Rémission après un cancer : comment la vivre ?

Par Fanny Bernardon le 4 septembre 2019
rémission cancer

Juin 2015 a marqué la fin de mon traitement de chimiothérapie. Après 6 mois de marathon physique et psychologique, je peux reprendre ma vie d’avant. Ou presque : je continuerai d’être étroitement surveillée à l’hôpital pendant 5 ans. 

En quoi consiste la surveillance d’une personne qui a eu un cancer ? Que signifie être en rémission ? Dans cet article, découvrez la vie après un cancer à la lumière de mon expérience vécue d’ancienne patiente en oncologie.

Rémission : quand le cancer n’est plus visible 

La rémission signifie que les symptômes ressentis et que les signes cliniques visibles sur imagerie médicale ont diminué (rémission partielle) ou disparu (rémission complète).

Le TEP-scan (type de scanner) réalisé à l’issue de ma première cure de chimiothérapie a révélé l’absence de cellules tumorales là où elles étaient présentes un mois auparavant. La chimiothérapie fonctionnait, quel soulagement ! Mon oncologue m’a déclarée en rémission complète, ce qui n’empêchait pas que je doive continuer mon protocole de traitement jusqu’au bout. Cela signifiait plutôt que je répondais au traitement et que la stratégie thérapeutique choisie par l’équipe médicale fonctionnait.

Surveillance post-cancer : je ne suis pas malade mais je suis toujours une patiente

A l’issue de mon traitement, mon oncologue m’a expliqué que je devrais revenir deux fois par an pendant cinq ans à l’hôpital pour faire certains examens (prise de sang et scanner). A la fin de cette période, le risque pour moi de développer un nouveau cancer serait identique à celui d’une personne qui n’en aurait jamais eu.

Pendant ce temps de surveillance, le risque est celui de la récidive. Aussi appelée rechute, faire une récidive implique que l’intégralité des cellules cancéreuses n’avait pas été éliminée par les traitements et que le cancer revient. Ce risque diminue au cours du temps et devient négligeable au bout de 5 ans pour une majorité de cancers.

Quant au mot guérison, il est rarement prononcé par l’oncologue. Tout simplement parce que le risque de récidive n’est jamais nul. Or la guérison implique la disparition totale et définitive du cancer.

La vie après le cancer : entre légèreté et conscience

La vie après un cancer est remplie de paradoxes. Je suis en rémission mais je ne suis pas guérie, je ne suis plus malade mais je suis toujours une patiente en Affection Longue Durée (ALD). Aujourd’hui, mon cancer est comme un vieux cauchemar lointain. Je suis reconnaissante qu’il m’ait davantage fait grandir que souffrir. Certains vivent un vrai cancer blues : j’ai réussi, avec l’aide de mon entourage, à laisser cette épreuve me façonner en une personne plus combative, résiliente, et plus joyeuse aussi.

Avoir un cancer à 21 ans m’a fait prendre conscience de l’impact que je peux avoir sur ma santé. Je suis soigneusement les recommandations en terme de dépistage (par exemple frottis tous les 3 ans ou encore examens dermatologique et dentaire annuels) et j’ai adopté une hygiène de vie qui limite les facteurs de risque connus du cancer. Je cherche l’équilibre délicat entre légèreté et conscience, et surtout je mets mon expérience vécue au service d’autres patients !



Sources :
Institut National du Cancer

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