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Syndrome de congestion pelvienne

Revue par le Dr Marine Bravetti, Radiologue interventionnel
Mise à jour le 09/06/2026

Définition
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Qu'est-ce qu'un syndrome de congestion pelvienne ?

Le syndrome de congestion pelvienne (SCP), ou insuffisance veineuse abdomino-pelvienne, constitue une cause sous-évaluée de douleurs pelviennes chroniques. Les varices se forment dans votre bassin parce que le sang y stagne ou y reflue. Plus les veines se dilatent pour former ces varices, plus le sang circule mal. Cela empire la situation de manière progressive.

Ce syndrome est le plus souvent secondaire à un dysfonctionnement d’une ou plusieurs veines du système génital. Cela peut inclure les veines du pelvis, du périnée, les veines ovariennes et la veine rénale gauche.

Veines normales

Varices

 

 

Qui est concerné ?

Chez l’homme, la même dysfonction peut exister. Elle s’appelle le varicocèle. Les varices s’accumulent chez lui autour du testicule, le plus souvent gauche.

Chez les femmes, les facteurs favorisants sont essentiellement les grossesses. En effet, à chaque grossesse, la veine ovarienne gauche peut se dilater. Après la grossesse, elle peut se mettre à circuler dans le « mauvais sens ». Ce phénomène participera à l’apparition des varices et des douleurs qui peuvent en résulter du fait de cette congestion veineuse.

Certaines patientes nullipares (c’est-à-dire sans grossesse) peuvent avoir des varices. Ces dernières restent souvent secondaires à des facteurs anatomiques comme le rétrécissement de la veine rénale gauche ou de la veine iliaque primitive gauche.

Quelles sont les causes ?

Le point de départ réside dans le dysfonctionnement d'une ou plusieurs veines du système génital. La stagnation ou le reflux du sang dilate progressivement les vaisseaux du bassin.

Comment évolue la maladie ?

Dans la plupart des cas, le sang circule bien dans les veines dilatées. Malgré cette dilatation, les patientes sont totalement asymptomatiques.

À retenir

Si un examen d’imagerie détecte des varices pelviennes et que vous n’avez pas de douleurs, AUCUNE prise en charge n’est nécessaire.

Le SCP peut être associé à d’autres pathologies gynécologiques, notamment l’endométriose. Un diagnostic n'exclut pas l’autre. Seule une prise en charge globale permet d’aller mieux.

 

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Quel est l'intérêt d'un deuxième avis pour un syndrome de congestion pelvienne ?

Le syndrome de congestion pelvienne est évoqué tardivement car les symptômes sont comparables, bien que différents, à d’autres pathologies. On pense notamment à l’endométriose, l’adénomyose, un syndrome du côlon irritable ou une infection pelvienne chronique. Il peut être un diagnostic différentiel ou un diagnostic associé de ces pathologies.

Le diagnostic se fait grâce à une consultation auprès d’un radiologue interventionnel. Il existe cependant peu de spécialistes sur l’ensemble du territoire.

Un deuxième avis permettra donc d’évoquer le syndrome de congestion pelvienne. Il aidera à orienter les examens complémentaires et à juger de l’intérêt d’un traitement par embolisation, tout en vous adressant auprès des spécialistes référencés.

Quelles questions poser à un expert ?

  • Comment savoir si je suis atteinte d’une endométriose et ou d’un syndrome de congestion pelvienne ?

  • Quel est le traitement le plus adapté à ma situation ?

  • Comment réussir à diminuer la douleur pelvienne en cas de crises ? Quelles sont les positions la soulageant ?

  • Quelles seront les conséquences de ce syndrome sur mes futures grossesses ?

  • Mais aussi toutes les questions spécifiques que vous vous posez.

 

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Quels sont les spécialistes du syndrome de congestion pelvienne ?

Les spécialistes qui traitent ce syndrome sont les radiologues interventionnels.

Une consultation auprès d’un médecin vasculaire spécialisé, comme un angiologue, peut permettre également d’affiner le diagnostic.

Les examens qui permettent de le dépister sont l’IRM pelvienne et l’échographie doppler abdomino-pelvienne.

 

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Quels sont les symptômes du syndrome de congestion pelvienne ?

Les premiers symptômes vont être des douleurs au niveau pelvien, plus souvent à gauche. L’intensité et la localisation peuvent être extrêmement variables. Certaines positions, telles qu’être debout, s'avèrent un facteur aggravant.

