Qu’est-ce que l'infertilité masculine ?

Par Mathilde Lamolinerie le 17 juin 2020
infertilité masculine
L’infertilité masculine est encore trop souvent tabou car elle peut provoquer des sentiments de honte ou d’impuissance chez les hommes. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Plongeons-nous au cœur du processus de la reproduction masculine, pour mieux comprendre ce qui peut dysfonctionner.




Spermatozoïdes et spermatogenèse : comment ça marche ?

La reproduction chez l'homme est un processus séquencé, nécessitant le concours de différents organes, hormones...

Elle ne peut aboutir sans la libération de spermatozoïdes vers l’ovule lors de l’éjaculation, rendant possible la fécondation. Mais avant d'en arriver là, c'est toute une machinerie extraordinairement complexe et bien rodée qui doit être à l'œuvre.

Tout commence au cœur de l'appareil génital de l’homme et plus précisément des testicules, glandes endocrines. Celles-ci vont jouer un rôle capital, car elles abritent et permettent le phénomène clef de la spermatogenèse, soit la formation de gamètes mâles (spermatozoïdes).

Les gamètes ou “cellules sexuelles” sont des “éléments microscopiques produits par tout individu sexué, chacun selon son sexe, et qui se rencontrent par la fécondation où ils concourent à produire ensemble un nouvel être”. Chez l’homme, c’est à la puberté que débute la spermatogenèse. Des centaines de millions de spermatozoïdes, sont fabriqués chaque jour, de la puberté jusqu’à la mort.

C’est à l’intérieur des tubes séminifères, situés dans les testicules, que se déroule la spermatogenèse :
  • Les cellules germinales vont passer par des phases de multiplication, méiose et maturation. Elles vont ainsi se transformer en spermatogonies, spermatocytes et spermatides jusqu’à devenir enfin des spermatozoïdes. Cette transformation dure 72 jours.
  • Les cellules de Sertoli, elles, assurent un rôle nourricier des spermatozoïdes. Cela passe notamment par la sécrétion d’une protéine APB pour faire circuler la testostérone jusque dans les cellules germinales et activer ainsi la spermatogenèse.
  • Les cellules de Leydig, ou cellules interstitielles, produisent et sécrètent environ 85% de la testostérone chez l'homme, indispensable au bon déroulement de la spermatogenèse.
Les spermatozoïdes une fois formés, se détachent de la paroi des tubes séminifères. Les voies excrétrices prennent le relai, contribuent à la maturation et au transit des spermatozoïdes : tubes droits, rete testis, cônes efférents, épididyme, canal déférent et urètre.

L’action du testicule est régie par le complexe Hypothalamo-Hypophysaire. L’Hypothalamus envoie des ordres par voie nerveuse et sanguine (hormone GnRH ; Gonadotrophine Releasing Hormon) à l'hypophyse.

Celle-ci stimule à son tour différentes glandes, dont les gonades (organes destinés à la reproduction : ovaires ou testicules), par la sécrétion des hormones suivantes :
  • LH (luteinizing hormone) qui agit sur le développement des cellules germinales et permet la stimulation et la sécrétion de testostérone par les cellules de Leydig.
  • Et FSH (follicule stimulating hormone) qui agit directement sur les cellules de Sertoli et active la spermatogenèse.
Si la concentration en testostérone augmente, l’hypophyse ralentit la sécrétion de FSH et de LH, l’inverse est aussi vrai.
Il s’agit d’un processus de rétroaction négative, qui part cette fois des testicules vers le complexe Hypothalamo-Hypophysaire, afin de maintenir une concentration globalement constante d’hormones dans le sang.
Comme vous pouvez le voir, des troubles périphériques (testiculaire) ou troubles centraux (hypophysaire) peuvent avoir des impacts sur la fertilité masculine.




L’infertilité : quand doit-on réagir ?

L’infertilité involontaire d’un couple est communément définie par l'absence de grossesse après 12 à 24 mois de rapports sexuels complets, réguliers (deux à trois fois par semaine) et sans contraception.

L’exploration, pour mieux comprendre les causes de l’infertilité, et définir la bonne prise en charge sont alors à envisager.

Il est à noter que l'infertilité peut aussi bien provenir de la femme (30% des cas), que de l’homme (30% des cas) ou des deux partenaires. Elle peut aussi émaner d’une cause inconnue (15 % des cas).


Parce que le sujet est complexe, un deuxième avis peut être utile. En effet, un deuxième avis médical peut vous aider à mieux interpréter les résultats de vos examens et à avoir une meilleure connaissance des traitements possibles ou solutions.



SOURCES :
  • Amelie, Comprendre la stérilité
    https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/sterilite-pma-infertilite/comprendre-sterilite
  • Inserm
    https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/infertilite
  • Le Figaro Santé, Comprendre la stérilité
    http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/12/11/19550-fertilite-masculine-diminue-t-elle-vraiment
  • Servicepublic.fr, Procréation médicalement assistée (PMA)
    https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F31462
  • Amelie, Le bilan médical de la stérilité ou infertilité
    https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/sterilite-pma-infertilite/bilan-medical-infertilite-sterilite

Un médecin expert de votre maladie répond à vos questions en moins de 7 jours après analyse de votre dossier