Immunothérapie : le futur de la lutte contre le cancer ?

Par Fanny Bernardon le 1 mai 2019
Immunothérapie et lutte contre le cancer
Certains parlent d’une révolution. C'est vrai, l’immunothérapie rebat les cartes de la stratégie de lutte contre le cancer. Là où la chimiothérapie et la radiothérapie cherchent à éliminer directement les cellules cancéreuses, l’immunothérapie vise à mobiliser le système immunitaire du patient afin qu’il les détruise lui-même. Après avoir soulevé une nouvelle vague d’espoir depuis les années 2000, comment avoir accès à l’immunothérapie aujourd’hui ?

Comment le corps se protège-t-il du cancer ?


C’est le système immunitaire qui protège l’organisme des cellules cancéreuses, au même titre que des agents infectieux (virus, bactéries…). Il est composé de différentes cellules immunitaires permettant l’identification puis l’élimination de toute cellule considérée comme n’appartenant pas au « soi ». Parmi elles, les lymphocytes B et T sont capables d’enclencher une réaction immunitaire face à une cellule tumorale. Aussi appelés globules blancs ou leucocytes, leur nombre augmente en cas d’infection par un agent pathogène. Les lymphocytes B sont produits dans la moelle osseuse, ils circulent dans le sang et la lymphe et vont neutraliser les cellules étrangères à l’organisme via la production d’antigènes. Les lymphocytes T, quant à eux, sont produits par le thymus et peuvent détruire directement des cellules infectées ou cancéreuses.

Pourquoi le corps échoue-t-il parfois à identifier et à détruire des cellules cancéreuses ?


Le système immunitaire est conçu pour empêcher toute prolifération anormale des cellules pouvant mener à un cancer. De fait, l’organisme produit en permanence ce type de cellules, qui sont immédiatement supprimées. Pourtant, la recherche a montré que les réactions immunitaires dirigées contre les cellules cancéreuses n’étaient parfois pas suffisamment fortes ou précoces pour être efficaces. De plus, certaines cellules tumorales sont capables de se dissimuler et donc d’échapper au système immunitaire ou de bloquer son activité.

Quel est le principe d’action de l’immunothérapie ?


L’immunothérapie a pour objectif de restaurer ou de stimuler le système immunitaire propre du patient afin qu’il détruise lui-même les cellules tumorales. Plusieurs pistes ont été explorées :

- injection de molécules naturellement produites par l’organisme qui détectent et neutralisent les cellules tumorales (anticorps) ou stimulent la réaction immunitaire (cytokines comme les interleukines ou les interférons). Cette méthode dispose d’une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) depuis 2011 aux Etats-Unis et depuis 2013 en Europe pour le traitement du mélanomes de stade IV.
- la thérapie cellulaire consiste à prélever des cellules immunitaires chez le patient, à réactiver leur capacité à détruire les cellules tumorales en laboratoire, puis à les réinjecter chez la personne. Cette technique n’a pas encore bénéficié d’Autorisation de Mise sur le Marché : des essais cliniques sont en cours chez des patients atteints de leucémie et dont les chances de survie sont faibles.
- injection de constituants dérivés des cellules cancéreuses visant à déclencher une réaction immunitaire contre les cellules cancéreuses, sur le même principe que la vaccination. Appelée vaccin thérapeutique, cette méthode est utilisée aux Etats-Unis dans les cancers de la prostate métastatiques.
- la virothérapie se base sur la capacité d’une cellule infectée par un virus à infecter et détruire d’autres cellules autours d’elle. On injecte donc des virus modifiés en laboratoire, capables de cibler uniquement les cellules cancéreuses, sans endommager les cellules de l’organisme.

Comment y avoir accès ?


Certains traitements d’immunothérapie sont déjà utilisés couramment en clinique, par exemple pour des cancers du poumon ou des stades avancés de mélanomes. D’autres cancers font l’objet de beaucoup de projets de recherche en immunothérapie. Nous vous conseillons de lire notre article sur les essais cliniques.


L’espoir pour les patients est grand, que cela soit pour augmenter les réponses au traitement, pour réduire les récidives ou même pour prévenir l’apparition de cancers.

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