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SOPK

SOPK et ovulation : comprendre le lien et les solutions

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est lié à un déséquilibre hormonal responsable, entre autres symptômes, d’un trouble du cycle menstruel. Selon une étude de l’INSERM, le SOPK serait la première cause d’infertilité féminine. Dans cet article, nous chercherons à comprendre la relation entre le SOPK et l’ovulation et nous verrons les solutions pour améliorer les chances de conception.

 

Impact du sopk sur l’ovulation

 

Dans le SOPK, les ovaires contiennent de nombreux follicules qui ne parviennent pas à maturité pour libérer un ovule. Ces follicules apparaissent comme de petits kystes à l’échographie, d’où le nom du syndrome. Chez certaines femmes, cela se traduit par une rareté voire une absence d’ovulation (dysovulation ou anovulation) ; les règles sont irrégulières, les cycles plus longs que la normale (35 à 40 jours) et parfois totalement absents (aménorrhée).

Le SOPK provoque un déséquilibre hormonal complexe qui affecte directement l’ovulation :

  • Les ovaires produisent trop d’hormones mâles (androgènes), ce qui perturbe la maturation folliculaire.

  • Déséquilibre LH/FSH : dans un cycle normal, un pic de LH (hormone lutéinisante), en moyenne autour du 14e jour, déclenche l’ovulation. Chez les femmes atteintes de SOPK, le taux de LH est constamment élevé, sans pic en milieu de cycle. De plus, le rapport LH/FSH est souvent déséquilibré, avec un taux de LH anormalement élevé par rapport à la FSH.

  • Environ 70 % des femmes atteintes de SOPK présentent une résistance à l’insuline. L’excès d’insuline dans le sang stimule la production d’androgènes par les ovaires, exacerbant les symptômes du SOPK et perturbant davantage l’ovulation.

  • Le SOPK affecte la communication hormonale entre l’hypothalamus, l’hypophyse et les ovaires, ce qui perturbe le cycle menstruel normal et l’ovulation.

 

Est-il possible de tomber enceinte avec des ovaires polykystiques ?

 

Un rapport de l’INSERM de 2019 rapporte que ces troubles de l’ovulation provoquent une infertilité chez environ la moitié des femmes qui présentent un SOPK. La difficulté à concevoir s’explique par une conjonction de différents phénomènes :

Une ovulation irrégulière ou absente rend la conception plus difficile, car il est compliqué de prédire les périodes fertiles.

Même si une ovulation se produit, les déséquilibres hormonaux peuvent affecter la qualité de l’ovule, réduisant les chances de fécondation et d’implantation réussies.

Le SOPK peut affecter la préparation de l’endomètre pour l’implantation, même si une ovulation et une fécondation ont lieu.

Par ailleurs, les études montrent que les femmes atteintes de SOPK ont un risque plus élevé de fausses couches précoces et d'accouchement prématuré.

 

Comment diagnostiquer le SOPK et l’anovulation ?

 

Tout d’abord, le diagnostic de SOPK doit être confirmé. Pour cela, les médecins se conforment aux critères de Rotterdam et recherchent la présence d’au moins deux des trois critères suivants : oligoanovulation, signes cliniques ou biologiques d’hyperandrogénie, et ovaires polykystiques à l’échographie.

Ensuite, plusieurs examens viennent évaluer les troubles de l’ovulation associés au syndrome : 

  • Des analyses de sang sont effectuées pour mesurer les niveaux de production d’hormones, notamment la LH, la FSH, les androgènes et l’insuline.

  • Une échographie pelvienne est prescrite pour observer la présence de kystes (multiples follicules immatures) ainsi qu'un volume ovarien plus important.

  • Suivi de la température corporelle qui augmente normalement d’environ 0,2 à 0,6 °C au moment de l’ovulation.

  • Des tests urinaires peuvent être utilisés pour détecter le pic de LH, bien qu’ils puissent être moins fiables chez les femmes atteintes de SOPK en raison des niveaux de LH constamment élevés.

 

Comment stimuler l’ovulation pour tomber enceinte ?

 

Avant d’envisager la mise en place d’un traitement contre l'infertilité, il est fortement recommandé d’agir sur certains des symptômes du SOPK en changeant ses habitudes de vie : 

 

Perte de poids, alimentation adaptée : adoptez une bonne hygiène de vie

En cas de surcharge pondérale ou d’obésité, une perte de poids modérée (5-10 % de la masse corporelle) peut parfois suffire à rétablir une ovulation régulière. Adopter un régime à faible indice glycémique peut aider à réguler l’insuline et favoriser l’ovulation. De la même façon, pratiquer une activité physique régulière va améliorer la sensibilité à l’insuline et peut stimuler l’ovulation.

 

Méthodes pour stimuler l'ovulation 

Votre médecin peut être amené à vous proposer une stimulation ovarienne par la prise de médicaments comme le citrate de clomifène ou du létrozole ou de la metformine si l’indice de masse corporelle est ≥ 35 kg/m2. Ce dernier est un antidiabétique qui améliore la sensibilité à l’insuline et peut favoriser l’ovulation, particulièrement en combinaison avec le clomifène. En cas d’échec du clomifène, il est possible d’envisager la prise de gonadotrophines ; ces hormones (FSH et LH) peuvent être utilisées pour stimuler directement l’ovulation, mais nécessitent un suivi étroit en raison du risque de grossesse multiple.

Lorsque les traitements ont échoué, il est possible d’envisager une procréation médicale assistée (PMA), par fécondation in vitro (FIV). Chez ces femmes SOPK à très haut risque d’hyperstimulation ovarienne (HSO), le médecin spécialiste peut proposer une mise en culture des follicules par la technique de la maturation in vitro.

Autre possibilité, plus invasive : le drilling ovarien. Il s’agit d’une intervention chirurgicale qui consiste à pratiquer de petites perforations dans les ovaires pour réduire la production d’androgènes et favoriser l’ovulation. Cette opération aboutit à des grossesses spontanées dans 50 % des cas.

Seul votre médecin est à même de savoir la méthode qui conviendra le mieux à votre situation. Toutefois, si vous avez besoin de l’éclairage d’un autre spécialiste pour prendre votre décision concernant la thérapeutique à mettre en œuvre, n’hésitez pas à solliciter d’un deuxième avis médical

 

Syndrome des ovaires polykystiques : suivi du traitement de l'infertilité et des symptômes 

 

Des consultations régulières avec un gynécologue ou un endocrinologue sont essentielles pour ajuster le traitement si nécessaire. Le médecin aura peut-être besoin de procéder à des tests d’ovulation ou de suivi échographique peut aider à déterminer si les traitements sont efficaces.

Les femmes atteintes de SOPK ayant un risque accru de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde), un suivi régulier et des mesures préventives sont indispensables.

Vivre avec le SOPK et faire face à des problèmes de fertilité peut être source de stress voire d’angoisse. Un soutien psychologique, trop souvent négligé, peut être bénéfique pour de nombreuses femmes.

Bien que le SOPK puisse perturber significativement l’ovulation et poser des défis en matière de fertilité, il existe des traitements efficaces. Avec une prise en charge pour l’infertilité adaptée, combinant changements de mode de vie et interventions médicales si nécessaire, de nombreuses femmes atteintes de SOPK parviennent à rétablir une ovulation régulière et à concevoir. La clé réside dans une approche personnalisée, tenant compte des spécificités de chaque patiente.

 

Sources : 

Publication le 05/05/2026 par Lénaig Le Guen

Relu par Ombeline de Dieuleveult

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