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Maladies tropicales et de retour de voyage

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Mise à jour le 30 novembre 2018

  • Définition maladies tropicales et de retour de voyage

    Les voyages en zone tropicale exposent à de nombreuses maladies infectieuses dites « tropicales ».

    Les pathologies digestives de type « diarrhées » sont les principales infections contractées lors de voyage en zone tropicale. Les infections pulmonaires, cutanées ou généralisées (telles que le paludisme) sont également fréquemment associées aux maladies tropicales.

    Les risques seront différents selon les régions tropicales visitées (l’Afrique sub-Saharienne et l’inde étant particulièrement à risque), la durée et la période du voyage. Les conditions de vie lors du séjour sont importantes : être en zone rurale avec la population locale exposera à plus de risque qu’un séjour hôtelier confortable.

    Certaines infections peuvent engager le pronostic vital : en particulier le paludisme (qui est toujours à évoquer devant une fièvre survenant dans les 2 mois après un voyage en zone tropicale).

    D’autres infections exposent à de graves séquelles telles que les encéphalites.

    Les maladies tropicales peuvent être contractées lors d’expositions prolongées mais la plupart nécessitent seulement une exposition ponctuelle (piqure d’insecte, rapport sexuel à risque etc.).

    Le suivi des nombreuses mesures préventives (en particulier la réalisation des vaccins recommandés et un traitement préventif contre le paludisme) est donc très important pour éviter de contracter une maladie tropicale lors d’un séjour dans une zone à risque.

  • Intérêt d'un deuxième avis

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    Le deuxième avis est particulièrement pertinent dans les cas suivants :

    • Hésitations sur le diagnostic
    • Pour les femmes enceintes, nourrissons, personnes âgées
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    • Résistances au traitement
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    Quels spécialistes consulter?

    Dans le cas de fièvre, diarrhées ou symptômes pouvant évoquer une maladie tropicale au retour de voyage, il est conseillé de se rendre rapidement chez son médecin traitant. Une consultation en centre spécialisé en médecine des voyages peut également être utile.
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    médecin expert
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  • symptômes maladies tropicales et de retour de voyage

    Différents signes cliniques peuvent évoquer une infection de type « maladie tropicale » :

    • La fièvre
    Elle doit toujours faire évoquer dans les deux mois suivant un voyage en zone tropicale une éventuelle infection au paludisme. Cette maladie tropicale est en effet la cause la plus fréquente de fièvre en retour de zones à risque et doit être considérée comme une urgence puisque celle-ci peut être fatale.

    La fièvre peut également être accompagnée de signes hémorragiques : des voies digestives (selles rouges ou noirâtres), des voies aériennes (crachats sanguins) et doit alors être considérée comme une urgence.

    Il faut pouvoir préciser pour l’orientation du diagnostic : ses conditions de séjour (pays visité, dates d’arrivée et de départ ainsi que les conditions de vie sur place), le statut vaccinal, les activités réalisées pouvant être à risque d’infection : contacts avec des animaux, des aliments possiblement contaminés, des eaux douces, des relations sexuelles, des tatouages....

    Il faut également préciser si un traitement antipaludique préventif a été suivi ou non.


    • Une diarrhée 
    Vérifier si elle est associée ou non à de la fièvre.

    Différents autres symptômes pourront également apparaitre :
    • Maux de tête
    • Troubles digestifs, gonflement de la rate ou du foie
    • Douleurs musculaires ou articulaires
    • Ictère : coloration jaune de la peau
    • Toux
    • Présence de ganglions
    • Signes cutanés : Éruption cutané, démangeaisons, œdèmes, nodules, ulcération etc.

  • Diagnostic maladies tropicales et de retour de voyage

    Le diagnostic des maladies tropicales diffère selon les infections et les symptômes 

    => Diagnostics possibles devant une fièvre au retour d’un pays tropical

    Il est important de connaître sa date de commencement pour pouvoir orienter le diagnostic.

