L’histoire de Lila, 27 ans, atteinte de la maladie de Morphée

Par Olivia Derrien le 18 septembre 2020
témoignage maladie morphée

Il y a un an, Lila* décide de recourir à la mésothérapie pour amincir son ventre. Peu de temps après, des petites tâches rouges apparaissent au niveau des points d’injection et s’étendent de plus en plus. Aujourd’hui Lila est très inquiète, depuis qu’elle est enceinte les tâches sont devenues noires.

 

L’apparition de plaques inquiétantes sur la peau

La mésothérapie consiste à injecter un produit à faible dose sous la peau, au niveau d’une zone à traiter. Grâce à cette technique, on évite la circulation du produit dans tout l’organisme : le traitement est local. Aucune recherche scientifique n’a pour l’instant validé l’efficacité de cette technique. Pourtant, elle est utilisée par certains praticiens afin de traiter des douleurs, des infections ORL ou encore à des visées esthétiques.

 

Lila, complexée par son ventre, décide de faire des séances de mésothérapie auprès d’un médecin généraliste pour perdre de la masse graisseuse. Après la dernière séance, elle remarque l'apparition de petites tâches rouges au niveau des points d’injection, tâches qui deviennent rapidement des plaques. Lila retourne donc voir le médecin qui lui indique qu’elle fait très certainement une réaction allergique. Mais les plaques ne disparaissent pas. Au contraire, elles s’étendent et depuis sa grossesse, elles sont devenues noires. Elle a à présent des plaques au niveau de la poitrine et des aisselles. Sa peau s’est asséchée, par endroit elle s’est durcit, et à d’autres elle est devenue luisante. Elle consulte un dermatologue qui lui prescrit une crème à base de corticoïdes, elle l’applique sur ses plaques pendant deux mois puis arrête car elle découvre sa grossesse. Aucune amélioration n’a pu être observée grâce à ce traitement

 

Afin de comprendre mieux ce qui lui arrive, elle décide de prendre un deuxième avis médical auprès de deuxiemeavis.fr, dont elle découvre l’existence sur internet. 

 

Un deuxième avis qui pose le diagnostic de la maladie de Morphée

En 24 heures, Lila reçoit l’avis détaillé d’un Professeur en dermatologie sur son dossier médical. L’expert établit d’emblée le diagnostic à l’aide des photos et des éléments du dossier médical envoyés par la patiente : elle souffre de la maladie de Morphée. Il indique à Lila qu’une biopsie confirmatoire n’est même pas utile tant les symptômes qu’elle présente sont caractéristiques de la maladie de Morphée. C’est une maladie rare où le derme devient fibreux et se laisse donc moins bien plisser, ce qui provoque l’apparition de lésions. Le médecin expert explique à la patiente que la cause de la maladie de Morphée est inconnue, mais qu’il existe des prédispositions génétiques. Un traumatisme déclencheur est rapporté dans 25 % des cas. Dans le cas de Lila, la mésothérapie aurait été le facteur déclencheur.

 

La maladie de Morphée est parfois appelée sclérodermie localisée, mais selon le Professeur, c'est une mauvaise désignation. En effet, il ne faut pas confondre la maladie de Morphée avec la sclérodermie, car c’est une maladie grave potentiellement mortelle alors que les Morphées sont surtout responsables d’un préjudice esthétique.

 

Les traitements sont plutôt réservés aux formes évolutives avec induration profonde de la peau, ils associent de la cortisone et un immunosuppresseur. Ces traitements peuvent induire certains effets indésirables tels que la baisse des défenses immunitaires, des risques d’infection, la prise de poids, du diabète, de l’hypertension, etc. Et ils imposent une surveillance importante. Lila, elle, souffre d’une forme bénigne dont le problème est surtout esthétique, mais le médecin lui explique qu’il est quand même possible d’envisager un traitement à titre exceptionnel. Il met en grade la patiente, le traitement immunosuppresseur est contre indiqué pour les femmes enceintes, elle pourra seulement bénéficier d’un traitement à la cortisone. Cela permettra de stopper l’évolution des lésions récentes, mais en aucun cas elle ne pourra faire disparaître la pigmentation. Seul le temps atténuera la couleur des plaques. 

 

L’expert explique à Lila que dans 50 % des cas de maladie de Morphée, les patients sont également atteints d’un lichen scléreux génital. Il s’agit d’une dermatose vulvaire qui se manifeste le plus souvent par un prurit de la vulve, un changement de couleur (blanc nacré) et de texture. Il est essentiel de le dépister et de le traiter, car il peut entraîner des dégâts irréversibles et peut dans de rares cas se cancériser. Le médecin expert lui recommande donc de faire un examen de dépistage chez son dermatologue, tout en lui précisant que cela peut attendre la fin de la grossesse et même le retour de couche.

 

Lila est très satisfaite de l’avis de l’expert qu’elle a trouvé très clair et extrêmement complet. Elle possède désormais toutes les informations nécessaires pour prendre en charge au mieux sa maladie. Malgré l’aspect inesthétique que représentent ses lésions, elle peut se rassurer sur le fait qu’il n’y a pas de critère de gravité

 

Nous lui souhaitons bon courage pour la suite de son parcours de soin.

 

Vous vous posez aussi des questions sur votre traitement ? Un deuxième avis médical peut vous être utile. N’hésitez pas à en parler à votre médecin !

 

*Pour des raisons de confidentialité et de protection de la vie privée, le nom des personnes a été changé.

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