
Le cancer de l'endomètre
Le cancer de l'endomètre, qui touche la muqueuse de l'utérus, est l'un des cancers gynécologiques les plus fréquents chez les femmes puisqu'il concerne 1 à 2 femmes européennes sur 100. Quels sont les signes d'un cancer de l'endomètre ? Quelles en sont les causes et comment le soigner ?
Définition
L'utérus est l'organe de la gestation : il permet d'accueillir le bébé, mais aussi de l'expulser lors de l'accouchement. Dans la paroi interne de l'utérus se trouve l'endomètre, le revêtement muqueux qui s'épaissir au cours du cycle menstruel afin de pouvoir accueillir et protéger un potentiel embryon. En l'absence de fécondation et donc d'embryon, l'endomètre est désintégré, puis éliminé par voie vaginale au moment des règles.
Chez certaines femmes, une puis des cellules endométriales se multiplient de manière anarchique, jusqu'à la formation d'un amoncellement de cellules anormales nommée tumeur. Le cancer de l'endomètre se développe alors petit à petit dans le corps de la patiente. Les cellules cancéreuses sont d'abord peu nombreuses et limitées à l'épithélium de l'endomètre puis, sans traitement, les cellules peuvent traverser l'épithélium et envahir les différentes couches de l'endomètre et de l'utérus.
Le cancer de l'endomètre fait partie des cancers du corps de l'utérus, car c'est la muqueuse intérieure qui est touchée. Souvent, la tumeur débute au niveau de l'épithélium, la première couche de l'endomètre. C'est pourquoi les cancers de l'endomètre sont des carcinomes.
D'après l'Institut national du cancer, le cancer de l'endomètre représente la 4ème cause de cancer chez les Françaises et est le plus fréquent des cancers gynécologiques, derrière le cancer du sein. En 2018, plus de 8 200 nouveaux cas ont été signalés. Souvent détecté à un stade précoce, ce type de cancer présente un bon pronostic et survient le plus souvent chez les femmes ménopausées puisque l'âge moyen au diagnostic est de 68 ans.
Quels sont les symptômes d'un cancer de l'endomètre ?
Le carcinome de l'endomètre évolue progressivement, lentement. Les signes du cancer de l'endomètre ne sont pas spécifiques. Néanmoins, il peut se manifester par certains symptômes, tels que des :
-
métrorragies : ce sont des saignements vaginaux qui surviennent en dehors des cycles menstruels ou chez les femmes ménopausées. Il s'agit du symptôme le plus fréquent. 90% des patientes qui ont un cancer de l'endomètre, l'ont découvert en consultant pour des saignements anormaux.
-
ménorragies : flux sanguin important lors des règles, parfois accompagné de caillots de sang.
-
leucorrhées : il s'agit de pertes vaginales de couleur blanche, voire rosée lorsqu'elles sont associées à des pertes de sang.
-
cystites : infections urinaires.
-
douleurs dans le bas-ventre.
-
des pertes malodorantes, témoins d'une infection.
Ces signes ne sont pas systématiquement révélateurs d'un cancer de l'endomètre. Toutefois, il convient de consulter son médecin ou son gynécologue si un ou plusieurs de ces symptômes sont présents. Être vigilante face à ces symptômes est fondamentalement important car il n'existe pas de dépistage pour le cancer de l'endomètre.
Qu'est-ce qui provoque le cancer de l'endomètre ?
Il existe trois principaux facteurs de risque dans la survenue du cancer de l'endomètre : l'âge et le poids, des prédispositions génétiques et l'imprégnation hormonale.
-
L'âge et le poids
A mesure que les années passent, les risques de développer ce type de carcinome augmente et les femmes ménauposées sont plus à risque. Bien évidemment, l'âge n'est pas l'unique facteur à prendre en compte. Une femme en situation de surpoids ou d'obésité est plus a risque de développer ce type de cancer. Ce risque est d'autant plus grand si la patiente présente également d'autres pathologies comme le diabète, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ou de l'hypertension.
-
La génétique
Les prédispositions génétiques peuvent être responsables de l'augmentation des risques de développer le cancer de l'endomètre. Il est avéré que le syndrome de Lynch est associé à un risque plus important de cancer colorectal et de carcinome de l'endomètre. Il arrive alors que le cancer de l'endomètre se déclare avant l'âge de 48 ans.
