
Orthopédie
Orthopédie : les complications post-opératoires de la chirurgiePar Fanny Bernardon le 07/10/2019
Ajoutée le 12/12/2023
La maladie de Dupuytren est une affection de la paume de la main qui provoque progressivement la rétraction des doigts.
Elle est liée à un épaississement fibreux anormal — appelé fibrose — de l'aponévrose palmaire, une membrane située sous la peau de la paume de la main et des doigts. Cette fibrose entraîne :
des bosses ou nodules dans la paume de la main,
des plis cutanés et des cordes (brides fibreuses) le long des doigts,
une rétraction progressive des doigts, souvent les 4e et 5e doigts.
La maladie de Dupuytren a très souvent un caractère familial. Elle touche plus fréquemment les hommes de plus de 40 ans.
Oui. La maladie de Dupuytren peut s'associer à une atteinte fibreuse de la plante des pieds, appelée maladie de Ledderhose, ou plus rarement à d'autres parties du corps.
Un deuxième avis est particulièrement utile face à une maladie dont l'évolution est imprévisible et dont les options de traitement sont multiples.
Il s'agit d'une maladie d'évolution imprévisible : souvent bénigne, elle peut devenir très invalidante avec une rétraction plus ou moins sévère des doigts. Un deuxième avis permet de :
comprendre les alternatives thérapeutiques, notamment le choix entre les traitements percutanés et les différentes solutions chirurgicales,
éclairer la décision après l'échec d'un premier traitement,
orienter la prise en charge en cas de récidive.
On me propose une chirurgie : suis-je éligible à d'autres alternatives ?
Quels sont les bénéfices et les risques d'une chirurgie ?
Puis-je transmettre cette maladie à mes enfants ?
Mon hygiène de vie a-t-elle une impact sur l'évolution de la maladie ?
Dois-je faire des exercices de traction sur mes doigts ?
Existe-t-il des traitements médicamenteux ?
Des séances de kinésithérapie peuvent-elles m'aider ?
La maladie de Dupuytren peut-elle s'étendre à d'autres parties de mon corps ?
Vais-je devoir subir une greffe de peau ?
Et aussi toutes les autres questions spécifiques que vous vous posez.
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Trois spécialistes interviennent dans la prise en charge de la maladie de Dupuytren, selon le stade et le type de traitement envisagé.
Le rhumatologue est le spécialiste des maladies touchant l'appareil locomoteur. Il pose le diagnostic de la maladie et peut réaliser des traitements non chirurgicaux, notamment l'aponévrotomie percutanée à l'aiguille.
Le chirurgien de la main réalise le traitement chirurgical : il est l'interlocuteur principal pour les formes évoluées ou les récidives. Pour bien comprendre la différence entre ces deux spécialistes, vous pouvez consulter notre article sur la différence entre rhumatologue et orthopédiste.
Le médecin de Médecine Physique et de Réadaptation intervient en phase post-chirurgicale. Il propose des techniques pour améliorer les fonctions de la main et coordonne la rééducation.
La maladie de Dupuytren se manifeste par une rétraction progressive des doigts, caractéristiquement non douloureuse.
Elle peut entraîner des difficultés fonctionnelles dans les gestes du quotidien :
gêne pour saisir un objet,
difficulté pour les gestes du quotidien comme la toilette,
impossibilité de poser la main à plat sur une surface.
À retenir : L'absence de douleur est caractéristique de la maladie de Dupuytren. Ce n'est pas parce que vous ne souffrez pas que la maladie n'évolue pas. Une surveillance régulière est recommandée dès l'apparition des premiers nodules.
Le diagnostic de la maladie de Dupuytren repose sur l'examen clinique, sans aucun examen complémentaire nécessaire.
Le médecin procède à l'inspection et à la palpation de vos mains. Il évalue :
la présence de nodules et de cordes dans la paume,
le degré de rétraction de chaque doigt, mesuré à l'aide d'un goniomètre,
votre capacité à poser la main à plat sur une table — le test de la table — signal clé pour décider d'un traitement,
d'éventuelles atteintes associées, notamment à la plante des pieds.
Les médecins utilisent la classification de Tubiana pour évaluer le stade de la maladie. Elle prend en compte l'angle total de rétraction des doigts atteints :
|
Stade |
Ce que cela signifie |
|
0 |
Aucune lésion |
|
N |
Nodule présent, sans rétraction du doigt |
|
1 |
Rétraction légère (jusqu'à 45°) |
|
2 |
Rétraction modérée (de 45° à 90°) |
|
3 |
Rétraction importante (de 90° à 135°) |
|
4 |
Rétraction sévère (au-delà de 135°) |
Ce stade guide directement le choix du traitement. Plus la rétraction est avancée, plus une intervention est nécessaire.
Le traitement de la maladie de Dupuytren dépend du stade, de la localisation, de l'existence d'une récidive et de votre état de santé général.
Les médecins recommandent d'agir dès que la gêne fonctionnelle devient réelle :
quand vous ne pouvez plus poser la main à plat sur une table,
dès que la rétraction touche l'articulation la plus proche de la paume,
ou dès que vos activités quotidiennes, professionnelles ou de loisirs sont affectées.
En dehors de ces signes, une surveillance régulière suffit dans un premier temps.
C'est la technique la plus souvent proposée en France pour les formes modérées (stades 1 et 2 de Tubiana). Elle est réalisée en cabinet médical, sous anesthésie locale, en ambulatoire, en une ou plusieurs séances.
Le médecin sectionne la bride avec le biseau d'une aiguille fine pour redonner l'extension complète du doigt.
