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icône de la maladie "Ménopause précoce"Ménopause précoce

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Qu'est-ce que la ménopause précoce ?

La ménopause est la période génitale de la femme caractérisée par l’arrêt de l’ovulation et des cycles menstruels. Elle est considérée comme prématurée lorsqu’elle survient avant l’âge de 40 ans; on peut ainsi l’appeler insuffisance ovarienne prématurée (IOP) ce d’autant que, contrairement à la ménopause qui est un processus définitif, l’IOP ne l’est pas nécessairement. Associée à l’arrêt de l’ovulation, on observe une diminution de production des hormones par les ovaires. La ménopause précoce touche en moyenne 1 femme sur 10 000 avant 20 ans, 1 femme sur 1000 avant 30 ans ainsi que 1 femme sur 100 avant 40 ans. Son origine peut être due à l’épuisement prématuré du stock de follicules ovariens ou à un défaut de maturation de ces derniers voire une anomalie de leur formation.

Il existe différentes causes à la survenue d’une IOP mais il faut garder en tête que dans 80% des cas d’origine non-génétique, celle-ci reste inconnue. On retrouve :

  • Des anomalies chromosomiques comme le syndrome de Turner ou de l’X fragile qui touchent les chromosomes sexuels, ce qui a un impact sur les taux d’hormones et le développement des organes sexuels. Devant toute IOP, ceci suggère qu’il faut pratiquer systématiquement un caryotype et une recherche d’anomalie du gène FMR1 à l’origine du syndrome du X fragile. 
  • L’ablation chirurgicale des ovaires a naturellement un effet identique à la ménopause. Concernant l’ablation de l’utérus, elle conduit à l’arrêt des règles, mais pas à la ménopause si les ovaires sont maintenus en place, car ils produisent toujours des hormones.
  • D’autres maladies comme des maladies auto-immunes (le vitiligo, la thyroïdite, la myasthénie grave, la maladie d’Addison, la maladie de Basedow…) qui se manifestent par des anticorps dirigés contre les cellules de notre propre corps, et donc parfois contre les cellules de l’ovaire, peuvent aussi s’associer à une IOP. Cependant, autant les maladies auto-immunes de la thyroïde sont très fréquentes, la survenue d’une IOP dans un tel contexte ne veut pas dire nécessairement que l’origine de la pathologie ovarienne est aussi auto-immune. Des infections virales comme les oreillons sont décrites comme pouvant être associées à l’IOP. 
  • Enfin, il existe des causes exogènes connues comme la chimiothérapie ou la radiothérapie ovarienne qui expliquent facilement le tableau d’IOP.

Très souvent, la survenue précoce de la ménopause signe une infertilité chez les patientes, même si 3-5% d'entre elles conservent la capacité à tomber enceinte, surtout si l’insuffisance ovarienne fluctue dans le temps, ce qui justifie une approche très personnalisée et précautionneuse de la patiente avec IOP.

 

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Quel est l'intérêt d'un deuxième avis pour une ménopause précoce ?

Pourquoi demander un deuxième avis pour une ménopause précoce ?

Les causes de la ménopause précoce sont très variées, il est important d’établir un diagnostic étiologique clair et précis. Ainsi, il sera plus simple d’évaluer l’état de la fertilité de la patiente, afin de proposer les meilleures solutions pour pallier au déficit hormonal.

 

Quelles questions poser dans le cadre d'un deuxième avis pour une ménopause précoce ?

  • Existe-t-il un aspect génétique/héréditaire dans ma maladie ?
  • Mon infertilité, est-elle irréversible ?
  • Quelles sont les possibilités que je tombe enceinte malgré ma ménopause précoce ?
  • Une enquête familiale des gènes pouvant être à l’origine de ma ménopause est-elle obligatoire ? Serai-je obligé de partager les résultats avec ma famille s’ils sont impliqués ?
  • Si je dois prendre un traitement hormonal substitutif, quels en sont les avantages et les inconvénients ?

Mais aussi toutes les questions spécifiques que vous vous posez.

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Quels sont les spécialistes de la ménopause précoce ?

Les spécialistes de la maladie sont les gynécologues ainsi que les endocrinologues.

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Quels sont les symptômes de la ménopause précoce ?

La ménopause précoce est très rarement asymptomatique, dans ce cas-là, on la remarque, car la patiente ne peut pas tomber enceinte, mais elle se manifeste le plus souvent comme une ménopause classique avec des symptômes tels que des bouffées de chaleur, des troubles de l’humeur, une sécheresse vaginale, et de sueurs nocturnes. Parfois les menstruations persistent, mais le plus souvent elles deviennent irrégulières jusqu’à s’arrêter complètement. On parlera alors d’aménorrhée secondaire ; chez la fille très jeune de moins de 20 ans, c’est parfois un tableau d’aménorrhée primaire avec une absence de développement pubertaire (développement des seins chez la fille) qui révèlera l’IOP. A cela s’ajoutent de potentiels symptômes en fonction de la cause étiologique de la ménopause précoce (le diabète, la maladie d’Addison, le syndrome de Turner…).

Tout comme la ménopause habituelle, l’ostéoporose est une évolution probable de la ménopause précoce, tout comme certains problèmes cardio-vasculaires, qui peuvent être engendrés par la chute du taux d’oestrogènes.

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Comment diagnostiquer la ménopause précoce ?

Ce sont le contexte et les signes cliniques qui mettent le médecin sur la voie du diagnostic de ménopause précoce. Un bilan endocrinien et gynécologique complet permettra de poser le diagnostic. Le bilan repose sur l’analyse du taux de FSH associé à celui de l’estradiol. Le dosage de la progestérone n’apporte pas grand chose. Les mesures sont à répéter afin de dresser un tableau complet de l’état des hormones et de l’origine du déficit. Ainsi, un cycle irrégulier (et/ou absence totale de menstruations) accompagné d’un taux de FSH élevé (>25 UI/L) sur deux prélèvements à quelques semaines d’intervalles, signe une ménopause précoce. L’évaluation de la réserve ovarienne se fait par le dosage de l’hormone anti-mullerienne (AMH).

Il est fondamental de distinguer l’altération de la réserve ovarienne (AOR), très fréquente chez la femme à partir de 35 ans, à tort considérée comme une IOP, alors que même si le taux d’AMH est diminué, celui de la FSH n’est pas très augmenté comme dans l’IOP.  

Face à un tableau d’IOP, l’analyse du caryotype est nécessaire et systématique. Enfin, une échographie pelvienne est souvent réalisée également, afin de préciser la taille, la surface ou le volume ovarien, de décrire l’existence de follicules éventuels et de mesurer aussi l’épaisseur de l’endomètre, témoin de la stimulation oestrogénique éventuelle. 

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Comment soigner la ménopause précoce ?

Afin de traiter la ménopause précoce, on utilise des traitements hormonaux substitutifs à base d’oestrogènes et de progestérone. Chez la fille jeune, compte-tenu de fluctuations, même rares de la fonction ovarienne, on pourra être amenés à proposer une pilule contraceptive. Pour contrer les effets néfastes du manque d’oestrogènes sur la densité osseuse, il est recommandé de prendre de la vitamine D et parfois du calcium, ainsi que de réaliser de l’activité physique.

Mise à jour le 04/11/2021 Revue par le Professeur Philippe Touraine

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