rural ont difficilement accès à un professionnel de santé. Les chiffres sont alarmants. On pourrait penser qu’il y a moins de médecins en France qu’il y a quelques années. Mais les chiffres de la DRESS (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du ministère des Solidarités et de la Santé) indiquent le contraire : au 1er janvier 2018, 226 000 médecins étaient en activité, soit 10 000 de plus qu’en 2012. Une progression à nuancer, car si le nombre de médecins spécialistes a effectivement augmenté, celui des médecins généralistes a pour sa part diminué.

Mettre un terme à la fracture médicale

Malades qui renoncent aux soins, salles d’attentes des urgences qui s’engorgent, hôpitaux privés qui prennent en charge des pathologies habituellement traitées en ville… Quelles sont les solutions pour mettre un terme à cette fracture médicale dans les territoires fragilisés ? Les communes déploient les grands moyens pour attirer les médecins : création de postes de médecins salariés, logements de fonctions et autres mesures incitatives, cabinets éphémères où se relayent les médecins, appel à des médecins retraités. Du côté des pouvoirs publics, le projet de loi « Ma santé 2022 » propose la fin du numerus clausus pour les études de médecine, la création de 500 à 600 hôpitaux de proximité, et l’accélération du recours à la télémédecine.

L’accès à l’expertise médicale dans les déserts médicaux


Dans les déserts médicaux, la population a des difficultés d’accès aux soins de premiers recours et a fortiori à l’expertise médicale, en cas de maladie nécessitant l’avis d’un spécialiste et ou d’un hyper-spécialiste. Les hyper-spécialistes exercent au sein de structures de référence dans lesquelles ils tiennent des consultations dédiées à leur domaine d’expertise. Il en existe donc assez peu. Pour certaines maladies, un maillage de proximité a été créé, comme les centres de référence et de compétences maladies rares (filières de soins spécialisées formées de plusieurs hôpitaux certifiés pour améliorer  l’accès au diagnostic et à la prise en charge) ou les centres de lutte contre le cancer (CLCC). Mais on est encore loin d’une couverture exhaustive du territoire dans tous les domaines.

La solution e-santé


La télémédecine pourrait bien être l’un des remèdes pour les territoires sous-denses en médecins. Elle présente l’avantage de supprimer la distance entre le patient et le médecin en remplacement ponctuel du véritable examen clinique ou pour un deuxième avis. L’e-santé n’a pas vocation à remplacer une prise en charge de proximité, mais elle offre aux personnes malades habitant dans des régions déficitaires en médecins la possibilité d’avoir recours à des avis ponctuels d’experts auxquels elles n’auraient pas physiquement accès.

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