    Elle fait suspecter certaines maladies tropicales :

    PALUDISME : 

     La fièvre survient dans les 2 mois suivant l’infection

    -      Le diagnostic clinique montre des troubles digestifs ou neurologiques ainsi qu’une rate dont le volume a augmenté.

    -      Les signes biologiques (visibles par prise de sang) montrent une augmentation de la CRP (Protein C reactiv), une thrombopénie (baisse des plaquettes) et une leucopénie (baisse des leucocytes).

    -      Enfin, la confirmation du diagnostic se fait grâce à des tests de diagnostics rapides, réalisés à partir d’une prise de sang. 

     
    LA DENGUE et autres ARBOVIROSES : CHIKUNGUNYA, FIEVRE JAUNE, ENCEPHALITES, ZIKA : la fièvre survient dans les 7 jours suivant l’infection

    -      Le diagnostic clinique montre des douleurs musculaires et articulaires, ainsi qu’une éruption cutanée entre le 3ème et le 5ème jour après l’infection.

    -      Les signes biologiques montrent une leucopénie, thrombopénie et CRP diminuée !!

    -      Enfin, la confirmation du diagnostic se fait grâce à différents examens réalisés sur une prise de sang.

     
    HEPATITES VIRALES : la fièvre survient entre 2 semaines et plusieurs mois après l’infection

    -        Le diagnostic clinique montre des troubles digestifs, un ictère (coloration jaune de la peau), des maux de tête importants ainsi qu’une urticaire (éruption passagère ressemblant à des piqures d’orties).

    -        Les signes biologiques montrent une leucopénie et une CRP diminuée.

    -        Enfin, la confirmation du diagnostic se fait par une prise de sang.

     
    FIEVRE TYPHOIDE : la fièvre survient dans les 7 à 14 jours après l’infection

    -        Le diagnostic clinique montre des maux de tête, des insomnies, des troubles digestifs, une augmentation de volume de la rate, une fièvre en plateau à 40°C.

    -        Les signes biologiques sont une leucopénie et une CRP élevée.

    -        La confirmation du diagnostic se fait par prise de sang grâce à des « hémocultures » : sang mis en milieu de culture.

     

    La présence de fièvre doit également faire évoquer d’autres maladies tropicales telles que la rickettsiose, l’amoebose hépatique, la schistosomose etc...

    Il faut également toujours suspecter devant une fièvre une éventuelle primo-infection au VIH.

     
    => Diagnostics possibles devant une diarrhée au retour d’un pays tropical

    -        Si la diarrhée est accompagnée d’une fièvre, le premier diagnostic à évoquer est toujours le paludisme.

    En cas de diagnostic négatif, il faudra dans ce cas s’orienter vers une possible infection bactérienne : shigellose, salmonelle ou Campylobacter pylory.

    Le diagnostic est alors confirmé par culture.

    Il peut également s’agir d’hépatites virales ou d’une primo infection VIH.

     -        Si la diarrhée n’est pas accompagnée d’une fièvre, l’origine est parasitaire.

    Les différentes infections parasitaires possibles en cause sont : des protozooses (maladies causées par des protozoaires) : giardose, amoebose etc...

    Le diagnostic est alors confirmé par un examen parasitaire des selles.

    Il peut également s’agir du choléra.

     
    Il ne faut pas exclure une cause annexe de diarrhée sans cause tropicale : une cause médicamenteuse (AINS ou traitement antipaludique pouvant être en cause), une infection à une bactérie : contamination au Clostridium Difficile favorisée par un traitement antibiotique.

     
    => Diagnostics possibles devant des lésions cutanées au retour d’un pays tropicales

    Les pyodermites à Staphylocoque aureus et streptocoques pyogènes sont les plus fréquentes, récidivent facilement et entrainent localement au niveau cutané des ecthymas : pustules dont le centre se recouvre d’une croute masquant une ulcération ainsi que d’autres complications générales.

