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Maladie de Lapeyronie et malformation du pénis

Revue par le Dr William Akakpo, Chirurgien urologue
Mise à jour le 16/09/2026

Définition
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Qu'est-ce que la maladie de Lapeyronie et les malformations du pénis ?

La maladie de Lapeyronie est une atteinte du pénis qui provoque une courbure douloureuse, liée à la formation d'une cicatrice fibreuse.

Le pénis, ou verge, appartient à l'appareil génital masculin. Il a une double fonction : urinaire et sexuelle. Il se compose de trois cylindres :

  • les deux corps caverneux, utiles pour obtenir une érection ;

  • le corps spongieux, placé en dessous, qui recouvre le canal urinaire appelé urètre, et qui se termine par le gland.

Ces corps caverneux sont entourés d'un tissu élastique appelé l'albuginée. Cette albuginée est atteinte en cas de maladie de Lapeyronie.

La maladie de Lapeyronie se caractérise par une inflammation localisée de l'albuginée des corps caverneux. Cette inflammation évolue vers une cicatrice fibreuse, appelée « plaque ». Contrairement à l'albuginée, qui est élastique, cette cicatrice est inextensible et rigide. Elle provoque une déformation et un raccourcissement du pénis en érection.

Qui est concerné ?

Cette pathologie touche un peu moins d'un homme sur dix, et peut survenir à tout âge. Elle atteint cependant principalement les hommes de plus de 50 ans.

Quelles sont les causes ?

Cette malformation génitale est plus fréquemment retrouvée chez des patients ayant :

  • des risques cardiovasculaires, comme le diabète, l'obésité, l'hypertension ou le tabac ;

  • un déficit en testostérone ;

  • des antécédents de chirurgie pelvienne ;

  • un traumatisme pénien.

Elle est à distinguer des malformations congénitales du pénis, présentes dès la naissance, comme l'hypospadias ou l'épispadias.

Comment évolue-t-elle ?

La maladie de Lapeyronie évolue en deux périodes :

  • une phase active, dite inflammatoire, qui dure plusieurs mois. Elle se manifeste par des douleurs et une déformation progressive du pénis ;

  • une phase stabilisée, lorsque la déformation est stable et que la pathologie évolue depuis plus de 6 mois.

Après être entrés en phase stabilisée, seulement 20 % des hommes atteints présenteront une nouvelle période inflammatoire.

Le saviez-vous ?
Une fois la courbure stabilisée, 8 hommes sur 10 ne connaîtront plus de nouvelle poussée inflammatoire.

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Quel est l'intérêt d'un deuxième avis pour la maladie de Lapeyronie et les malformations du pénis ?

Un deuxième avis aide à mieux comprendre la maladie et à choisir le traitement le plus adapté à votre situation.

Un deuxième avis est particulièrement indiqué dans le cadre d'une maladie de Lapeyronie. Parler de sexualité avec son médecin reste difficile pour un homme. De plus, certaines personnes ont du mal à savoir qui consulter et restent gênées.

Pour de nombreux patients, plusieurs mois séparent l'apparition des symptômes de la première consultation et du diagnostic. Ce délai génère du stress et des souffrances psychologiques complémentaires.

Quelle que soit votre réaction face à cette maladie, restez confiant : votre situation sera enfin tirée au clair. Vous recevrez des propositions de traitement adapté, et votre qualité de vie s'améliorera.

Quelles questions poser à un expert ?

  • Ma déformation va-t-elle continuer d'évoluer ?

  • Quelles sont les conséquences sur ma sexualité ?

  • Quel est le traitement le plus adapté à ma situation ?

  • On me propose une intervention chirurgicale : quels en sont les risques ?

  • Ainsi que toutes les autres questions spécifiques que vous vous posez.

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Quels sont les spécialistes de la maladie de Lapeyronie et des malformations du pénis ?

Deux spécialistes prennent en charge cette maladie : l'urologue et l'andrologue.

  • L'urologue. Il est à la fois médecin et chirurgien. Il est le spécialiste de l'appareil urinaire et génital. Il traite les maladies qui s'y rapportent, notamment la maladie de Lapeyronie.

  • L'andrologue. C'est le plus souvent un urologue surspécialisé. Il prend en charge la maladie de Lapeyronie à tous les niveaux, ainsi que l'ensemble des maladies génitales de l'homme.

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Quels sont les symptômes de la maladie de Lapeyronie et des malformations du pénis ?

Cette maladie associe douleurs, déformation du pénis et parfois des troubles de l'érection.

