
Orthopédie
Orthopédie : les complications post-opératoires de la chirurgiePar Fanny Bernardon le 07/10/2019
Revue par le Pr Philippe Liverneaux, Chirurgien orthopédiste
Mise à jour le 18/06/2026
Le poignet est l'articulation qui relie l'avant-bras et la main. Il est formé de plusieurs éléments osseux : les os du carpe, au nombre de 8, répartis sur 2 rangées, le radius, un des deux os de l'avant-bras, et l'ulna, anciennement appelé cubitus, un des deux os de l'avant-bras.
Le poignet ne contient pas de muscles propres. En revanche, des tendons issus des muscles du bras et de l'avant-bras viennent s'y insérer. Ces muscles sont responsables de la mobilité active du poignet. On appelle tendon l'extrémité d'un muscle en forme de cordon qui s'accroche sur un os.
Une tendinite désigne une inflammation aiguë ou chronique d'un tendon. Cette inflammation peut se localiser à différents niveaux :
Le plus communément sur la gaine synoviale, c'est-à-dire la gaine qui entoure le tendon, dans laquelle le tendon peut glisser sur l'os grâce à un liquide gras appelé liquide synovial. On parle alors de ténosynovite.
Au niveau de l'insertion du ligament sur l'os. On parle alors d'apophysite ou enthésite.
Sur la bourse séreuse, c'est-à-dire une poche remplie de liquide permettant le glissement d'un tendon au-dessus d'un os. On parle alors de bursite.
Une tendinite peut être localisée à de multiples endroits du poignet et toucher différents tendons, par exemple l'extenseur ulnaire du carpe ou le fléchisseur radial du carpe.
Une tendinite est souvent la conséquence de la répétition de micro-traumatismes à cause d'une pratique professionnelle ou sportive récurrente. Elle peut aussi faire suite à un choc ou à un conflit entre le tendon et une partie de l'os atteint d'arthrose, maladie douloureuse due à une usure anormale du cartilage, le tissu qui recouvre l'os au niveau des articulations.
Pour éviter les tendinites, on préconise :
De bien s'échauffer avant toute activité sportive.
De faire des pauses régulièrement.
D'éviter les gestes répétitifs le plus possible.
De consulter un médecin du travail pour étudier l'ergonomie du poste de travail.
D'utiliser des orthèses ou attelles pour maintenir les poignets au repos.
Un deuxième avis est tout à fait pertinent dans le cadre d'une tendinite du poignet. En effet, si les traitements dits conservateurs, c'est-à-dire sans chirurgie, montrent de bons résultats chez la plupart des patients, la chirurgie peut être indiquée dans certains cas en l'absence d'amélioration.
Celle-ci nécessite une compréhension minutieuse du tableau clinique du patient afin d'effectuer les gestes les plus adaptés. Comme toute intervention, certaines complications ne sont pas exclues comme l'apparition d'adhérences, une luxation, une rupture tendineuse ou une algodystrophie.
De plus, il est primordial de supprimer la cause de la tendinite, sans quoi elle risquerait d'apparaître à nouveau. La coopération du patient est donc essentielle. Il doit par exemple comprendre et appliquer les gestes d'échauffement si sa pratique sportive est à l'origine de sa pathologie ou consulter un médecin du travail en cas de gestes professionnels répétitifs.
Dans tous les cas, un deuxième avis fournit des informations complémentaires au patient afin de choisir et d'adhérer pleinement à la stratégie thérapeutique la plus adaptée à sa situation.
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Un rhumatologue est le spécialiste des douleurs et des maladies des os, des articulations, des muscles et des tendons.
Un chirurgien orthopédiste spécialiste de la main est spécialiste des pathologies de l'appareil musculo-squelettique, c'est-à-dire les os, muscles, tendons, articulations et ligaments. Il doit être spécialiste du poignet.
Les symptômes d'une tendinite du poignet sont :
Des douleurs au niveau du poignet, de plus en plus intenses avec le temps. Elles surviennent majoritairement lors des mouvements et peuvent mener à une faiblesse musculaire voire empêcher le mouvement.
Une raideur du poignet, particulièrement au réveil.
Une sensation de craquement des tendons.
Des picotements et des engourdissements.
Un gonflement de l'articulation, une chaleur locale.
Une rougeur qui témoigne de l'inflammation.