Ces douleurs sont plus intenses et invalidantes en fin de journée et également la semaine précédant les règles. Cela engendre aussi des règles extrêmement douloureuses ainsi que des douleurs pendant ou faisant suite à un rapport sexuel. Des douleurs au niveau lombaire et des jambes sont également fréquemment retrouvées. Ces douleurs se voient améliorées par le décubitus et le repos.

En revanche, si des varices pelviennes sont détectées en imagerie (scanner, IRM, échographie doppler ou coelioscopie) et que vous avez les symptômes suivants, il faudra consulter un médecin spécialisé :

  • Douleurs pelviennes chroniques depuis plus de 6 mois.

  • Un type de pesanteur ou de lourdeur, localisée ou plus globale.

  • Douleurs orthostatiques — c’est-à-dire augmentées en position statique debout ou assise prolongée —, en fin de journée, calmées en position allongée.

  • Douleurs plus importantes en période pré-menstruelle.

  • Douleurs associées à des pesanteurs après les rapports : douleurs post-coïtales, parfois pendant les rapports (dyspareunie ).

Certaines femmes atteintes de SCP ne présentent pas ou peu de douleur pelvienne. Elles ressentent plutôt une douleur inguinale de la hanche, du plancher pelvien, des lombaires, ou des varices des membres inférieurs douloureuses, notamment pendant les règles. Il faudra alors consulter pour une prise en charge adaptée.

Les varices des membres inférieurs peuvent parfois être secondaires aux varices pelviennes. Il faut savoir les rechercher avant toute prise en charge angéiologique. L’examen clinique peut retrouver des varices de la vulve, du périnée, des fesses, de la face interne ou postérieure de la cuisse et des membres inférieurs. Il peut ne pas y avoir du tout de varices externalisées.

Enfin, en fonction de la localisation, on peut retrouver :

  • Des troubles mictionnels à type de dysurie — difficulté ou douleur à la miction — ou plus fréquemment des impériosités notamment nocturnes.

  • Des hémorroïdes.

  • Des douleurs aux membres inférieurs.

 

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Comment diagnostiquer le syndrome de congestion pelvienne ?

Le diagnostic est avant tout évoqué cliniquement. Il est assez courant que le gynécologue évoque le diagnostic après avoir visualisé des varices pelviennes basses lors d’une échographie transvaginale.

Le médecin vasculaire pourra réaliser un écho-doppler vasculaire veineux abdomino-pelvien. Cet examen sert à rechercher une compression de la veine rénale gauche dans la pince aorto-mésentérique — syndrome Nutcracker — et des varices latéro-utérines avec des manœuvres de Valsalva. De plus, il pourra faire une cartographie veineuse des membres inférieurs ainsi qu’une recherche de séquelles thrombotiques passées inaperçues.

L’IRM pelvienne constitue l’examen de référence pour confirmer la présence de varices pelviennes et orienter la prise en charge. Elle permettra de plus d’éliminer d’autres pathologies.

Le scanner n’est pas nécessaire au diagnostic. Cependant, si un scanner abdomino-pelvien a été réalisé dans les 5 ans, il est important de le fournir au médecin expert pour l’analyse exhaustive du dossier.

 

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Comment soigner le syndrome de congestion pelvienne ?

Quel est le traitement de référence ?

Le traitement de référence repose sur l’embolisation des varices pelviennes. Ce traitement se fait en radiologie interventionnelle en ambulatoire. Selon les centres et le matériel d’embolisation utilisé, une anesthésie (sédation ou anesthésie générale ) sera préconisée.

Il consiste en une ponction d’une veine fémorale, parfois brachiale, à la montée de guide et d’introducteurs (cathéter) jusqu’à la zone de traitement. Le geste vise à positionner un matériel d’embolisation, le plus souvent un agent liquide (colle ou implant d’embolisation liquide).

Ce traitement peut engendrer une réaction inflammatoire locale. Elle reste bien contrôlée par la prise d’antidouleurs ou d’anti-inflammatoires. L’amélioration clinique est observée dans les semaines ou les mois qui suivent le traitement. Ce traitement n’empêche pas d’avoir des grossesses ultérieures.

 

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Pour aller plus loin

Si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur les troubles circulatoires associés, vous pouvez consulter notre fiche sur l’insuffisance veineuse.

Afin d'en savoir plus sur les pathologies utérines similaires, découvrez notre fiche dédiée à l’adénomyose.

Pour mieux comprendre le déroulement de l'examen diagnostique, lisez notre article explicatif sur l’écho-doppler vasculaire.

 

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