Cancer : ces soins qui font du bien

Par Fanny Bernardon le 8 mai 2019
Cancer, ces soins qui font du bien
Plus d’un tiers des patients atteints de cancer ont recours à des médecines complémentaires et alternatives en Europe. C’est ce qu’a révélé l’étude Mollasiotis en 2005, déployée dans 14 pays européens auprès de 956 patients1.

Quelles sont ces médecines ? Quelles sont leurs indications ? Dans quel cadre y recourir ? On vous explique tout pour les utiliser de façon pertinente et sécurisée.

De quoi parle-t-on ?


On les appelle CAM en anglais, pour Complementary and Alternative Medecine. En français, on parle de médecine alternative, complémentaire, parallèle, non conventionnelle, douce, naturelle ou encore holistique. Elles sont classées en 5 grandes catégories :



Que peut-on attendre des médecines complémentaires ?


Certaines médecines alternatives ont démontré de façon évidente leurs effets bénéfiques pour soulager les effets secondaires des traitements anti-cancer dans différentes études scientifiques².

L’acupuncture, en particulier, a été validée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dès 2003 pour certaines indications qui trouvent leur place dans la prise en charge globale des patients atteints de cancer³ : contrôle de douleurs aiguës et chroniques, anxiété, constipation, diarrhée…
L’hypnose a également fait ses preuves pour soulager la douleur, les nausées et les vomissements chez des patients en cancérologie. Le massage permet quant à lui de réduire l’asthénie (grande fatigue) et l’anxiété.

Cependant, les médecines alternatives n’ont pas toutes fait l’objet de recherche médicale sérieuse visant à évaluer leur impact, et les résultats des études ne sont parfois pas concluants.

Pourquoi y recourir ?


Les traitements anti-cancer s’accompagnent de leur lot d’effets secondaires à la fois physiques, émotionnels et sociaux. Faire appel à d’autres soins que ceux reçus à l’hôpital, c’est mettre toutes les chances de son côté pour supporter au mieux ces traitements lourds et longs. Déjà le Plan Cancer 2003-20074 demandait d’ « accroître les possibilités pour les patients de bénéficier des soins de support, en particulier dans la prise en compte de la douleur et du soutien psychologique et social. » La mesure 42 insistait sur « le développement des soins complémentaires et des soins palliatifs », au delà des traitements conventionnels. C’est donc le droit de tous les patients de chercher à atteindre le meilleur état de bien-être possible durant tout le parcours de soins.

Quels en sont les dangers ?


Il est un point important : en aucun cas les médecines alternatives ne doivent se substituer au traitement prescrit à l’hôpital : chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie ou encore hormonothérapie. Les études montrent un taux de survie à 5 ans moindre chez les patients recourant uniquement aux médecines alternatives5.

De plus, il existe des interactions médicamenteuses entre certaines molécules anti-cancer et certaines plantes prescrites en phytothérapie par exemple. Il est donc indispensable d’informer son cancérologue si une médecine douce est entreprise, mais aussi le praticien de médecine complémentaire des traitements reçus à l’hôpital.

Comment identifier des praticiens ?


Il n’est pas aisé de discerner la thérapie la plus adaptée à ses besoins en tant que patient. Et les charlatans ne manquent pas dans ce domaine. En parler à son médecin et demander un deuxième avis sont des moyens d’identifier les soins les plus pertinents pour soi, ainsi que des praticiens recommandés. Le bouche-à-oreille, les associations de patients et les forums santé sur internet sont également des canaux d’information précieux.

- Comment trouver un acupuncteur ? Association Française d’Acupuncture
- Comment trouver un hypnothérapeute ? Institut Français d’Hypnose Humaniste et Ericksonienne
- Comment trouver un praticien de Thérapie Comportementale et Cognitive ? Association Française de Thérapie Comportementale et Cognitive
- Comment trouver un praticien de massage bien-être ? Fédération Française de Massage Bien-Etre
- Comment trouver un praticien de médecine complémentaire ? GNOMA (Groupement National pour l’Organisation de la Médecine Auxiliaire) - SNAMAP (Syndicat National des Magnétiseurs et Praticiens des Méthodes Naturelles et Traditionnelles)


Références :

1 - Molassiotis A, Fernández-Ortega P, Pud D et al. Use of complementary and alternative medicine in cancer patients: a European survey. Annals of Oncology. 2005 April 1; 16(4):655-663. 
2 - Morandini C. La place des médecines complémentaires chez les patients sous chimiothérapie : étude prospective multicentrique réalisée auprès des patients et des professionnels de santé de cancérologie dans 4 hôpitaux de la région Rhône-Alpes. Médecine humaine et pathologie. [Thèse de doctorat en Médecine]. Grenoble : Université Joseph Fournier Faculté de Médecine; 2010.
3 - Acupuncture: Review and Analysis of Reports on Controlled Clinical Trial. World Health Organization. 2002.
4 - Plan Cancer 2003 - 2007. 
5 - Johnson SB, Park HS, Gross CP et al. Complementary Medicine, Refusal of Conventional Cancer Therapy, and Survival Among Patients With Curable Cancers. JAMA Oncol. 2018 Oct 1; 4(10):1375-1381. doi: 10.1001/jamaoncol.2018.2487.

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