
SOPK
SOPK et fertilité : comprendre et optimiser vos chances de conceptionPar Lénaig Le Guen le 17/09/2026
Revue par le Pr Brigitte Dreno, Onco-dermatologue
Mise à jour le 14/09/2026
La rosacée est une maladie inflammatoire chronique de la peau qui touche principalement le visage.
Elle fait partie des maladies inflammatoires de la peau. On parle aussi de « dermatose faciale », car elle atteint préférentiellement, voire exclusivement, le visage. C'est l'une des pathologies dermatologiques les plus courantes.
La rosacée touche le plus souvent :
des femmes entre 40 et 50 ans ;
des personnes de carnation claire, dites de « phototype II ou III » ;
des personnes aux cheveux clairs, aux yeux clairs et à la peau claire.
Plusieurs éléments peuvent déclencher ou aggraver une rosacée. Parmi les facteurs de risques identifiés, on retrouve :
le climat continental ;
le travail à la chaleur ou l’exposition au soleil ;
au contraire, le froid.
L'exposition au soleil a aussi tendance à aggraver une rosacée déjà présente.
La rosacée peut altérer la qualité de vie. Son caractère parfois très visible ne doit pas être négligé dans la prise en charge globale de la maladie.
Le saviez-vous ?
Sur la peau saine, un petit acarien appelé Demodex vit naturellement à l'entrée des follicules. Chez les personnes atteintes de rosacée, on le retrouve en bien plus grande quantité. Cette découverte explique en partie pourquoi certains traitements antiparasitaires fonctionnent bien contre la maladie.
Un deuxième avis permet de confirmer le diagnostic et d'explorer toutes les options de traitement disponibles.
Demander un deuxième avis pour votre rosacée peut vous aider à :
vous assurer que le bon diagnostic a été posé ;
mieux connaître votre maladie et l'ensemble des traitements disponibles pour votre prise en charge ;
vérifier que votre traitement est optimal et adapté à vos attentes ;
obtenir un avis d'expert si vous présentez une forme sévère de la maladie, plus difficile à prendre en charge ;
poser toutes vos questions à un dermatologue.
Voici des questions à préparer avant votre consultation :
La rosacée est-elle fréquente ?
Existe-t-il une prédisposition génétique ?
Y a-t-il des facteurs pouvant aggraver ma rosacée ?
En combien de temps le traitement introduit va-t-il être efficace ?
Existe-t-il des règles hygiéno-diététiques à suivre ?
Quels sont les risques d'avoir une atteinte de mes yeux ?
Quels sont les effets secondaires possibles des traitements ?
Mais aussi toutes les autres questions spécifiques que vous vous posez.
Plusieurs éléments sont utiles à transmettre lors d’une demande d’un deuxième avis :
des photographies de vos lésions cutanées, si possible avant et après un traitement ;
la liste de l'ensemble des traitements déjà essayés et leur efficacité respective ;
le résultat d'une biopsie cutanée, si un prélèvement a déjà été réalisé.
Face à un problème de santé sérieux, deuxiemeavis.fr vous permet d’obtenir en moins de 7 jours un avis médical complémentaire sur dossier, par un médecin spécialiste de la pathologie.
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Le dermatologue est le spécialiste de référence pour la rosacée.
C'est lui qu'il faut consulter pour demander un deuxième avis : il s'agit du spécialiste des pathologies cutanées de manière générale. Découvrez nos conseils pour trouver un dermatologue adapté à votre situation.
La rosacée se manifeste par des signes variés. Elle évolue en 3 stades, qui peuvent coexister chez un même patient : vasculaire, papulo-pustuleux et fibreux ou hypertrophique.
Ce sont les signes les plus fréquents :
des flushs, c'est-à-dire l'apparition brutale d'une sensation de chaleur et de rougeur du visage, qui dure au moins une dizaine de minutes ;
ces flushs peuvent être déclenchés par des changements brutaux de température, la prise d'alcool, ou la consommation de boissons ou de plats chauds ou épicés ;
une rougeur permanente du visage, qu'on appelle aussi « couperose », qui s'efface lorsqu'on appuie dessus, associée à de petits vaisseaux dilatés visibles appelés télangiectasies.
