A la découverte de l’anatomopathologiste

Par Fanny Bernardon le 1 juin 2020
anatomopathologiste
Il est au coeur du diagnostic mais les patients ne le croisent jamais … Pourtant l’anatomopathologiste joue un rôle clé dans le parcours de soins d’un patient. C’est lui qui analyse les prélèvements biologiques permettant de poser un diagnostic, notamment dans le cadre des cancers.

Dans cet article, découvrez le métier d’anatomopathologiste et son rôle dans la prise en charge d’un malade.



Qui est l’anatomopathologiste ?

L’anatomopathologiste, aussi appelé « anapath » est médecin. L’anatomopathologie est une spécialité médicale récemment rebaptisée “Anatomie et Cytologie Pathologique”. Elle requiert 5 années de spécialisation après les 6 années communes de médecine. On parle donc aussi de médecin ACP.



Quel est le rôle d’un anatomopathologiste ?

L'anatomopathologiste a pour rôle d’analyser les prélèvements biologiques d’un patient : cellules, tissus et organes. Lorsqu’il s’agit d’une pièce opératoire (retirée lors d’une chirurgie sous anesthésie générale ou locale), l’examen est d’abord macroscopique (observation à l’oeil nu). Puis, pour l’analyse microscopique, il est souvent nécessaire de faire appel à différentes techniques comme des colorations.

Le but de cette analyse dite histopathologique peut être :
  • établir un diagnostic (par exemple un lymphome à partir d’une biopsie ganglionnaire)
  • confirmer un diagnostic suspecté (par exemple étudier l’appendice retiré lors d’une appendicite suspectée)
  • réaliser un dépistage (par exemple via l’étude de cellules du col utérin prélevées à l’occasion d’un frottis cervico utérin par le gynécologue)
  • apporter des éléments informatifs quant au pronostic de la pathologie (par exemple évaluer l’agressivité d’une tumeur une fois que celle-ci a été retirée par chirurgie)
  • apprécier l’efficacité du traitement
  • discerner les causes et les mécanismes de la pathologie (celles-ci peuvent orienter le traitement)

Quels éléments peuvent être analysés par l’anatomopathologiste ?

Généralement, l’anatomopathologiste analyse des biopsies (prélèvements de tissus de petite taille) et des pièces opératoires, c’est-à-dire la portion d’un ou de plusieurs organes pouvant aller de quelques millimètres à plusieurs dizaines de centimètres. Il s’agit souvent de tumeurs.

Parfois, le prélèvement est envoyé et analysé par l’anatomopathologiste durant une opération chirurgicale, et les résultats guident la suite de l’intervention.

En revanche, il ne travaille pas sur des prélèvements sanguins.



Pourquoi demander un deuxième avis ?

Plusieurs raisons peuvent pousser l’anatomopathologiste à demander un deuxième avis à un confrère, la principale étant la difficulté à poser un diagnostic. En effet, si le médecin ne parvient pas à établir un diagnostic certain ou si les diagnostics sont différents selon les observateurs, c’est sa responsabilité de solliciter un second avis. La fiabilité de son diagnostic a une influence directe sur le traitement qui va être proposé au patient : aucune erreur n’est donc possible.

Dans ce cadre, le deuxième avis permet de confirmer l’avis du premier médecin, ou de le rectifier. Certains anatomopathologistes se spécialisent sur certaines pathologies ou certains organes, par exemple le cancer du sein ou le cancer du rein. Leur expérience est donc précieuse : ils ont développé un oeil affûté et donc une expertise.



Peut-on rencontrer son anatomopathologiste ?

Un patient ne rencontre pas l’anatomopathologiste qui a examiné les pièces. En effet, ce dernier exerce en laboratoire et a pour seul contact le médecin spécialiste qui a prescrit le prélèvement. La demande de deuxième avis se fait donc entre confrères anatomopathologistes.

De plus, le compte-rendu rédigé par l’anatomopathologiste est extrêmement technique. Il est transmis au spécialiste qui va, lui, l’expliquer au patient. Cet intermédiaire est absolument nécessaire pour rendre les informations compréhensibles par le patient et envisager la suite, le plus souvent en proposant un traitement.

Néanmoins, l’anatomopathologiste ne travaille jamais seul. Il est en relation constante avec d’autres médecins spécialistes lors de réunion de staff ou de RCP en cancérologie (Réunion de Concertation Pluridisciplinaire). Puisque poser un diagnostic nécessite des données à la fois cliniques, biologiques (analyse de sang), radiologiques (scanner, radio, IRM, mammographie, échographie…) et anatomo-pathologiques, l’anatomopathologiste confronte ses résultats avec ceux de ses confrères d’autres spécialités pour aboutir à un diagnostic juste et précis pour une prise en charge optimale.

A l’inverse, d’autres spécialités médicales où le patient est en contact direct avec son médecin, l’anatomopathologiste ne rencontre pas les malades. Il n’empêche qu’en cas d’errance diagnostique, d’échec thérapeutique ou de pathologie grave ou complexe, solliciter un deuxième avis médical auprès d’un autre anatomopathologiste est un réflexe judicieux pour le premier médecin observateur. Et cette demande peut aussi émaner du patient !




SOURCES :
  • L’Association Française d’Assurance Qualité en Anatomie et Cytologie Pathologiques (AFAQAP)
  • Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer
  • Institut National du Cancer
  • La Ligue contre le Cancer
  • L’Institut Curie

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