Hormonothérapie et cancer : notre guide

Par Fanny Bernardon le 23 avril 2019
hormonothérapie et cancer
Qu’est-ce qu’un cancer hormonosensible ? Comment savoir si mon cancer est hormonosensible ? Qu’est-ce que l’hormonothérapie ? Quel est son mode d’action ?


Suivez notre guide ! Il vous permettra de mieux comprendre la proposition thérapeutique qui vous est faite afin d’entreprendre votre traitement le plus sereinement possible. Nous prenons notamment les exemples du cancer de la prostate, cancer le plus fréquent chez l’homme, et du cancer du sein, cancer le plus fréquent chez la femme.

Qu’est-ce qu’une tumeur hormonosensible ?


C’est une tumeur dont la croissance est stimulée par certaines hormones, des molécules naturellement produites par l’organisme. Celles-ci agissent sur d’autres cellules en se fixant à elles via un récepteur, sorte de système de clé et de serrure. On estime que 80% des cancers du sein sont hormonosensibles, c’est-à-dire que leur développement est favorisé par un groupe d’hormones produites par les ovaires : les oestrogènes et/ou la progestérone.

Quant au cancer de la prostate, il est hormonodépendant car la croissance des cellules tumorales est stimulée par un groupe d’hormones sécrétées par les testicules : les androgènes (principalement la testostérone et la dihydrotestostérone).

Qu’est-ce que l’hormonothérapie ?


L’hormonothérapie est un ensemble de techniques visant à empêcher l’action stimulante des hormones sur la tumeur. Il peut s’agir :

- d’un traitement médicamenteux. Par exemple, pour les cancers du sein hormonodépendants, certains médicaments permettent de bloquer la production des oestrogènes ou de la progestérone par les ovaires tandis que d’autres les empêchent de se fixer sur les récepteurs des cellules de la tumeur. C’est la technique d’hormonothérapie la plus souvent utilisée car ses effets secondaires sont transitoires. C’est pourquoi le terme d’hormonothérapie est souvent utilisé pour désigner uniquement les hormonothérapies médicamenteuses, par abus de langage.
- d’une intervention chirurgicale consistant à retirer l’organe qui produit les hormones stimulant la croissance tumorale. On appelle ovariectomie la suppression des ovaires, pulpectomie la suppression des testicules avec conservation de leur paroi externe et orchidectomie la suppression complète des testicules.
- d’un traitement de radiothérapie au niveau des ovaires afin de les rendre incapables de produire des oestrogènes et de la progestérone.
Attention, l’hormonothérapie n’est pas un traitement à base d’hormones mais un traitement « antihormones ». Elle ne détruit pas directement les cellules de la tumeur mais inhibe l’action stimulante des hormones sur la tumeur.

Comment savoir si ma tumeur est hormonosensible ?


Un examen dit anatomopathologique est nécessaire. Un fragment de la tumeur est prélevé lors d’une intervention chirurgicale appelée biopsie, puis étudié au microscope afin d’évaluer la présence de récepteurs à hormone. Plus les cellules tumorales possèdent ces récepteurs, plus la tumeur est sensible à l’hormonothérapie. Vous serez alors éligible à un tel traitement.

Quel traitement d’hormonothérapie est le plus adapté à ma situation ?


Plusieurs critères permettent à l’oncologue de décider du type d’hormonothérapie à entreprendre :

- le stade du cancer au moment du diagnostic, notamment selon la présence de métastases (second cancer qui se développe à une autre localisation que celle originellement touchée). Si le cancer est non métastatique, on parle d’hormonothérapie adjuvante, visant à réduire le risque de récidive. Si le cancer est métastatique, l’hormonothérapie a pour objectif de traiter ou de stabiliser l’évolution de la pathologie. Enfin, une hormonothérapie dite néoadjuvante peut être proposée en amont d’une chirurgie afin de réduire la tumeur si elle est trop volumineuse.
- l’âge au moment du diagnostic
- l’intervention de la ménopause ou pas dans le cas d’une femme
N’hésitez pas à aborder le sujet de l’hormonothérapie avec votre oncologue et/ou dans le cadre d’un deuxième avis. Cela vous permettra de mieux comprendre pourquoi ce traitement vous a été prescrit ou non et de prendre une part active dans la stratégie thérapeutique.


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