Exceptionnellement, le tendon peut se rompre spontanément dans les cas les plus avancés.
Le diagnostic d'une tendinite du poignet repose avant tout sur l'examen clinique. Dans la majorité des cas, aucun examen d'imagerie n'est nécessaire en première intention.
Le médecin s'appuie sur des tests spécifiques selon le tendon suspecté. Pour la tendinite de De Quervain, le test de Finkelstein est le geste de référence : le médecin saisit le pouce et effectue une déviation brusque du poignet vers l'intérieur. Si cette manœuvre reproduit la douleur caractéristique, le test est positif. Il est plus fiable et moins douloureux que le test d'Eichhoff, souvent confondu avec lui. Des études rapportent une sensibilité de 84 % et une spécificité de 96 % pour ce test.
L'échographie est l'examen d'imagerie de première intention. Elle permet de visualiser l'état du tendon, de confirmer l'inflammation de sa gaine et, le cas échéant, de guider une infiltration de corticoïdes. L'IRM est réservée aux situations complexes ou aux doutes persistants après l'examen clinique et l'échographie.
Pour la tendinite du fléchisseur radial du carpe (FCR), le tendon chemine sur la face palmaire du scaphoïde et du trapèze. Cette anatomie particulière explique que la tendinopathie du FCR est fréquemment associée à une arthrose de l'articulation STT (scapho-trapézo-trapézoïdienne). L'IRM est l'examen le plus fiable pour confirmer ce diagnostic une fois suspecté.
La tendinopathie de l'extenseur ulnaire du carpe (ECU) se manifeste par une douleur sur la face dorsale et ulnaire du poignet. Elle est particulièrement fréquente chez les athlètes pratiquant des sports de raquette ou de crosse, en raison des mouvements répétitifs et de la mise en charge axiale du poignet. Le diagnostic repose sur l'examen clinique, complété si besoin par une échographie ou une IRM.
La prise en charge d'une tendinite du poignet débute toujours par des traitements conservateurs, sans chirurgie. La grande majorité des patients guérit sans intervention chirurgicale.
Le traitement de première intention associe une infiltration de corticoïdes à une immobilisation par attelle pendant 3 à 4 semaines. C'est la stratégie la mieux validée par la littérature scientifique pour la tendinite de De Quervain. Une grande méta-analyse de 2023 portant sur 1 663 patients confirme que cette combinaison améliore significativement la douleur et la fonction à court et moyen terme. 78 % des patients répondent favorablement à l'infiltration, avec un maintien des bénéfices jusqu'à 12 mois de suivi. L'injection guidée par échographie est associée à une réduction de la douleur supérieure aux injections réalisées sans guidage.
Le repos articulaire strict est la première mesure à mettre en place. L'attelle immobilise le tendon enflammé et lui permet de cicatriser. Les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens), par voie orale ou en gel local, complètent ce traitement pour soulager la douleur dans la phase aiguë.
La kinésithérapie ou l'ergothérapie joue un rôle important dès la phase de récupération. Le thérapeute guide le patient dans des exercices progressifs, adapte l'attellage et travaille sur la modification des gestes qui ont provoqué la tendinite. Cette étape est essentielle pour éviter la récidive.
Si les traitements conservateurs échouent après une à deux infiltrations, une intervention chirurgicale peut être proposée. Pour la tendinite de De Quervain, le chirurgien libère le premier compartiment extenseur. Pour la tendinite du FCR avec atteinte importante, une ténosynovectomie et une exérèse des ostéophytes du trapèze sont réalisées. En cas de rupture supérieure à 50 % du tendon, une procédure plus complexe est nécessaire. Pour l'ECU, la reconstruction du sous-compartiment avec un greffon du rétinaculum extenseur permet un retour au sport en moins de 100 jours en moyenne.

Chirurgien orthopédiste
Institut de la Main - Santé Atlantique

Chirurgien orthopédiste
CHU Strasbourg - Hôpital de Hautepierre


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Très bon accueil, très bonne écoute, les conseils donnés ont ouvert des possibilités de prise en charge intéressantes, merci beaucoup.
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