Cette forme se traduit par des boutons rouges de moins d'un centimètre et des boutons à tête blanche, qui se développent sur les zones de rougeur. Cette tête blanche n'est pas du pus, mais l'accumulation de cellules de défense de la peau. Ces boutons sont localisés notamment au niveau des joues, du menton et du front.
Cette forme peut ressembler à une acné du visage, mais l'absence de points noirs ou de points blancs permet de faire la différence.
Cette forme concerne presque exclusivement les hommes. Elle se traduit par un épaississement de la peau, parfois très important, notamment au niveau du nez, ce qu'on appelle un rhinophyma. Cette forme peut aussi atteindre les oreilles, le front, le menton ou les paupières.
Des symptômes touchant les yeux sont retrouvés dans une partie des cas de rosacée. Ils se traduisent essentiellement par :
une sécheresse oculaire ;
des épisodes de conjonctivite ;
des blépharites, c'est-à-dire une inflammation des paupières.
Le plus souvent, aucun signe clinique n'est présent. C'est pourquoi il est recommandé de réaliser un examen ophtalmologique dès qu'un diagnostic de rosacée est posé pour la première fois.
Le diagnostic de la rosacée repose uniquement sur l'examen de votre peau par votre médecin, sans autre examen nécessaire.
Aucune prise de sang ni aucun examen d'imagerie n'est requis pour confirmer une rosacée : le diagnostic clinique suffit.
Certaines maladies de peau ressemblent à la rosacée mais se soignent différemment :
|
Maladie |
Comment la différencier |
|
Toujours des points noirs ou des points blancs, absents dans la rosacée |
|
|
Petites peaux qui se détachent, absentes dans la rosacée ; touche plutôt les sourcils, les côtés du nez et le cuir chevelu |
Il existe aussi une forme particulière où la rosacée s'associe à une peau grasse (hyperséborrhée) : on parle alors de « dermatose mixte du visage ».
Le traitement est choisi selon les symptômes que vous présentez, et plusieurs traitements peuvent être associés en même temps.
Contre les bouffées de chaleur, votre médecin peut vous proposer un bêtabloquant ou de la clonidine. Ces médicaments sont habituellement utilisés pour le cœur ou la tension artérielle. Dans le cas de la rosacée, le résultat sur les rougeurs peut être variable selon les patients
.
Une crème à base de brimonidine peut aussi être prescrite contre les rougeurs du visage. Son effet est rapide, en quelques minutes, mais il ne dure que 4 à 5 heures. Il faut donc renouveler l'application chaque jour. Cette crème n'agit pas sur les petits vaisseaux dilatés. Elle est disponible uniquement sur ordonnance et n'est pas remboursée par l'Assurance Maladie.
Les petits vaisseaux dilatés visibles, ainsi que les rougeurs permanentes, répondent mieux au laser vasculaire qu'aux crèmes. Les séances sont réalisées de préférence en hiver, sur une peau non bronzée, sous anesthésie locale par crème. Après la séance, un peu de rougeur, de gonflement ou de petites croûtes peuvent apparaître pendant quelques jours, avant de disparaître. Ces séances ont une visée esthétique et ne sont pas remboursées.
Lorsque l'atteinte reste modérée, un traitement local suffit souvent :
une crème antiparasitaire à base de métronidazole ou d'ivermectine ;
l'acide azélaïque à 15 %, qui agit contre l'inflammation.
Les dermatologues prescrivent souvent le métronidazole en premier choix car il est remboursé par l’Assurance maladie et efficace. L'ivermectine donne d'excellents résultats, parfois encore meilleurs que le métronidazole, mais elle n'est pas remboursée par l'Assurance Maladie, ce qui peut orienter le choix initial.
L'acide azélaïque donne également de bons résultats sur les boutons et sur les rougeurs mais il provoque un peu plus souvent des irritations locales que le métronidazole. Il n'a pas d'effet sur les petits vaisseaux dilatés.
