Une brève histoire du deuxième avis dans le monde

Par Fanny Bernardon le 27 mars 2019
histoire-deuxième-avis-monde

A l’origine du deuxième avis : éviter les chirurgies inutiles…


Entre 1987 et 1992, le nombre de prostatectomies (ablation de la prostate) a augmenté de 460% aux Etats-Unis. Les hystérectomies (ablation de l’utérus) étaient aussi pratiquées en excès avec plus de 500 000 opérations annuelles. C’est la multiplication de ces actes chirurgicaux qui a motivé certains hôpitaux américains à mettre en place des programmes appelés de « second opinion », à commencer par le Johns Hopkins Hospital de Baltimore, la Cornell University de New York et la Mayo Clinique. Solliciter un deuxième avis médical est donc devenue une démarche courante assez tôt aux Etats-Unis, et participait à lutter contre ce que certains appelaient un « racket chirurgical ».

… mais aussi réduire les frais de santé et sécuriser les patients


A cette époque, le Cornell Hospital de New York avait estimé que pour 1$ dépensé pour obtenir un deuxième avis, 2.63$ de bénéfice était retiré. L'intérêt d’une telle procédure était donc également financière. Par ailleurs, les patients avaient généralement droit à un troisième avis gratuit si les deux premiers ne concordaient pas. Les médecins se sont également aperçus que les patients ayant bénéficié d’un deuxième avis abordaient leur intervention chirurgicale plus sereinement que les autres. Si certains professionnels de santé étaient initialement dubitatifs quant à l'intérêt d’un tel service, ils sont maintenant de plus en plus nombreux à être convaincus de ses bienfaits pour le patient.

Une offre globale…


On trouve aujourd’hui de nombreuses plateformes permettant d’obtenir un deuxième avis en ligne : BestDoctors, Worldcare ou encore Groundrounds aux Etats-Unis par exemple. En France, deuxiemeavis.fr permet d’obtenir un autre avis médical en moins de 7 jours. Attention, il ne s’agit pas d’une téléconsultation de médecine visant à poser un diagnostic pour une pathologie simple, mais bien d’un service d’expertise, au service de patients confrontés à des situations médicales complexes ou devant prendre une décision lourde de conséquences.

… pour une demande inégale


Le recours à un deuxième avis n’est pas uniforme à la surface du globe. Il dépend notamment de la loi, de l’accès financier et de la culture locale. En 2018, l’Amérique du Nord était le plus grand consommateur de deuxième avis, suivie par l’Europe et l’Asie. En Europe, la France occupait la troisième place, précédée par le Royaume-Unis et l’Allemagne. Les pathologies les plus concernées par le deuxième avis étaient les mêmes pour tous les pays : tout d’abord les cancers, puis les maladies cardiovasculaires et enfin les maladies neurologiques. Ce classement n’est pas surprenant puisque la durée de vie augmente et donc les pathologies chroniques aussi.

Un médecin expert de votre maladie répond à vos questions en moins de 7 jours après analyse de votre dossier