
Gynécologie, urologie
Infertilité : quand consulter un spécialiste ?Par Philippine Picault le 16/12/2024
Revue par le Dr William Akakpo, Chirurgien urologue
Mise à jour le 28/09/2026
La nécrozoospermie est une anomalie du sperme qui se traduit par un nombre important de spermatozoïdes morts.
Il existe deux degrés de nécrozoospermie, aussi appelée nécrospermie :
Le saviez-vous ?
La nécrozoospermie reste une cause rare d'infertilité masculine. Elle ne concerne qu'une petite minorité des hommes suivis pour un problème de fertilité.
La nécrozoospermie a plusieurs origines possibles :
Parfois, aucune cause n'est retrouvée. La nécrozoospermie fait partie des nombreuses pathologies pouvant être à l'origine d'une infertilité masculine.
Un deuxième avis vous aide à mieux comprendre votre nécrozoospermie et à aborder votre parcours de PMA avec plus de confiance.
L'infertilité masculine a un lourd impact psychologique. Elle fait encore trop souvent l'objet de tabous.
Un deuxième avis est donc tout à fait pertinent. Il vous permet de mieux comprendre les particularités de la nécrozoospermie, par rapport aux autres causes d'infertilité masculine.
Aujourd'hui, les méthodes de PMA, la procréation médicalement assistée, peuvent souvent remédier à l'infertilité dans ces situations. Mais pour surmonter l'épreuve de la PMA, vous et votre partenaire devez bien connaître chaque étape du parcours à l'avance.
C'est pourquoi il est utile de prendre un deuxième avis auprès d'un spécialiste. Mieux informés, vous pourrez tous les deux mieux vous préparer, vous investir activement, et surmonter ensemble ce parcours éprouvant pour votre relation.
Le témoignage d'un homme confronté à une infertilité masculine peut aussi vous aider à vous sentir moins seul face à ce diagnostic.
Mais aussi toutes les questions spécifiques que vous vous posez.
Face à un problème de santé sérieux, deuxiemeavis.fr vous permet d’obtenir en moins de 7 jours un avis médical complémentaire sur dossier, par un médecin spécialiste de la pathologie.
* 1ère société à mission en santé en France
Le médecin référent pour la nécrozoospermie est un médecin de la reproduction, un urologue ou un andrologue.
Tous sont spécialisés dans l'appareil génital masculin. Ils traitent les maladies qui s'y rapportent.
L'urologue s'occupe aussi des maladies touchant l'appareil urinaire. L'andrologue traite en plus les problèmes d'infertilité.
Bien souvent, un même médecin cumule ces deux spécialités.
Si un parcours de PMA est engagé, un gynécologue spécialisé dans l'infertilité et un biologiste de la reproduction interviennent aussi, pour accompagner votre partenaire et réaliser la fécondation en laboratoire.
La nécrozoospermie ne provoque aucun symptôme physique visible : elle se traduit surtout par une difficulté à concevoir un enfant.
La nécrospermie se manifeste par une difficulté, voire une incapacité, à procréer. Dans 20 % des cas, l'infertilité d'un couple est d'origine strictement masculine.
Cette absence de symptôme visible explique pourquoi la nécrozoospermie n'est découverte qu'à l'occasion d'un bilan d'infertilité. Elle ne doit pas être confondue avec une simple difficulté à concevoir passagère : la différence entre infertilité et stérilité mérite d'ailleurs d'être bien comprise avant de s'inquiéter.
Le diagnostic repose sur un spermogramme, confirmé par un second examen, puis complété par une recherche de la cause.
Le diagnostic repose d'abord sur un prélèvement de sperme. Il est recueilli par masturbation, après une période d'abstinence sexuelle de 2 à 5 jours.
Ce sperme est analysé lors d'un spermogramme. Cet examen étudie la quantité, la forme et la vitalité de vos spermatozoïdes. Il doit être analysé le plus rapidement possible après le recueil, pour donner un résultat fiable.
Pour repérer les spermatozoïdes morts, le biologiste utilise un colorant spécial. En mourant, les spermatozoïdes perdent l'étanchéité de leur membrane. Ce sont donc les seuls à se colorer, ce qui les rend facilement repérables au microscope.
Si ce premier spermogramme montre une anomalie, un second examen est systématiquement demandé, environ 3 mois plus tard.
Ce délai correspond au temps nécessaire à votre corps pour fabriquer de nouveaux spermatozoïdes. Il permet de vérifier que l'anomalie est bien durable, et non passagère.
En complément, votre médecin réalise un examen clinique. Il palpe vos testicules et l'épididyme, la petite structure logée juste derrière chaque testicule.
Une échographie testiculaire peut aussi être demandée. Elle recherche une cause visible, comme une varicocèle, une dilatation des veines du testicule.
Enfin, une analyse bactériologique du sperme, appelée spermoculture, permet de rechercher une infection. C'est en effet une des causes les plus fréquemment retrouvées.
