Taux de survie d’un cancer : une estimation à prendre avec précaution

Par Fanny Bernardon le 24 juin 2019
Estimation chances de survie cancer
Taux de guérison, chance de survie, pronostic, survie à 5 ans… Mots murmurés à l’hôpital, investis par les médias et redoutés par les malades. Avec en première position les personnes atteintes de cancer, conscientes de l’épée de Damoclès au dessus de leur tête mais pauvrement informées des réelles statistiques associées à leur pathologie. Deux réactions peuvent alors se retrouver, tout aussi néfastes l’une que l’autre, mais légitimes face au manque d’information : imaginer le pire ou bien le nier.


Statistiques et cancer : un point sur les mots

Taux de survie à 5 ans : pourcentage de patients toujours en vie après le diagnostic de la maladie. On parle aussi de « survie à 5 ans » ou de « taux de guérison à 5 ans ».

Rémission : aucune cellule cancéreuse ne peut être détectée par les examens médicaux. Le corps médical s’accorde généralement sur un délai de rémission de 5 ans, durée au bout de laquelle le pourcentage de récidive devient négligeable (très faible). Ce délai reste une appréciation moyenne pour tous les cancers et doit donc être utilisé avec précaution.

Guérison : lorsque la rémission dure depuis plusieurs années, généralement entre 3 et 5 ans. Le patient présente alors le même risque de développer un cancer que les personnes n’en ayant jamais eu.

Récidive ou rechute : les cellules cancéreuses apparaissent à nouveau après une période de rémission de plusieurs mois à plusieurs années.

Pronostic : jugement du médecin concernant l’évolution de l’état de santé du patient et de ses chances de guérison.

Les mots plus importants que les chiffres

L’information est l’un des droits les plus fondamentaux du patient. Son droit est aussi de ne pas savoir s’il le désire. Quoi qu’il en soit, lorsqu’il s’agit de sujets aussi délicats et complexes que le taux de survie, il est essentiel de s’assurer de la fiabilité des informations. Le médecin reste l’interlocuteur privilégié pour aborder ces sujets. Pourquoi ? Parce que le taux de survie associé au cancer :
- n’est pas une prédiction de la survie du patient mais bien une estimation
- dépend d’une multitude de facteurs comme le stade de la maladie, l’âge du patient ou encore le traitement entrepris
Dans ce contexte, prendre le temps du dialogue avec l’équipe soignante n’est pas un luxe mais une nécessité pour comprendre sa situation individuelle et donc participer de façon éclairée à la prise de décision médicale.

Mon expérience de patiente atteinte d’un cancer

Le taux de survie associé à mon cancer m’a été annoncé une unique fois, au moment du diagnostic. L’oncologue avait d’ailleurs préféré « taux de guérison » à « survie », peut-être un signe que les médecins ont aussi des difficultés à parler de ce sujet. Il n’en a plus été question durant tout mon parcours de soins. J’ai décidé de ne pas chercher moi-même davantage d’informations : je connais le pronostic global de la pathologie que j’ai eue et cela me suffit. Je pressens que davantage de connaissances ne me seraient pas utiles : au pire elles m’inquièteraient, au mieux elles me laisseraient indifférente. Ma démarche est plutôt celle de l’action : me prémunir des facteurs de risque démontrés du cancer (tabac et alcool en première ligne), me faire dépister, et profiter pleinement de ma santé.

Aujourd’hui, on guérit environ 60% des cancers. Là encore, cette moyenne est à moduler en fonction du type de cancer et des caractéristiques du patient. Si l’évolution de votre pathologie suscite des questions, un deuxième avis auprès d’un hyper-spécialiste est tout à fait préconisé afin de lever vos interrogations. Parlez-en à votre oncologue : il connaît parfaitement votre dossier qui est étudié à chaque RCP (Réunion de Concertation Pluridisciplinaire).


Références : 

- Fondation contre le cancer
- Arcagy - Gyneco
- Société canadienne du cancer 

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