Douleurs post opératoires : comment les limiter ?

Par Fanny Bernardon le 21 octobre 2019
Douleurs post opératoires
Depuis 2002, la loi sur les droits des malades indique que « toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée.» (L 1110-5 du Code de la Santé Publique).

Vous allez subir une opération orthopédique ? Informez-vous dès maintenant sur les moyens de soulager les douleurs post-opératoires.


Anticiper la douleur

Mieux vaut prévenir que guérir… Et c’est aussi valable pour la douleur ! Lorsque l’on sait qu’une opération chirurgicale provoque des douleurs au réveil, il est essentiel de les anticiper au maximum. Parlez-en à votre chirurgien en amont de l’opération : on est plus rassuré lorsque l’on sait ce qui va se passer. 
Demandez-lui quelles douleurs sont attendues, leur localisation et leur intensité, ainsi que les prescriptions médicales pour vous procurer dès maintenant les médicaments antalgiques* ou analgésiques* à prendre chez vous à votre retour de l’hôpital. Cela vous évitera de devoir vous rendre en pharmacie au moment où vous rentrez chez vous. Vérifiez que la quantité prescrite est suffisante afin de ne pas avoir à demander une nouvelle ordonnance.
Vous pouvez également questionner votre médecin sur les douleurs anormales qui seraient un signe d’alerte, à l’inverse des douleurs prévisibles qui ne doivent pas vous alarmer.
Enfin, le chirurgien peut même vous prescrire des médicaments à prendre avant l’opération pour prévenir la douleur.


Mesurer la douleur

Il est impossible de prédire précisément l’intensité de la douleur que vous ressentirez après votre opération. C’est pourquoi les équipes soignantes utilisent des échelles de la douleur pour la mesurer et être en mesure de proposer le traitement le plus adapté.
L’Echelle Visuelle Analogique (EVA) est l’échelle de référence. Elle est utilisée dès 5 ans. Pour les plus petits, on utilise les échelles CHEOPS (Children’s Hospital of Eastern Ontario Pain Scale) et OPS (Objective Pain Scale), ainsi que le score d’Amiel-Tison dès 1 an. Ces outils doivent être remplis par un tiers qui va observer l’enfant. 
Même une fois que vous aurez reçu le traitement anti-douleur adéquat, la mesure de votre douleur doit être réitérée au fil des heures afin de vérifier que la stratégie thérapeutique choisie fonctionne. En cas d’échec, c’est-à-dire si la douleur persiste ou ne diminue pas suffisamment, un autre traitement doit vous être proposé, s’il en existe. Sachez que toutes ces informations sont inscrites dans votre dossier médical par soucis de traçabilité. 


Traiter la douleur

La prise en charge de la douleur aigüe post-opératoire est essentiellement médicamenteuse. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) classe les médicaments anti-douleur en 3 catégories selon leur puissance d’action :
  • Palier 1. Les antalgiques non opioïdes : paracétamol, AINS (Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens), salicylés (aspirine), antispasmodique et noramidopyrine.
  • Palier 2. Les antalgiques opioïdes faibles : codéine, tramadol, dextropropoxyphène.
  • Palier 3. Les antalgiques opioïdes forts : morphine et dérivés. 
Ces médicaments peuvent être administrés de diverses manières : par voie orale sous forme de comprimé, par voie intraveineuse (perfusion) ou par voie sous-cutanée (injection). Il existe aussi une pompe dite PCA (Analgésie Contrôlée par le Patient) qui permet au patient de s’auto-administrer de petites doses de morphine lorsqu’il en ressent le besoin. 

En conclusion, ne pas souffrir n’est pas un luxe mais une priorité. N’hésitez jamais à dire au personnel soignant que vous avez mal car la reconnaissance et la prise en charge de la douleur sont un droit en tant que patient. Si vous ne vous sentez pas prêt pour votre opération parce que vous avez des questions non répondues sur la douleur que vous pourrez ressentir, sachez que votre médecin est l’interlocuteur privilégié pour vous rassurer. Vous pouvez aussi interroger un autre professionnel de santé à ce sujet : c’est ce que l’on appelle prendre un deuxième avis médical. Cette démarche peut s’effectuer lors d’une consultation physique ou via une plateforme en ligne comme deuxiemeavis.fr sur simple dossier médical


*Antalgique : médicament visant à diminuer la douleur.
*Analgésique : médicament visant à supprimer la douleur.



Sources
  • France Assos Santé, La prise en charge de la douleur (chronique, aigüe, post-opératoire…) en France. 
    https://www.france-assos-sante.org/66-millions-dimpatients/patients-vous-avez-des-droits/prise-en-charge-de-la-douleur/
  • Ministère des Solidarités et de la Santé, Fiche 17 : la prise en charge de la douleur.
    https://solidarites-sante.gouv.fr/systeme-de-sante-et-medico-social/parcours-de-sante-vos-droits/modeles-et-documents/guide-usagers-votre-sante-vos-droits/article/fiche-17-la-prise-en-charge-de-la-douleur
  • Haute Autorité de Santé, Douleur post opératoire.
    https://www.has-sante.fr/jcms/c_272488/fr/douleur-post-operatoire?xtmc=&xtcr=16
  • SFAR, Prise en charge de la douleur post opératoire chez l’adulte et l’enfant.
    https://sfar.org/prise-en-charge-de-la-douleur-post-operatoire-chez-ladulte-et-lenfant/

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