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Déformations des petits orteils (griffes)

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Mise à jour le 22 juillet 2019- Revue par Docteur Olivier Laffenetre

  • Définition déformations des petits orteils (griffes)

    Chaque orteil est composé de 3 os (les phalanges) et 3 articulations (à l’exception du gros orteil qui n’en a que deux), et de 2 systèmes tendineux fléchisseurs et extenseurs.

    Un ou plusieurs orteils peuvent se recourber à leur extrémité et en quelque sorte se retrouver comme « rétractés ». Ils perdent ainsi progressivement leur flexibilité naturelle, et par conflit avec la chaussure, sont responsables de l’apparition de cors très douloureux. On appelle improprement ces déformations des orteils latéraux orteils « en griffe » ou « en marteau » .

    Ces déformations touchent l’une ou plusieurs des structures anatomiques :

    • Dans le plan horizontal, on parle de clinodactylie : l’orteil est dévié en dedans ou en dehors souvent du fait d’un défaut de croissance congénital d’une phalange.
    • Dans le plan vertical, il s’agit de camptodactylie : l’orteil se recourbe un peu à la manière d’une griffe.
    • Ces déformations peuvent se combiner.
    Tous les orteils peuvent être touchés, mais il s’agit communément du deuxième quand la déformation résulte de la présence d’un hallux valgus dont elle constitue un tournant évolutif. En l’absence de traitement, l’orteil se déforme de plus en plus, et quand il ne peut pas retrouver sa position normale, on parle de déformation fixée, sinon il s’agit encore d’une « griffe » souple ou semi-rigide.

    On parle « crosse latérale » ou « hallux interphalangien » pour le gros orteil mais il s’agit d’une pathologie spécifique à ratacher à l’halliux valgus.

  • Intérêt d'un deuxième avis

    Pourquoi demander un deuxième avis ?

    Un second avis est tout à fait pertinent dans le cadre d’une déformation des petits orteils de type orteil en griffe ou en marteau. La maladie peut être incapacitante au quotidien si elle empêche le chaussage ou la marche. Le traitement médical est parfois insuffisant et la chirurgie demeure la seule option. Celle-ci est de toutes les manières justifiée dès que les douleurs ne sont plus supportables, ou qu’une plaie cutanée est à risque d’engendrer une infection. De plus, une infection de la peau sur la zone augmente le risque de complications infectieuses post-opératoires. Enfin, la chirurgie peut être moins efficace si l’orteil est déjà raide (griffe fixée) : il est donc important de bénéficier d’une prise en charge précoce. De multiples gestes peuvent être pratiqués et dépendent du cas particulier de chaque patient. Le chirurgien doit parfois s’adapter au cours de l’intervention. Le risque de développer des complications post-opératoires ou d’avoir une correction insuffisante et de devoir subir une seconde opération n’est pas exclu, comme pour tous les actes chirurgicaux. Dans ce contexte, un second avis est tout à fait indiqué car il permet d’apporter un éclairage supplémentaire sur le traitement le plus adapté au contexte médical du patient.

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    Quelles sont les questions les plus fréquemment posées?

    • Quelle est la cause de la déformation de mon orteil ?
    • S’agit-il d’une griffe fixée ou souple ?
    • Dois-je porter des semelles orthopédiques ? Une orthoplastie ?
    • Comment surveiller l’apparition d’une infection ?
    • On me propose une rééducation avec un kinésithérapeute. En quoi consiste-t-elle ?
    • On me propose une chirurgie. Quelles techniques vont être pratiquées ? Quand pourrais-je marcher à nouveau ? Y aura-t-il des douleurs post-opératoires ? Quels sont les risques associés à l’intervention ? Une récidive est-elle possible ? Devrais-je faire de la rééducation ? Quels sont les risques associés à l’opération ? Une récidive est-elle possible ? Peut-on opérer les 2 pieds en même temps ?
    Mais aussi toutes les autres questions spécifiques que vous vous posez.
  • symptômes déformations des petits orteils (griffes)

    Les symptômes sont :

    • Une déformation plus ou moins complexe visible à l’oeil nu
    • Une incapacité à étendre l’orteil correctement
    • Des douleurs au chaussage fermé du fait de la présence de cors (épaississement de la peau) soit au contact du sol (pulpe de l’orteil), ou au sommet des articulations entre les les phalanges.
    • Une induration entre deux orteils qui macère et devient un cor humide appelé oeil de perdrix
    • Une ulcération de ces cors, secs ou humides, pouvant mener à une infection de l’os (ostéite), de l’articulation (arthrite) ou des tissus tendineux et graisseux (phlegmon)
    • Une anomalie de l’ongle qui touche anormalement le sol dans les cas d’une rétraction majeure, ou qui vient blesser un orteil voisin. Parfois il s’incarne véritablement.
    • Un excès d’appui sous les têtes métatarsiennes (« métatarsalgies ») du fait du mauvais fonctionnement et l’enraidissement d’un ou plusieurs orteils, qui sont responsables à terme d’une dislocation articulaire de l’orteil (« luxation »). Ces deux pathologies s’auto-aggravent mutuellement.
    Les causes sont multiples :