Différents symptômes surviennent, avec un retentissement potentiel sur la sexualité :

  • Les douleurs. Elles peuvent être présentes au niveau du pénis, surtout lorsque la verge est en érection, pendant plusieurs mois, lors de la phase active. Elles disparaissent souvent par la suite.

  • La déformation. En fonction de l'endroit où se développe la plaque, tous les types de déformation peuvent survenir. Les plus fréquentes sont dorso-latérales. Des déformations complexes peuvent apparaître, avec un aspect en sablier si la plaque est circonférentielle. Les plaques peuvent aussi provoquer des encoches marquées sur le pénis, qui donnent un aspect en charnière lorsqu'elles se succèdent. Ces déformations peuvent rendre la pénétration difficile, voire impossible et douloureuse.

  • Le raccourcissement. On observe fréquemment une diminution de la taille du pénis.

  • La dysfonction érectile. Au cours de la maladie, des difficultés à obtenir ou maintenir une érection peuvent apparaître.

Par ailleurs, la maladie de Lapeyronie peut avoir un impact psychologique important, qui s'ajoute aux problèmes physiques. Les inquiétudes sur l'évolution de cette pathologie engendrent une anxiété et un stress complémentaires.

D'autre part, en cas de maladie de Lapeyronie, une inflammation peut s'observer sur d'autres parties du corps, comme la main ou les pieds. Dans ce cas, on parlera de maladie de Dupuytren ou de maladie de Lederhose.

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Comment diagnostiquer la maladie de Lapeyronie et les malformations du pénis ?

Le diagnostic repose avant tout sur l'examen clinique et sur des photos du pénis en érection.

Les malformations congénitales sont le plus souvent constatées dès la naissance, par le médecin pédiatre examinant l'enfant, ou rapportées par les parents.

Chez l'enfant, si une courbure du pénis est présente dès la naissance, seule une opération peut la corriger. Cette opération est repoussée après la puberté, pour laisser le pénis terminer sa croissance.

Chez l'adulte, la combinaison d'une courbure anormale du pénis en érection et de douleurs pendant l'érection est évocatrice. Ces douleurs peuvent parfois rendre les rapports sexuels impossibles. Le diagnostic est confirmé par l'examen physique de l'urologue.

Quels examens sont nécessaires ?

  • Des photos. Votre médecin vous demandera d'apporter trois photos du pénis en érection : une du dessus, une de profil strict et une de face. Lors de la consultation, le médecin peut aussi provoquer une érection à l'aide d'une injection. Cette méthode mesure la courbure de façon plus précise. Elle est surtout proposée avant d'envisager une opération.

  • Une échographie avec doppler. Un examen qui étudie la circulation du sang grâce à des ultrasons, peut être proposée en complément. Elle n'est pas systématique. Elle est surtout utile en cas de troubles de l'érection associés, ou avant une intervention chirurgicale.

  • Des questionnaires sur cette pathologie, vos érections et votre situation émotionnelle peuvent également vous être proposés pour évaluer l'impact de la maladie sur votre qualité de vie.

  • Aucun examen biologique n'est nécessaire.

Avant votre demande de deuxième avis, pensez à réunir le compte-rendu, c'est-à-dire le document résumant l'examen de votre médecin traitant ainsi que celui de votre urologue ou andrologue. Ces documents aideront le spécialiste à mieux évaluer votre situation.

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Comment soigner la maladie de Lapeyronie et les malformations du pénis ?

Le traitement vise à retrouver un pénis fonctionnel pour une sexualité satisfaisante, par des soins conservateurs ou une opération.

Beaucoup d'hommes atteints de cette maladie constatent que les changements du pénis gênent leur vie intime. L'objectif des traitements est de retrouver un pénis fonctionnel pour garder une sexualité active. Il s'agit d'obtenir une courbure résiduelle faible, une bonne rigidité et une taille suffisante pour la pénétration. Le retour à l'état antérieur est rarement obtenu.

Il existe deux grands types de traitement : les traitements conservateurs, mini-invasifs ou non chirurgicaux, et les traitements chirurgicaux.

Les traitements conservateurs

Les traitements par voie orale

Les traitements proérectiles, comme le sildénafil, le vardénafil, le tadalafil ou l'avanafil, aussi appelés IPDE5 pour inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5, sont depuis longtemps le traitement de première intention de la dysfonction érectile. Une dysfonction érectile est en effet fréquente chez les hommes atteints de cette maladie.