-
Les traitements hormonaux
Certains traitements hormonaux peuvent augmenter le risque de développement du cancer de l'endomètre tels que les médicaments anti oestrogéniques, recommandés pour lutter contre le cancer du sein (tamoxifène uniquement). Cependant, ce risque reste faible et est souvent associée à des dosages prescrits supérieurs aux dosages recommandés. Par ailleurs, le bénéfice apporter par le tamoxifène quant à la diminution des récidives de cancer du sein est bien supérieur au risque de développer un cancer de l'endomètre.
Lors de la ménopause, des produits pharmaceutiques sont prescrits dans le but de soulager les symptômes des patientes : ce sont les THM (traitements hormonaux de la ménopause), qui peuvent également augmenter les risques de développer des tumeurs dans l'endomètre. Toutefois, si l'œstrogène est combiné à de la progestérone à un taux plus élevé, les risques seraient nettement diminués.
Comment détecter le cancer de l'endomètre ?
Contrairement aux cancers du col de l'utérus, il n'existe pas, à ce jour, de moyen de dépistage du cancer de l'endomètre. Lorsque des signes apparaissent, le gynécologue commence par interroger la patiente, puis avec son accord procède à un examen clinique. L'examen gynécologique ne permet pas de poser le diagnostic du cancer de l'endomètre, mais de constater les saignements ou une tuméfaction pelvienne.
Un complément d'examen par échographie pelvienne peut être prescrit afin d'évaluer plus précisément l'épaisseur de l'endomètre.
La présence d'un cancer ne sera confirmé que par une analyse au microscope d'un échantillon de tissu provenant de l'endomètre. Le prélèvement peut se faire de deux façons différentes :
-
soit par biopsie simple en consultation gynécologique (petit prélèvement par succion)
-
soit par voie hystéroscopique : le prélèvement est réalisé à l'aide d'une caméra insérée dans l'utérus (hystéroscope) et d'un petit instrument chirurgical. Ce geste ne nécessite habituellement pas d'anesthésie.
Ainsi, la nature des cellules est déterminée (cancéreuses ou non).
Dans un second temps, si le résultat est positif, il est nécessaire de réaliser un bilan d'extension du cancer. Une échographie pelvienne peut être prescrite si elle n'a pas été faite auparavant. Mais surtout, l'examen essentiel à réaliser devant la mise en évidence d'un cancer de l'endomètre est l'IRM pelvienne. Celle-ci permet de rechercher une éventuelle extension de cellules cancéreuses au sein de l'utérus ou à d'autres organes. Aussi, l'IRM est une étape importante pour choisir le traitement le plus adapté au stade de la maladie.
Traitement : est-ce que le cancer de l'endomètre se soigne ?
Une fois l'IRM terminée, un parcours de soin est proposé. Le choix du traitement pour soigner le cancer de l'endomètre se fera parmi quatre types, plus ou moins complémentaires : la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie et l'hormonothérapie. Les avantages et inconvénients de chaque technique doit être clairement expliqué à la patiente et le choix des traitements doit être en accord avec ses volontés.
La chirurgie est l'un des traitements les plus fréquents pour soigner le cancer de l'endomètre. Il s'agit de l'hystérectomie totale. Cette chirurgie gynécologique correspond à l'ablation du col et du corps de l'utérus. Les trompes et les ovaires sont également retirés. Si le cancer du corps de l'utérus est à un stade précoce, seuls les ganglions lymphatiques situés près de la tumeur sont retirés.
Souvent, la radiothérapie (curiethérapie ou radiothérapie externe) est nécessaire afin de compléter le traitement chirurgical. L'irradiation démarre entre 6 et 8 semaines après la chirurgie. Dans certains cas, la radiothérapie est le traitement principal.
La chimiothérapie, utilisée seule ou avec d'autres traitements, est un choix fréquent pour soigner les tumeurs avancées ou ayant entraîné des métastases. C'est également le cas de l'hormonothérapie.
