
Gastro-entérologie
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Revue par le Pr Thierry André, Oncologue
Mise à jour le 01/10/2025
Le cardia est l’orifice qui relie l’œsophage à l’estomac. Grâce aux muscles qui le composent il peut s’ouvrir et se refermer pour laisser circuler les aliments. Il a aussi pour rôle d’empêcher les aliments passés dans l’estomac, de remonter vers l’œsophage. Le cancer du cardia est un cancer digestif grave et relativement fréquent. Dans la très grande majorité des cas, il met en cause un adénocarcinome.
D’autres types, plus rares, du cardia existent : sarcomes, tumeurs stromales, tumeurs endocrines, lymphomes. Ces autres tumeurs, malignes, se développent à partir d’autres cellules que celles de la muqueuse gastrique. Elles ne seront pas abordées dans ce chapitre.
C’est une tumeur maligne qui se développe dans les cellules des muqueuses glandulaires. Près de 5 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année en France. Le cancer du cardia survient généralement après 50 ans et touche beaucoup plus souvent les hommes que les femmes. Le pic d’incidence du cancer du cardia se situe entre 55 et 65 ans.
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On distingue 3 types de cancer du cardia, selon la classification de Siewert. Cette classification se base sur la position du centre de la tumeur par rapport à la jonction de l’œsophage et de l’estomac. Ainsi, les cancers de type I sont les cancers dont la tumeur se situe entre 1 et 5 cm au-dessus de la jonction (on appelle ce type de cancer les adénocarcinomes du bas œsophage.) Pour les cancers de type II (également appelés adénocarcinomes du cardia vrai), la tumeur se situe entre 2 cm en dessous et 1 cm au-dessus de la jonction. Enfin, dans les cancers de type III (aussi connus sous le nom d’adénocarcinome gastrique subcardial), la tumeur est située entre 2 et 5 cm en dessous de la jonction.
Cette classification a pour but de déterminer l’orientation thérapeutique à suivre. Ainsi, dans les cancers de type I, la thérapie sera presque identique à celle d’un cancer de l’œsophage. Dans les cancers de type III, l’orientation thérapeutique adoptée sera la même que pour un cancer de l’estomac. En revanche, dans le cas d’un cancer de type II, la voie à suivre est plus difficile à définir et doit être discutée au cas par cas.
Le choix du traitement dépend :
D’une manière générale, le seul traitement curatif d’un cancer du cardia est le traitement chirurgical. Celui-ci consiste à faire une résection, c’est-à-dire à retirer tout ou partie de l’organe atteint par la tumeur. Le type de résection dépend de la localisation de cette tumeur. Selon les cas, le chirurgien peut pratiquer :
La résection chirurgicale est souvent complétée par un curage ganglionnaire, c'est l'opération qui consiste à retirer les ganglions les plus proches de la lésion, afin de les examiner au microscope pour s’assurer du retrait de tous les ganglions lymphatiques susceptibles de propager la maladie.
Enfin, l’opération peut être associée, ou non, à de la radiothérapie (l’administration de rayons X sur la zone de la tumeur) et à de la chimiothérapie (un traitement médicamenteux qui détruit les cellules cancéreuses), en fonction des situations. Dans les cas où le cancer du cardia est déjà à un stade bien avancé, le médecin privilégiera un traitement radio et chimiothérapique exclusif.
Si il n’y a pas de possibilité de chirurgie, en présence de métastases ou en cas de rechute après la chirurgie, le traitement reposera sur une chimiothérapie parfois associée soit à une thérapie ciblée soit à une immunothérapie. Le choix dépendra des caractéristiques moléculaires de votre tumeur. L’objectif du traitement est alors de prolonger la vie des patients et d’améliorer leur confort et donc leur qualité de vie, avec dans certains cas une efficacité importante et des rémissions.
En effet, de nouveaux médicaments contre le cancer (thérapie ciblée et/ou immunothérapie) peuvent être associés à la chimiothérapie pour en augmenter l'efficacité. Un anticorps monoclonal a démontré son efficacité dans certains cancers de l’estomac avec des métastases, uniquement si les cellules tumorales expriment le récepteur qui s’appelle HER2 (environ 15% des adénocarcinomes de l’estomac). L’immunothérapie avec un anti-corps dit anti-PD-1 peut être indiqué dans certains cancers de l’estomac avec des métastases, si l’analyse de la tumeur montre que le tissus tumoral exprime son récepteur qui s’appelle PD-L1.

Oncologue
Hôpital Saint-Antoine (APHP)

Gastro-entérologue
Hôpital Cochin (APHP)

Oncologue
Centre Léon Bérard


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