Ces médicaments améliorent la qualité des érections. En revanche, ils n'ont pas démontré d'effet prouvé pour réduire la courbure elle-même.

La douleur pénienne, surtout présente pendant la phase active de la maladie, doit être évaluée. En l'absence de contre-indications, des anti-inflammatoires par voie orale peuvent être prescrits pour une courte durée.

De multiples autres traitements oraux ont été utilisés, mais leur efficacité reste débattue et ils ne sont actuellement pas recommandés. C'est le cas des antioxydants, de la vitamine E, de la colchicine et de la pentoxifylline.

La thérapie par traction

Un étirement régulier du pénis peut réduire la déformation et limiter le raccourcissement. Deux types d'appareils existent :

  • les extenseurs péniens médicaux ;

  • les pompes à érection active, aussi appelées vacuum.

Ces dispositifs permettraient de réduire la déformation de façon modérée. Ils ont l'avantage de ne présenter aucun risque pour le reste du corps, mais restent contraignants au quotidien. Votre motivation est essentielle pour obtenir un effet. Ces dispositifs ne sont pas remboursés.

Les injections dans la plaque

L'objectif est d'injecter un produit au sein de la plaque, pour stabiliser ou réduire la courbure.

Le traitement le plus connu, la collagénase de Clostridium histolyticum, n'est plus commercialisé en France ni en Europe depuis le 1ᵉʳ janvier 2020. Ce retrait fait suite à une décision commerciale du laboratoire qui la fabriquait et non à un problème de sécurité. Lorsqu'elle était disponible, elle donnait de bons résultats sur la courbure. Après l'injection, il est recommandé d'éviter les rapports sexuels pendant plusieurs semaines, le temps que la zone traitée cicatrise.

En l'absence de ce traitement, le vérapamil peut être proposé en injection dans la plaque. Il peut aider à stabiliser ou réduire légèrement la courbure, mais les résultats varient beaucoup d'un patient à l'autre.

Dans certains centres, une autre molécule appelée interféron alpha peut être injectée dans la plaque. Elle donne de bons résultats sur la courbure, mais reste difficile à obtenir en pratique courante en France.

Des injections de corticoïdes ont parfois été utilisées par le passé. Elles ne sont aujourd'hui plus recommandées car leur efficacité n'a pas été démontrée.

De nouveaux traitements font l'objet d'études, comme les injections d'acide hyaluronique ou de plasma enrichi en plaquettes, aussi appelé PRP. Certains résultats sont encourageants mais il n'est pas encore recommandé de les utiliser en dehors d'un essai clinique.

Les ondes de choc de faible intensité

L'objectif est d'essayer de fragmenter la plaque grâce à des ondes de choc délivrées par une sonde appliquée sur le pénis. Ce traitement soulage la douleur pénienne. Son effet sur la courbure reste à l'étude et n'est pas suffisamment démontré pour être recommandé dans ce but.

Les traitements combinés

Associer plusieurs traitements conservateurs, comme un médicament par voie orale, une traction et une injection, pourrait apporter un bénéfice supplémentaire. Cette combinaison peut être proposée aux patients motivés, notamment durant la phase active de la maladie.

Les traitements chirurgicaux

Ils ne s'envisagent qu'à la phase stabilisée de la maladie, c'est-à-dire lorsque la courbure ne bouge plus et que la douleur a disparu depuis plusieurs mois. Le choix de la technique dépend de l'importance de la courbure, de la taille de la verge, de la qualité des érections, du retentissement psychologique, de vos antécédents et de vos souhaits.

Ces interventions, qui relèvent de la chirurgie urologique, se pratiquent le plus souvent sous anesthésie générale, en ambulatoire ou lors d'une courte hospitalisation.

Trois opérations peuvent vous être proposées :

Opération

Ce qu'elle corrige

Pour qui ?

Ce qu'il faut savoir

Plicature

La partie convexe du pénis, opposée à la plaque

Courbure faible à modérée, érection et taille de verge suffisantes

D'excellents résultats sur la courbure, mais un raccourcissement systématique de la verge

Incision avec greffon

La partie concave du pénis, où se situe la plaque

Courbures sévères ou complexes, ou pénis court avec érection conservée

Bons résultats sur la courbure, limite le raccourcissement mais technique plus complexe

Implant pénien

L'érection et la courbure en même temps

Dysfonction érectile ne répondant plus aux traitements

Rétablit la rigidité ; la satisfaction reste très bonne, un peu moins élevée qu'en population générale

Les plicatures

Cette technique consiste à opérer la partie convexe du pénis, c'est-à-dire le côté opposé à la plaque. Elle redresse la verge en raccourcissant le segment le plus long. Ces interventions peuvent être réalisées avec ou sans ouverture de l'enveloppe fibreuse qui entoure le pénis.