D'autres pistes peuvent être explorées selon votre situation : présence d'anticorps dirigés contre vos propres spermatozoïdes, exposition prolongée à la chaleur, antécédent de chirurgie sur les testicules, ou certaines maladies plus générales.
Pour préparer votre demande de deuxième avis, réunissez le compte-rendu de votre dernière consultation avec votre médecin traitant ou votre spécialiste. Ce document permet à l'expert consulté de repartir de vos résultats déjà disponibles, sans refaire d'examens inutiles.
Le traitement associe, selon les cas, la prise en charge de la cause identifiée et le recours à une fécondation in vitro avec micro-injection.
Le choix du traitement dépend de plusieurs éléments :
Si une infection est retrouvée, un traitement antibiotique vous est proposé. Si une varicocèle est en cause, elle peut être corrigée par une petite intervention chirurgicale.
Dans certains cas, avoir des éjaculation plus fréquentes pourrait aider à améliorer la qualité du sperme. Elle doit être vue comme une aide complémentaire, plutôt qu'un traitement à elle seule.
Lorsque le traitement de la cause ne suffit pas, ou qu'aucune cause n'est retrouvée, il faut le plus souvent recourir à une méthode de procréation médicalement assistée. Elle est choisie selon la gravité de votre nécrozoospermie.
La fécondation in vitro avec micro-injection, la FIV-ICSI, est le traitement privilégié. Pour vous, elle ne se déroule pas différemment d'une FIV classique. C'est au niveau de la technique que la différence se joue.
Des ovocytes sont prélevés chez votre partenaire. Le biologiste choisit ensuite, parmi vos spermatozoïdes, celui qui présente les meilleures caractéristiques, et l'introduit directement dans chaque ovocyte. L'ensemble est mis en incubation. Après 2 à 5 jours, l'embryon obtenu est transféré dans l'utérus de votre partenaire.
Lorsque la nécrozoospermie est totale, c'est-à-dire qu'aucun spermatozoïde mobile n'est visible, le biologiste doit d'abord vérifier si certains spermatozoïdes immobiles sont malgré tout vivants. Deux méthodes de laboratoire existent :
| Méthode utilisée au laboratoire | Comment elle agit | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Test de gonflement | Un liquide spécial fait gonfler la queue des spermatozoïdes vivants, qui deviennent alors reconnaissables. | Méthode ancienne et bien maîtrisée. Les résultats de fécondation sont un peu moins bons qu'avec l'autre méthode. |
| Pentoxifylline | Cette molécule, ajoutée à l'échantillon en laboratoire, réveille la mobilité des spermatozoïdes vivants. | Donne souvent d'excellents résultats de fécondation. Un léger surcroît de risque de fausse couche a toutefois été observé, ce qui pousse certaines équipes à rester prudentes. |
Si aucun spermatozoïde vivant n'est retrouvé dans l'éjaculat, un prélèvement chirurgical directement dans les testicules peut être proposé. Cette intervention se déroule au bloc opératoire, sous anesthésie locale, locorégionale ou générale selon l'équipe qui vous suit. Elle consiste à prélever un petit fragment de tissu testiculaire, pour y rechercher des spermatozoïdes utilisables. Cette approche est aussi discutée pour d'autres pathologies proches, comme l'oligospermie ou l'oligo-asthéno-tératospermie.
En cas d'échec de l'ensemble de ces techniques, une PMA avec don de sperme, voire une démarche d'adoption, pourront être envisagées avec vous.
Après un prélèvement chirurgical testiculaire, un repos de quelques jours est conseillé. Une gêne ou un léger hématome du scrotum peuvent apparaître ; ils se calment en général avec de simples antalgiques.
Si un traitement de la cause a été mis en place, un nouveau spermogramme de contrôle est réalisé environ 3 mois plus tard, le temps que votre corps renouvelle ses spermatozoïdes.
Sur le plus long terme, le suivi s'organise autour de votre projet de PMA. Chaque étape est réévaluée avec votre équipe médicale, jusqu'à l'obtention d'une grossesse ou la décision de changer d'approche. Un accompagnement psychologique peut vous être proposé à tout moment de ce parcours.
À retenir : consultez rapidement un médecin en cas de douleur testiculaire intense, de fièvre ou de gonflement inhabituel du scrotum. Ces signes peuvent indiquer une infection à traiter sans attendre.
Être accompagné, mieux comprendre sa maladie ou simplement ne pas rester seul face au diagnostic : les associations listées ci-dessous peuvent être un point d'appui à n'importe quelle étape de votre parcours.
Une nécrozoospermie peut s'associer à d'autres anomalies du sperme, comme l'azoospermie, l'asthénozoospermie ou la tératospermie.
Vous vous demandez à partir de quand consulter un spécialiste de l'infertilité ? Cette fiche vous guide pas à pas.
Découvrez aussi les différents traitements possibles de l'infertilité masculine.
Enfin, l'importance du soutien psychologique dans un parcours d'infertilité ne doit jamais être sous-estimée.


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