Avantages :
Vous pouvez réutiliser votre main le jour même.
Technique légère, sans hospitalisation.
Limites :
Elle corrige les conséquences de la maladie sans retirer le tissu fibreux.
Le risque de récidive à long terme est plus élevé qu'avec la chirurgie.
Il s'agit d'une intervention chirurgicale plus complète, réalisée au bloc opératoire sous anesthésie loco-régionale ou générale. Le chirurgien retire le plus possible de tissu pathologique.
Elle est préconisée pour :
les formes évoluées (stades 2 à 4),
les contractures importantes touchant l'articulation du doigt proche de la paume,
les récidives ou les blocages articulaires.
Résultats : Cette technique offre les meilleurs résultats durables à moyen terme. La récupération fonctionnelle de la main peut prendre plusieurs semaines et une rééducation est recommandée après l'opération.
Complications possibles : Elles sont en général bénignes — cicatrisation difficile, sensations modifiées, raideur temporaire. Des complications plus rares sont possibles : atteinte nerveuse, infection, algodystrophie. Pour en savoir plus, consultez notre article sur les risques et complications d'une chirurgie.
À retenir : Quelle que soit la technique utilisée, la récupération complète de l'extension n'est pas toujours totale, notamment si les articulations se sont enraidies depuis longtemps. Une greffe de peau est parfois nécessaire si la peau est envahie par la fibrose ou en cas de récidive importante.
|
Traitement |
Indications |
Type d'anesthésie |
Retour à la main |
Risque de récidive |
|
Aponévrotomie à l'aiguille |
Stades 1–2, 1ère intervention |
Locale |
Le jour même |
Plus élevé à long terme |
|
Fasciectomie chirurgicale |
Stades 2–4, récidive, blocage articulaire |
Loco-régionale ou générale |
Plusieurs semaines |
Plus faible à moyen terme |
|
Radiothérapie à faible dose |
Nodule actif, stade précoce évolutif |
Sans objet |
Sans objet |
À évaluer au cas par cas |
Après l'opération, le port d'une orthèse d'extension durant la nuit est généralement indispensable pendant 3 à 6 mois. Des séances de kinésithérapie vous aideront à retrouver toute l'amplitude de vos mouvements, avec parfois le recours à des ultrasons ou des ionisations.
Pour les formes très précoces (nodule actif sans rétraction, ou rétraction légère en phase évolutive), une radiothérapie à faible dose peut être envisagée dans certains centres spécialisés. Elle vise à freiner la progression de la maladie avant l'apparition d'une véritable contracture.
Les effets secondaires sont en général légers et passagers : rougeur et sécheresse cutanée transitoires. Cette option, peu connue des patients, mérite d'être discutée avec votre spécialiste si vous êtes à un stade précoce.
L'injection de collagénase, qui fragilisait le tissu fibreux avant une traction sur le doigt, n'est plus disponible en France depuis 2020. Ce médicament (commercialisé sous le nom Xiapex) a été retiré du marché européen par son fabricant, sans lien avec des problèmes de sécurité ou d'efficacité. Il ne peut donc plus être proposé en dehors de situations très particulières.
Certains traitements médicamenteux peuvent parfois être proposés en complément : la colchicine, le vérapamil, ou des injections locales de corticoïdes. Leurs effets restent limités et ils ne constituent pas un traitement de fond.
Des traitements physiques ont également été proposés : ultrasons, ionisations, rééducation, acupuncture, mésothérapie, ostéopathie ou magnétothérapie. Leur efficacité sur la progression de la maladie n'est pas établie de façon solide.
|
Situation |
Traitement généralement préconisé |
|
Nodule actif, sans rétraction |
Surveillance ± radiothérapie à faible dose |
|
Rétraction légère à modérée, 1ère intervention |
Aponévrotomie percutanée à l'aiguille |
|
Rétraction importante, blocage articulaire, récidive |
Fasciectomie chirurgicale |
Le choix final tient compte de votre situation globale : âge, activités, état des articulations, antécédents de traitement. C'est précisément dans ces situations complexes qu'un deuxième avis peut apporter un éclairage décisif.
La maladie de Dupuytren touche la main mais peut affecter d'autres structures : découvrez les maladies de la main et les pathologies associées comme l'arthrose des doigts ou les troubles du nerf ulnaire, qui peuvent coexister avec la maladie de Dupuytren.
Vous vous interrogez sur la chirurgie orthopédique en général ? Notre guide sur ce que soigne un orthopédiste et sur le déroulement d'une consultation d'orthopédie vous apportera des réponses.
La rééducation fait partie intégrante de la récupération après une intervention : consultez notre guide sur la rééducation et les problèmes orthopédiques ainsi que notre article sur la chirurgie ambulatoire.
Si une chirurgie vous est proposée, le chirurgien orthopédiste est votre interlocuteur principal : découvrez son rôle et, si des séquelles post-opératoires surviennent, les séquelles de plaies sur la main et les séquelles de traumatismes des tendons de la main peuvent nécessiter une prise en charge spécialisée.

Chirurgien orthopédiste
Institut de la Main - Santé Atlantique

Chirurgien orthopédiste
CHU Strasbourg - Hôpital de Hautepierre

Chirurgien orthopédiste
Clinique Saint Jean de Dieu


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Orthopédie : les complications post-opératoires de la chirurgiePar Fanny Bernardon le 07/10/2019

