Cancer, le mot qui fait peur

Par Fanny Bernardon le 15 avril 2019
cancer peur
Le diagnostic est tombé, le mot est lâché : c’est un cancer. Tout de suite, des pensées communes se forment dans les esprits : mort, souffrance, fatalité, injustice. Oui, le cancer fait peur, et même les médecins évitent de prononcer ce mot. Diagnostiquée d’un lymphome de Hodgkin en 2015, je l’ai entendu une seule et unique fois de la bouche de mon oncologue durant tout mon parcours de soin.

Pourquoi est-il essentiel de libérer la parole autour de cette maladie qui va toucher un homme sur deux et une femme sur trois avant ses 85 ans en France ? Quels sont les leviers d’information pour infuser un nouveau regard et de nouveaux comportements sur le cancer ?

Désamorcer les peurs par l’information


L’inconnu fait peur. Face à cela, la connaissance est la meilleure arme. Oui, le cancer est la première cause de mortalité en France depuis 2004, devant les maladies cardiovasculaires. Son incidence (nombre de nouveaux cas) augmente à cause du vieillissement et donc de l’accroissement de la population. Cela signifie que le nombre de décès absolu dus au cancer reste stable. Mais son taux de mortalité continue de diminuer depuis 1980 (rapport entre le nombre des décès et le chiffre de la population totale) : on meurt moins du cancer grâce aux progrès thérapeutiques !

La prévention comme fer de lance dans la lutte contre le cancer


Les chiffres interpellent : un français sur trois pense que l’on ne peut rien faire pour éviter les cancers, alors que la recherche montre que 40% des cancers sont attribuables à des facteurs de risque modifiables ! De plus, ces facteurs de risque sont méconnus de la population. En 2015, plus des deux tiers des Français pensaient que « la pollution provoque plus de cancers que l’alcool », alors que celle-ci n’est responsable que de 1% des cancers attribuables à des facteurs de risques modifiables. En réalité, le tabac est la cause principale ou associée de plus de 30 % des cancers, suivi par l’alcool, l’alimentation et le surpoids. La prévention est donc un enjeu de santé publique majeur dans la lutte contre le cancer.

Libérer la parole pour libérer les personnes


Rester silencieux, garder ses émotions pour soi, nier, omettre, cacher… Sur le plan individuel, ces comportements sont délétères pour le patient. Il est essentiel que chaque malade dispose d’un espace de parole pour poser des mots sur ce qu’il vit, sans quoi il risque de se refermer sur lui-même et de faire grandir des sentiments d’insécurité, d’anxiété et d’exclusion. Parfois, ce sont les patients eux-mêmes qui refusent de parler pour protéger leurs proches ou tenter une démonstration de force. Certes, il est essentiel de nourrir un état d’esprit combatif durant les traitements, mais la verbalisation de ses émotions reste un apaisement et une source d’énergie en soit.

Vers une société plus inclusive pour les patients


Faire du cancer un tabou, c’est exclure les patients de toutes les sphères de leur vie : sociale, professionnelle… Aux effets secondaires physiques des traitements s’ajoutent alors des effets secondaires sociaux qui viennent comme une seconde peine pour le malade. Une société consciente et apaisée, c’est une société dans laquelle les patients n’ont pas honte de leur maladie, ne sont pas stigmatisés et peuvent à leur tour témoigner pour davantage de prévention.


En résumé, le crabe fait peur ? Parlons du crabe.


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