    • L’hérédité : la déformation est présente dès la naissance et se situe la plupart du temps dans le plan horizontal.
    • Le rôle de la chaussure : trop étroite et pointue elle comprime les orteils ; parfois même des chaussures de sport peuvent être contraignantes. Le port d’un talon aggrave les pressions et les conflits.
    • La forme de l’avant-pied : un pied « grec », c’est-à-dire pourvu d’un second orteil plus long que tous les autres, contraint ce dernier à heurter le bout de la chaussure.
    • L’association commune à une déformation en hallux valgus, qui désorganise à terme totalement l’avant pied, modifie les rapports entre les autres orteils, les pressions sur les têtes métatarsiennes. La déformation d’un ou plusieurs orteils latéraux constitue un stade évolutif de gravité.
    • Les séquelles d’un traumatisme de l’orteil.
    • Certaines maladies inflammatoires (polyarthrite rhumatoide pour la plus fréquente), ou neurologiques (séquelles d’accidents vasculaires cérébraux)

  • Diagnostic déformations des petits orteils (griffes)

    Le diagnostic requiert :

    Avant tout un examen clinique qui reste indispensable. Le médecin détermine le type de déformation et surtout la souplesse des orteils et leur capacité à retrouver leur position normale. Il s’agit aussi de replacer cette pathologie dans un tableau mécanique plus complexe comme un hallux valgus, dont elle consitute une complication, ou une pathologie inflammatoire.

     Des examens complémentaires :

    • Une radiographie du pied de face et de profil, en charge (le patient est debout et les pied supportent le poids du corps). Elle permet de visualiser la déformation au niveau de os et des articulations.
    • Une échographie pourra éventuellement permettre d’apprécier les structures tendineuses, les membranes articulaires, plutôt en cas de métatarsalgie associée.
    Une déformation des orteils latéraux de ce type peut toucher tout le monde. Cependant, étant très fortement liée à la présence d’un hallux valgus, on remarque qu’elle atteint davantage la même population, très majoritairement des femmes autour de la cinquantaine.

  • Traitement déformations des petits orteils (griffes)

    La prise en charge repose sur :

    Un traitement médical visant à réduire les conflits, via :

    • Le port de chaussures adaptées, larges et souples, sans talon.
    • Le port de semelles orthopédiques afin de réduire la pression sur les zones douloureuses et de favoriser, en cas de lésion souple et réductible, la remise en position normale des orteils.
    • Le port d’orthoplasties visant à maintenir les orteils dans une position correcte ou simplement les protéger en cas de lésion irréductible. Il s’agit de sortes de tuteurs pour orteils en silicone, amovibles, confectionnés sur mesure par le podologue.
    • Des soins de pédicurie pour traiter les cors.
    • Une rééducation avec un kinésithérapeute visant à étirer les orteils et à conserver leur souplesse.
    Un traitement chirurgical. Il est proposé lorsque le traitement médical ne fonctionne pas ou lorsque les déformations sont trop importantes. Plusieurs gestes visant à réaligner l’orteil atteint peuvent être effectués :
    • Ostéotomie : raccourcissement ou changement d’axe de l’os
    • Arthrolyse : libération d’une articulation bloquée
    • Arthrodèse : blocage d’une articulation dans la bonne position avec ou sans matériel restant dans l’orteil.
    • Résection arthroplastie : suppression d’un  versant d’une articulation sans la bloquer.
    • Arthroplastie totale par mise en place d’une prothèse articulaire
    • Ténotomie : section d’un tendon
    • Allongement d’un tendon rétracté
    • Transfert tendineux permettant de modifier le trajet d’un tendon
    Il s’agit d’une chirurgie particulièrement complexe qui doit être mûrement réfléchie tant les types de déformations sont nombreux, et qui doit tenir compte des pathologies associées. L’amputation de l’orteil est la plus mauvaise solution qui soit. La chirurgie peut être effectuée à ciel ouvert via des incisions de quelques centimètres, ou par chirurgie percutanée via des incisions millimètriques, qui est aujourd’hui la technique donnant les meilleurs résultats, et qui est réalisée « à la carte » étape par étape en fonction de la correction que le chirurgien réussi à obtenir au fil de l’opération. L’intervention est réalisée en ambulatoire et sous anesthésie loco régionale.

    La prise en charge dépend :
    • de l’âge du patient
    • de son état de santé général et de ses antécédents, en particulier traumatiques
    • de la cause de la lésion
    • de la gravité de la déformation
    • de l’intensité des symptômes
    • du nombre d’orteils touchés
    • du caractère fixé ou souple des griffes
    • du plan de déviation : horizontal ou vertical
    • des structures impliquées : os, tendons, articulations
    • de la présence d’une pathologie associée hallux valgus, métatarsalgie, maladie inflammatoire…

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