Si les boutons persistent, un traitement par comprimés peut être ajouté : la doxycycline, un antibiotique pris à faible dose pour son effet anti-inflammatoire plutôt qu'anti-infectieux. Elle réduit les boutons mais n'agit pas sur les rougeurs ni sur les petits vaisseaux. Ce traitement rend la peau plus sensible au soleil : une protection solaire est indispensable pendant toute sa durée. En cas d'allergie à cette famille d'antibiotiques ou pendant la grossesse, un macrolide est utilisé à la place.
Une fois le traitement par comprimés terminé, il est important de continuer la crème au métronidazole en entretien, pour éviter que les boutons ne réapparaissent.
Dans les formes très sévères et résistantes aux autres traitements, l'isotrétinoïne peut être proposée à faible dose, pendant 3 à 4 mois.
Lorsque la peau du nez s'épaissit de façon importante, le laser peut être efficace. Une intervention chirurgicale ou une dermabrasion, qui consiste à poncer les couches superficielles de la peau, peuvent aussi être proposées pour redonner au nez une forme plus régulière.
Ces interventions se déroulent le plus souvent sous anesthésie locale. Pour les remodelages plus étendus, une anesthésie générale peut être nécessaire.
Après l'intervention, un pansement non collant protège la zone traitée. Un nettoyage doux est réalisé deux fois par jour jusqu'à cicatrisation complète, et la zone doit être protégée du soleil pendant plusieurs mois.
Votre médecin peut prescrire des antibiotiques par voie orale, éventuellement associés à un collyre.
Des soins d'hygiène quotidiens sont recommandés le soir : appliquer une compresse tiède sur les paupières pendant dix minutes, puis masser doucement les paupières, et rincer les yeux au sérum physiologique. En cas de sécheresse, des larmes artificielles sans conservateur peuvent soulager l'inconfort.
|
Traitement |
Agit surtout sur |
Remboursé en France ? |
|
Métronidazole (crème) |
Boutons rouges et à tête blanche |
Oui |
|
Acide azélaïque |
Boutons et un peu les rougeurs |
Oui |
|
Ivermectine (crème) |
Boutons rouges et à tête blanche |
Non |
|
Doxycycline (comprimés) |
Boutons persistants |
Oui |
|
Brimonidine (crème) |
Rougeurs du visage |
Non |
|
Laser vasculaire |
Petits vaisseaux dilatés, rougeurs permanentes |
Non (visée esthétique) |
Après le début d'un traitement, une consultation de contrôle a généralement lieu après quatre à huit semaines. Après une séance de laser, les petites rougeurs ou croûtes disparaissent en quelques jours ; après une intervention sur le nez, comptez plusieurs semaines de cicatrisation et une protection solaire prolongée.
La rosacée est une maladie chronique qui évolue par poussées : un suivi régulier avec votre dermatologue permet d'adapter le traitement et d'éviter les rechutes à l'arrêt.
À retenir :
Consultez en urgence en cas de douleur oculaire, de gêne importante à la lumière ou de baisse de la vision. Consultez rapidement aussi si l'épaississement du nez s'aggrave vite, ou si vos boutons ne s'améliorent pas après trois mois de traitement bien suivi.
Si votre rosacée nécessite un traitement par comprimés, notre article sur les médicaments par voie orale utilisés en dermatologie répond à vos questions.
Pour mieux comprendre le déroulement d'une intervention sur le nez, consultez notre article sur la chirurgie dermatologique.
Si un prélèvement cutané vous a été proposé, découvrez à quoi vous attendre grâce à notre article sur la biopsie de la peau.
Pour en savoir plus sur le rôle des associations de patients en dermatologie, consultez notre article dédié : les associations de patients en dermatologie, pour qui, pour quoi.

Dermatologue
Hôpital Saint-Louis

Onco-dermatologue
CHU Nantes - Hôpital Nord Guillaume et René Laennec


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