Cette intervention est plutôt proposée en cas de courbure faible à modérée, lorsque l'érection et la taille de la verge sont suffisantes.

Chez la grande majorité des patients, la correction souhaitée de la courbure est obtenue. Un raccourcissement de la verge est cependant systématique. Son importance dépend du degré et de la localisation de la correction. Des petits nœuds sont parfois palpables sous la peau après l'opération, mais ils gênent rarement.

L'incision avec greffon

Cette technique consiste à opérer la partie concave du pénis, c'est-à-dire le côté où se situe la plaque. La fibrose est incisée, ce qui relâche l'enveloppe du pénis. L'espace créé est ensuite comblé par un greffon.

Le chirurgien privilégie un tissu naturel, comme la muqueuse buccale, prélevée à l'intérieur de votre joue, ou la tunique vaginale, un tissu proche des testicules. Un tissu synthétique est aujourd'hui déconseillé.

Cette technique est plus complexe que la plicature. Elle est plutôt proposée en cas de courbures sévères ou complexes, ou lorsque le pénis est court, avec une érection conservée.

Chez la plupart des patients, la correction souhaitée de la courbure est obtenue. Cette technique limite, mais n'élimine pas, le risque de raccourcissement. Une aggravation des troubles de l'érection est possible. Ce risque peut augmenter avec le temps, dans les années qui suivent l'opération. Une modification de la sensibilité du gland peut aussi survenir.

Un étirement régulier du pénis, à l'aide d'un vacuum ou d'un extenseur, est souvent nécessaire après l'intervention. Un traitement pour l'érection peut aussi être proposé, pendant plusieurs mois, pour favoriser la cicatrisation.

L'implant pénien

Cette intervention est proposée lorsque l'érection n'est plus possible malgré les traitements, et elle permet également de traiter la courbure.

L'implant pénien, aussi appelé prothèse d'érection, est un dispositif implanté dans le pénis, à la place des tissus qui ne fonctionnent plus. Il rétablit une rigidité de la verge.

Si la courbure restante est légère après la pose, aucun geste supplémentaire n'est nécessaire. L'implant agit alors comme un redresseur naturel dans les mois qui suivent.

Si la courbure reste marquée, le chirurgien peut la corriger en pliant doucement le pénis dans le sens opposé, une manœuvre appelée « modelage ». Si cela ne suffit pas, une ouverture de la plaque, avec ou sans greffon, peut être nécessaire.

La satisfaction des hommes porteurs d'un implant est généralement très élevée. Elle est un peu moins bonne dans le cadre de cette maladie, surtout à cause de la perte de longueur ressentie. Une technique visant à restaurer la longueur du pénis, appelée technique du glissement, n'est pas recommandée aujourd'hui. Elle expose à un risque grave de destruction des tissus du gland.

Rétablissement et suivi

Après une opération, une consultation de contrôle a lieu deux à trois semaines plus tard, pour vérifier la cicatrisation. Si vous suivez un traitement conservateur, un suivi régulier est proposé, environ tous les trois mois, pour évaluer la douleur, la courbure et la qualité de vos érections.

Après une incision avec greffon, un étirement régulier du pénis et un traitement pour l'érection sont poursuivis pendant plusieurs mois, jusqu'à six mois, pour favoriser une bonne cicatrisation.

À retenir :
Consultez en urgence en cas de perte brutale de l'érection accompagnée d'un craquement, suivie d'un gonflement important du pénis pendant un rapport sexuel. Ces signes peuvent évoquer une fracture du pénis, qui nécessite une prise en charge chirurgicale rapide par un urologue.

Pour aller plus loin

Pour mieux comprendre les autres pathologies pouvant toucher le pénis, découvrez notre fiche sur la sténose de l'urètre, un rétrécissement du canal urinaire.

Si une opération de reconstruction du canal urinaire vous est proposée, notre fiche sur l'urétroplastie détaille son déroulement.

En cas de lésion suspecte du pénis, notre fiche sur le cancer de la verge présente les symptômes à surveiller et les spécialistes à consulter.

Pour les questions liées à l'allongement chirurgical du pénis, notre fiche sur la pénoplastie apporte des repères complémentaires.

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Pr Morgan Roupret

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