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Chirurgie cardiaque : quand y avoir recours ?

Par Fanny Bernardon le 23 novembre 2020
chirurgie cardiaque quand y avoir recours

La chirurgie cardiaque concerne toutes les opérations chirurgicales sur le cœur, mais aussi sur les vaisseaux sanguins cardiaques et thoraciques. La décision d’opérer n’est jamais anodine et nécessite d’avoir bien compris le déroulement de l’intervention et la balance bénéfices-risques.

 

Dans cet article, découvrez dans quelles situations avoir recours à une chirurgie cardiaque.

 

Une chirurgie cardiaque à la naissance

 

Les malformations cardiaques congénitales désignent les anomalies dans la structure du cœur qui ont lieu lors du processus de formation de l’embryon ou du fœtus. Il peut s’agir du rétrécissement du diamètre d’un vaisseau ou d’une valvule (sténose), d’une communication anormale entre la partie gauche et la partie droite du cœur (shunts gauche-droite) ou encore d’une anomalie menant au mélange du sang non oxygéné (bleu) avec le sang oxygéné (rouge).

 

Certaines malformations sont graves, d’autres non. Certaines nécessitent une opération en urgence du nouveau-né tandis que d’autres personnes pourront grandir et vivre normalement avec une anomalie (parfois même sans s’en rendre compte).

 

Une chirurgie cardiaque en urgence, suite à un accident cardiovasculaire

 

Certaines pathologies requièrent une intervention chirurgicale en urgence. C’est le cas de l’infarctus du myocarde dans sa phase aiguë. Lorsque les premiers signes d’infarctus du myocarde sont apparus il y a moins de 90 minutes, les médecins réalisent une angioplastie qui vise à dilater les parois de l’artère obstruée à l’aide d’un ballonnet gonflable (inséré dans l’artère grâce à un cathéter). L’angioplastie s’accompagne généralement de la pose d’un stent. Petit dispositif en forme de tube ou de ressort métallique, il est placé dans l’artère afin de la maintenir ouverte et de permettre la circulation sanguine.


A noter que, dans le cas de l’infarctus du myocarde, si plus de 90 minutes ont passé après le début des symptômes, alors les médecins vont plutôt pratiquer une thrombolyse. Il s’agit d’injecter des médicaments pour désobstruer l’artère.

 

Une chirurgie cardiaque lorsqu’une maladie s’aggrave

 

Vous vivez avec une tachycardie ventriculaire, vous avez pris des médicaments anti-arythmiques pour éviter les épisodes où votre rythme cardiaque s’emballe. Un défibrillateur automatique implantable vous a peut-être été posé. Dans certains cas, vous pouvez être éligible à une ablation cardiaque. Il s’agit de “brûler” les parties du cœur qui sont responsables de la tachycardie. L'ablation de la tachycardie n'est pas indiquée pour tous les types de tachycardie ventriculaire et ce n'est pas toujours la première option de traitement. N’hésitez pas à discuter de vos options de traitement avec votre médecin.

 

De la même manière, vous souffrez peut-être d’une insuffisance mitrale (valvulopathie ayant pour conséquence un reflux du sang du ventricule gauche vers l’oreillette gauche). L’ECG et l’échographie cardiaque montrent que votre fonction cardiaque s’est dégradée. Il faut alors peut-être songer à opérer, si les médicaments ne sont plus suffisants. Le chirurgien pourra parfois réparer la valve (chirurgie réparatrice) lors d’une opération à cœur ouvert ou poser une prothèse mécanique ou biologique si la valve ne peut pas être réparée.


Autre exemple : en cas d’insuffisance coronarienne, dans les stades les plus avancés, un pontage coronarien peut être proposé. Un morceau de vaisseau sanguin de la jambe, du bras ou du thorax est prélevé et greffé pour créer un nouveau chemin d'irrigation du cœur en contournant la partie rétrécie. Intervention à cœur ouvert, sous anesthésie générale, elle est habituellement proposée à des personnes dont plusieurs artères sont bloquées ou dont le blocage est situé à un endroit peu accessible pour poser un stent.

 

Une chirurgie cardiaque en prévention

 

Vous avez déjà entendu le mot « DAI » ? Il s’agit d'un défibrillateur automatique implantable dont le but est de pouvoir arrêter des accélérations cardiaques importantes dans le cas des tachycardies ventriculaires ou de la fibrillation ventriculaire par exemple. Ces pathologies peuvent en effet provoquer un arrêt cardiaque si elles ne sont pas rapidement stoppées. Un défibrillateur automatique implantable peut être proposé à des patients ayant des troubles du rythme cardiaque graves, avec un risque de récidive que les médicaments ne contrôlent pas, ou bien à des patients n'ayant pas de troubles du rythme cardiaque mais étant atteints d’une maladie cardiaque à haut risque de survenue de ces troubles (comme un infarctus du myocarde étendu, certaines maladies génétiques, insuffisance cardiaque avec cœur dilaté, ...). La pose d’un défibrillateur automatique implantable est généralement décidée en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP).

Aggravation d’une maladie, accident… Parfois une maladie cardiaque nécessite de prendre des décisions très importantes rapidement, notamment en termes de chirurgie. Trop attendre implique parfois de ne plus pouvoir opérer. Toute opération chirurgicale requiert la compréhension et ainsi l’adhésion du patient. C’est pourquoi un deuxième avis auprès d’un spécialiste de votre pathologie cardiaque peut vous être utile.  

 

SOURCES :

- Coeuretavc.ca, Chirurgies et autres interventions https://www.coeuretavc.ca/coeur/traitements/chirurgies-et-autres-interventions

- Ameli.fr  https://www.ameli.fr/paris

- Société Française de Cardiologie https://sfcardio.fr/

- Fédération Française de Cardiologie https://www.fedecardio.org/

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