     
    -        Une rougeur cutanée accompagnée de fièvre peut évoquer une arbovirose (dengue, zika, chikungunya) ou une leptospirose, une syphilis, une primo infection VIH, une rickettsiose.

    Il peut également s’agir d’une allergie médicamenteuse


    -        Une escarre d’inoculation peut évoquer une rickettsiose


    -        Des lésions urticariennes peuvent être révélatrices de schistosomose, d’hépatites virales ou de rickettsiose.

    Il peut également s’agir d’une allergie médicamenteuse

     D’autres signes cutanés : présence de nodules, d’œdèmes, de démangeaisons diffuses, d’ulcération doivent faire évoquer des diagnostics possibles de maladies tropicales.

  • Traitement maladies tropicales et de retour de voyage

    Les traitements sont divers selon la pathologie tropicale concernée

    Concernant les principales pathologies :

     

    ð  Dans le cas d’un paludisme, des antipaludiques sont prescrits. Une hospitalisation est nécessaire en cas de signe de gravité (défaillance neurologique, respiratoire, cardiovasculaire, hémorragique etc.)

    ð  Dans le cas d’une arbovirose (virus se transmettant par un arthropode : moustiques et tiques principalement) : Dengue, Chikungunya, Fièvre jaune, Encéphalites, Zika, on traite seulement les symptômes. La guérison se fait habituellement pour les formes non compliquées en 7 jours.

    ð  Dans le cas d’une fièvre typhoïde, le traitement consiste en une antibiothérapie.

    ð  Dans le cas de diarrhées : la réhydratation est importante. Des antis diarrhéiques peuvent également être nécessaires ainsi qu’une antibiothérapie si la diarrhée est très importante et persiste plus de 48h : durée de traitement de 1 à 5 jours.

     

    Le traitement des maladies tropicales est essentiellement préventif : différentes mesures de prévention sont importantes avant un départ en zone tropicale :

    -      Hygiène alimentaire : eau en bouteille capsulée, lavage des mains avant repas, bien cuire les aliments, éviter les crudités

    -      Éviter les conduites sexuelles à risque : en cas de rapport sexuel non protégé, il est recommandé de consulter dans les 24h pour un traitement post-exposition éventuel

    -      Protection anti insectes vecteurs de maladies : insecticides, répulsifs, vêtements longs

    -      Lutter contre des parasitoses éventuelles : ne pas se baigner dans les eaux douces, ne pas marcher pieds nus en extérieur ni s’allonger directement sur le sable, ne pas laisser sécher son linge à l’air libre

    -      Lutter contre la rage : ne pas approcher les animaux errants et les chiens

    -      Prévention du paludisme : traitements antipaludiques à prendre avant et/ou pendant et/ou après le séjour selon le médicament proposé

     

    Les vaccins sont un traitement préventif efficace contre les maladies tropicales :

    -      Vérifier son statut vaccinal pour les vaccins de « routine ».

    -      Certains vaccins sont de plus obligatoires pour certaines zones tropicales : vaccin antiamarile (contre la fièvre jaune) pour la région amazonienne et l’Afrique intertropicale à effectuer dans un centre international authentifié et le vaccin anti méningococcique tétravalent conjugué (pour l’Arabie Saoudite).

    -      Certains vaccins sont recommandés :

    => Pour des séjours dans des conditions d’hygiène précaire : vaccin de l’hépatite A, vaccin typhoïde, vaccin cholérique

    => Pour des séjours dans des pays à haut risque de contamination pour la rage : vaccin contre la rage

    => Pour des séjours à risque de méningite à méningocoque : la vaccination est recommandée pour les voyageurs se rendant dans des zones où une épidémie est présente avec des conditions de contact étroit avec la population locale

    => Pour des séjours prolongés en zone rurale dans des zones où l’encéphalite japonaise est présente : vaccin contre l’encéphalite japonaise

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