La reconstruction mammaire après un cancer du sein

Par Alexia Cassar le 28 octobre 2020
reconstruction mammaire cancer du sein

Avec près de 60 000 cas par an en France, le cancer du sein est le premier cancer féminin. Pris en charge tôt, un cancer du sein peut guérir dans 9 cas sur 10. La prise en charge repose sur des traitements de chimiothérapie, de thérapies ciblées, de radiothérapie ou d’hormonothérapie selon les caractéristiques du cancer mais la chirurgie est aussi indiquée.

 

Dans quels cas faire une reconstruction mammaire ?

 

Dans 70 % des cas de cancer du sein, on fera une chirurgie dite conservatrice : on retire la tumeur et un peu des tissus qui l’entourent et le sein garde un volume quasi normal. Quand la tumeur est plus importante ou diffuse, une ablation du sein entier (aussi appelée mastectomie ou mammectomie) sera proposée à environ 20 000 femmes par an.

 

Dans le cas d’antécédents de cancers familiaux ou de certaines atteintes génétiques, on peut retirer les deux seins pour réduire les risques de cancer (mastectomie prophylactique).

 

La reconstruction du volume du sein sera choisie par 20 à 30 % des femmes après une mastectomie. Elle peut se faire en même temps que l’ablation, on parle alors de reconstruction immédiate ; ou bien après la fin des traitements (chimiothérapie et radiothérapie), on parle alors de reconstruction secondaire ou différée. Elle sera prise en charge dans le cadre du cancer mais parfois incomplètement.

 

Comment se passe la reconstruction mammaire ?

 

Il existe différentes méthodes de reconstruction. Leur choix est propre à chacune et doit être discuté avec le chirurgien en fonction de chaque situation. On peut utiliser des implants (ou prothèses mammaires), des lambeaux de peau, graisse et parfois muscles (reconstruction autologue) prélevés sur le corps de la patiente : lambeau du muscle grand dorsal, de la partie abdominale (méthode du DIEP ou du TRAM), de la cuisse (méthode du PAP) ou de la fesse, ou bien grâce à des injections de graisse (ou lipofilling) prélevées et réinjectées en plusieurs étapes espacées de plusieurs mois.

 

La dernière étape de cette reconstruction est celle du mamelon et de l’aréole. Elle peut se faire à partir de greffe de peau (pli de l’aine pour l’aréole puis des grandes lèvres, pulpe de l’orteil ou lobe de l’oreille pour le mamelon), par un pli de peau local sur le sein ou un morceau du mamelon de l’autre sein, ou bien par un tatouage médical à répéter tous les deux ans en moyenne. Une autre option, le tatouage artistique 3D en trompe l’œil du mamelon, venue des Etats-Unis, est une alternative non médicale et définitive, mais qui est encore peu pratiquée et pas encore encadrée, ni prise en charge contrairement aux autres méthodes médicales.

 

Quels conseils après une reconstruction mammaire ?

 

Le sein reconstruit est parfois différent du sein d’avant et il est compliqué de l’adopter ainsi avec ses cicatrices et son nouvel aspect. On peut le masser pour aider à la cicatrisation avec des produits adaptés, consulter un kinésithérapeute spécialisé pour améliorer la qualité des cicatrices et de la peau, voire recourir au laser. Le tatouage artistique décoratif, après deux ans de cicatrisation et avis médical, peut aussi aider à cette réappropriation corporelle, même sans reconstruction.

 

Dans tous les cas, la décision de reconstruction ou non sont propres à chacune et le dialogue avec son médecin est très important. Il ne faut pas hésiter à rencontrer différents chirurgiens et prendre un deuxième avis pour évaluer ces options et trouver LA solution la plus adaptée.



SOURCES :

 

  • Institut National du Cancer, https://www.e-cancer.fr/ 
  • Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique, https://www.sofcpre.fr 
  • Réseau des Kinés du sein, https://www.reseaudeskinesdusein.fr
  • The Tétons Tattoo Shop, https://xn--thettonstattooshop-ewb.com 

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