D'après le Fonds anti cancer, ce sont les femmes âgées de plus de 50 ans qui sont les plus touchées par le cancer de l'endomètre. Selon eux, 25 % des femmes le déclarent avant la ménopause. Lorsque le diagnostic est confirmé, c'est le plus souvent un cancer de l'endomètre au stade 1. Le stade 1 signifie que la tumeur est localisée dans l'utérus. Pour ces femmes le pronostic du cancer de l'endomètre est bon et le taux de survie après 5 ans est de 90 %.
Face à des saignements anormaux ou à tout autres symptômes anormaux, il est important de consulter un professionnel de santé qualifié et à l'écoute. Le diagnostic peut être difficle à entendre et les solutions proposées lourdes de conséquences, ainsi un suivi psychologique peut être recommandé. Enfin, il ne faut pas hésiter à demander un deuxième avis médical avant de choisir l'option thérapeutique qui semble la plus adaptée.
Sources :
-
Institut national du cancer - Le cancer de l'endomètre https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-de-l-endometre/Points-cles
-
Le Manuel MSD - Cancer de l'endomètre https://www.msdmanuals.com/fr/professional/gyn%C3%A9cologie-et-obst%C3%A9trique/tumeurs-gyn%C3%A9cologiques/cancer-de-l-endom%C3%A8tre#Traitement_v1067002_fr
Publication le 31/08/2022 par Céline Desrumaux
Mise à jour le 17/03/2026 par Maellie Vezien
Relu par Gaëtan Pannetier
- Tous les articles
- Associations de patients
- Assurances
- Cancer
- Cardiovasculaire
- Dermatologie
- Deuxième Avis
- Endométriose
- Gastro-entérologie
- Gynécologie, urologie
- Infertilité
- Le blog du praticien
- Les coulisses de deuxiemeavis.fr
- Maladie rare, maladie orpheline
- Maladies gynécologiques et obstétriques
- Ménopause
- Neurologie
- Ophtalmologie
- Orientation, information, accompagnement
- ORL
- Orthopédie
- Prolapsus
- Relecture d'imagerie médicale
- SOPK
- Spécialistes
- Stress post traumatique
- Télémédecine et dossier médical
- Témoignages
- Traitements et examens
- Troubles du sommeil
- Webinaires
Découvrez nos webinaires

Quand le ventre parle : comprendre les maux de ventre et les soulager.
Vous avez manqué un webinaire ?
Grâce à votre contrat santé ou prévoyance, obtenez l’avis d’un médecin expert de votre problème de santé en moins de 7 jours, gratuitement et sans avance de frais


Drilling ovarien - Tout savoir sur la multiperforation ovarienne
Le syndrome des ovaires polykystiques est une maladie hormonale qui affecte environ 10% des femmes en âge de procréer. De nombreux symptômes caractérisent cette maladie tels que l'acné,...
Mis à jour par Maellie Vezien le 14/01/2026
En quoi une perte de poids peut-elle parfois améliorer un Syndrome des Ovaires Polykystiques ?
Maladie hormonale qui touche environ une femme sur 10 en âge de procréer, le Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK) entraîne des symptômes très différents d’une femme à l’autre. Certaines...
Mis à jour par Maellie Vezien le 13/01/2026

SOPK et pilosité excessive : un symptôme pas toujours simple à gérer
Avoir des poils sur le menton ou dans le dos quand on est une femme, ce n'est pas normal et c'est pourtant la dure réalité à laquelle se confronte de nombreuses femmes atteintes du syndrome des...
Par Maellie Vezien le 15/07/2025
- Tous les articles
- Associations de patients
- Assurances
- Cancer
- Cardiovasculaire
- Dermatologie
- Deuxième Avis
- Endométriose
- Gastro-entérologie
- Gynécologie, urologie
- Infertilité
- Le blog du praticien
- Les coulisses de deuxiemeavis.fr
- Maladie rare, maladie orpheline
- Maladies gynécologiques et obstétriques
- Ménopause
- Neurologie
- Ophtalmologie
- Orientation, information, accompagnement
- ORL
- Orthopédie
- Prolapsus
- Relecture d'imagerie médicale
- SOPK
- Spécialistes
- Stress post traumatique
- Télémédecine et dossier médical
- Témoignages
- Traitements et examens
- Troubles du sommeil
- Webinaires